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nature [Planète Vivante en Anthropocène]

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nature

Définition

Au sens commun, c’est l’ensemble des milieux (atmosphère, hydrosphère, lithosphère) incluant ou non des organismes vivants.

n. f. (lat. natura, le fait de la naissance).

Voir : atmosphèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigatmosphère

Enveloppe gazeuse qui entoure la Terre, mais également plusieurs corps célestes.
, hydrosphèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighydrosphère

Ensemble de toutes les parties de la planète occupées par l’eau sous ses trois états (liquide, solide ou gazeux).
, lithosphèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biglithosphère

Couche la plus externe du globe terrestre, dont l’épaisseur varie entre 70 km (sous les océans) et 150 (sous les continents).
, organisme vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigorganisme vivant [alias]

Voir : être vivant.
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Informations complémentaires

Progressivement, et de façon de plus en plus violente, l’industrie a bouleversé les écosystèmes naturels et l’homme a artificialisé la nature. Ces bouleversements sont clairement responsables des changements climatiques, de la chute de la biodiversité et de la pollution ; ils ont alerté l’homme sur les dangers qu’il faisait courir à lui-même en dégradant la nature.

Homo sapiens et le reste du vivant

Les peintures rupestres de la grotte Chauvet (- 36 000 ans), et de nombreuses autres du Paléolithique, posent une question à laquelle on ne peut apporter aucune réponse pouvant être validée : pourquoi ni l’homme, ni la végétation, ne sont significativement représenté dans ces immenses fresques ? La seule chose que l’on puisse dire de ceci, c’est que les Hommes de cette époque ne voyaient pas la nature comme nous !

Par contre, ce que l’on peut dire de nous-même, aujourd’hui, c’est que la pandémie du Covid-19, par les malheurs qu’elle a générés, a aidé à une prise de conscience de nos liens d’interdépendance avec le reste du vivant et à comprendre que la survie de l’humanité dépend de la bonne santé des écosystèmes et de notre aptitude à entrer symbiose avec eux. Ce que, par contre, les Hommes du Paléolithique savaient déjà !

Voir : Covid-19plugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigCovid-19

Maladie émergente ayant pris naissance en Chine en 2019, provoquée par un corona virus, et responsable d’une pandémie.
, Paléolithiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigPaléolithique 

Période de la Préhistoire s’étendant de l’apparition de l’homme, avec l’Homo habilis (vers - 3 millions d’années), jusqu’au Mésolithique (vers - 12 000 ans en Europe).
, pandémieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, symbioseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigsymbiose

Relation impliquant une interdépendance entre des organismes appartenant à des espèces différentes.
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« Cécité écologique » et « déficit de nature » : la déconnexion de la nature

La déconnexion de la nature

L’artificialisation grandissante des milieux a pour conséquence d’isoler toujours plus l’humain des autres vivants au sein de la biosphère. Cet isolement engendre une déconnexion des êtres humains du restant de la nature, en particulier chez les plus jeunes qui ont, de moins en moins, l’expérience du monde naturel. Selon l’ONU, en 2050, deux personnes sur trois habiteront en vill. I y a un déficit de nature.

Voir : biosphèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbiosphère

Ensemble de tous les organismes vivants et des milieux où ils vivent.
, ONUplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Amnésie, cécité, surdité écologique ?

La virtualisation du monde aggrave sérieusement cet éloignement de la nature. Le temps passé devant les écrans, n’est pas un temps qui est passé dans la nature, à observer le vivant. Autrement dit, notre connaissance des espaces naturels s’étiole, il y a amnésie écologique, ou cécité écologique ; et même si elle est moins évoquée, l’expression de « surdité écologique » a tout son sens, puisque, à part quelques passionnés, peu de gens peuvent reconnaître les chants d’oiseaux, pour ne parler que de ces derniers ! 

Voir : amnésie écologiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, artificialisation des milieuxplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigartificialisation des milieux

Phénomène par lequel des espaces naturels ou cultivés, sont remplacés par des zones aménagées (habitat, industries, commerces, équipements sportifs ou de loisirs, routes et parkings).
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Effet cocktail et temporalité de la nature

Il semblerait bien que nous soyons incapables d’entendre les plaintes de la nature, de voir ses blessures. Augmentation des gaz à effet de serre, acidification des océans, multiplication des nanoparticules, érosion de la biodiversité, sont des événements qui, d’après nos sens, se déroulent lentement. Pourtant, l’effet cocktail de tous ces changements que nous jugeons comme imperceptibles pourrait bien nous conduire à un basculement écologique qui nous ouvrirait les yeux, nous déboucherait les oreilles, mais… trop tard. Trop tard pour nous, moins pour les bactéries qui trouvent toujours une solution  face à un environnement qui change !

Voir : acidification des océansplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigacidification des océans

Diminution progressive du pH des eaux superficielles des océans.
, augmentation des gaz à effet de serre, bactérieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbactérie

Microorganisme unicellulaire (de 1 à quelques micromètres) ne possédant pas de noyau véritable (procaryote), ni d’autres organites.
, effet cocktailplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, érosion de la biodiversitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigérosion de la biodiversité

Diminution de taille des populations animales et végétales jusqu’à la disparition d’espèces.
, nanoparticuleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, point de basculementplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

L’éco-anxiété

Du point de vue de certains auteurs, la déconnexion de la nature engendre des « troubles de déficit de nature ». 

Si on ajoute à ces troubles, les angoisses générées par la crainte d’un avenir où les risques systémiques grandissent en raison des impacts anthropiques sur la Planète, on comprend que l’éco-anxiété soit le terrain de maladies comme : des troubles du comportement, l’obésité, des maladies cardiovasculaires, etc.

Les différents courants de « retour à la nature » sont empreints d’une recherche de sagesse et de calme apaisant.

Voir : éco-anxiétéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigéco-anxiété [alias]

Voir : écoanxiété.
, impact anthropiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, obésitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, risque systémiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Le courant antispéciste

L’antispécisme est un courant de pensée pouvant se placer sur les plans, philosophique, moral, ou encore spirituel. Sommairement, l’antispécisme considère que l’homme n’a pas à décider de la manière dont on doit traiter une autre espèce animale, ni de la considération morale qu’on doit lui accorder.

L’opposition tient dans l’idée que l’Homme ayant décidé de se placer au dessus de toutes les autres, il a établi arbitrairement une hiérarchie entre les espèces, selon qu’il s’agisse d’animaux de compagnie, d’élevage, ou sauvages. Les antispécistes considèrent donc que cette pensée se calque sur le modèle du racisme et du sexisme, et que les implications sur la façon de voir nos rapports avec la nature sont nombreuses.

Il faut remarquer que de nombreux peuples considèrent qu’il existe un continuum entre humains et non humains et qu’ils ne conçoivent pas que les êtres humains aient à gérer les écosystèmes.

Voir : antispécismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, espèceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigespèce

Ensemble d’individus se ressemblant plus entre eux qu’à aucun autre, capables de produire une descendance fertile par reproduction sexuée.
, personne non humaineplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Réflexion développement durable

Un prix pour la nature ?

Valeur intrinsèque de la nature

Un courant de pensée veut que la nature possède une valeur intrinsèque, indépendante de son utilité pour les humains. Elle n’a pas de valeur marchande ; elle n’appartient qu’à elle-même, et il faut la protéger pour elle-même.

Néanmoins, la valeur intrinsèque de la nature n’est pas facile à définir. Les peuples premiers, les chasseurs-cueilleurs, avaient le sentiment (la conscience ?) qu’ils avaient reçu de Dieu la charge de s’en occuper. Ils la préservaient pour elle-même. Ce sentiment s’est peu à peu dilué avec le temps, se retrouvant transformé par les approches scientifiques des naturalistes, ceux-ci écartant progressivement Dieu de leur réflexion, convaincus toutefois de préserver la nature pour elle-même, au travers, par exemple des parcs naturels.

Ce rappel du passé, d’une nature divinisée (panthéisme), peut laisser penser que la recherche à laquelle on assiste, d’une communion avec la nature, fait que celle-ci redevient une entité spirituelle, sacrée, dans un contexte où la science s’était imposée.

Voir : chasseur-cueilleurplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, parc naturelplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Les dégradations de la nature

Fixer un prix à la nature est une idée qui s’est imposée, tant les hommes y portent atteinte.

La valeur chiffrée des dégradations de la nature, et non plus seulement la valeur affective de celle-ci, est prise en compte lors des demandes d’indemnisation des régions ou des associations travaillant en faveur de l’environnement et qu’il y a procès contre les grands groupes industriels (marées noires, par exemple) pour engager leur responsabilité environnementale.

Voir : marée noireplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, responsabilité environnementaleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Le dédommagement des États qui protègent leurs forêts

C’est le cas des États qui cherchent à enrayer une déforestation dont les agriculteurs en sont la cause. Il faut alors fixer une valeur à la forêt protégée. Les organismes internationaux se penchent sur cette question. Les réflexions s’orientent vers le dédommagement des États qui protègeraient leurs forêts (Amazonie, par exemple) et qui, pour cela, auraient un manque à gagner, soit agricole, soit industriel. La compensation viendrait d’un mécanisme financier international visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète, ce mécanisme étant fait de l’octroi, puis de la commercialisation de crédits-carbone.

Voir : crédit-carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, déforestationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggaz à effet de serre

Constituant gazeux de l’atmosphère absorbant le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre et le renvoyant vers elle (en grande partie), contribuant ainsi au réchauffement planétaire.
, pollutionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, solplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigsol

Partie superficielle émergée de l’écorce terrestre, plus ou moins meuble, de structure et de qualité variable, cultivée ou non.
, surpêcheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Des droits pour la nature ?

Des questions plus philosophiques se posent :

  • doit-on accorder un droit à la nature ?
  • la nature doit-elle être considérée comme une personne juridiquement protégée, c’est-à-dire avec le statut d’une personne vivante ?

De telles interrogations sont loin d’une vue anthropocentrée de la nature, qui est celle d’une nature-ressource, ou encore d’une nature-objet.

On se reportera à l’entrée « droit pour la nature ».

Voir : anthropocentrismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganthropocentrisme

Conception philosophique qui considère l’Homme comme le centre de référence du monde, voire de l’Univers.
, droit pour la natureplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, écosystèmeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigécosystème

Ensemble fonctionnel (système) formé d’une biocénose (communauté d’êtres vivants) et du biotope (milieu : eau, sol, et atmosphère).
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Réflexion pédagogique

Sur le plan pédagogique, il faut avant tout être clair sur la définition que l’on donne au vivant. En effet, quelques auteurs actuels semblent tentés de remplacer le mot nature par celui de vivant, comme s’il y avait identité. Cette confusion est problématique pour la compréhension des liens entre biotope et biocénose (cycle biogéochimique, par exemple), et de la dynamique des écosystèmes.

Sur le plan pédagogique, un autre sujet est important, c’est l’appartenance biologique de l’homme au monde animal. C’est le thème de l’animalité de l’homme.

Voir : animalité de l’hommeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganimalité de l’homme

Ensemble des caractères propres aux animaux qui font que l’homme appartient à ces derniers.
, biocénoseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, biotopeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, cycle biogéochimiquesplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcycle biogéochimique

Ensemble des échanges d’un élément chimique particulier (carbone, azote), ou d’une molécule (l’eau, par exemple), entre l’atmosphère, l’hydrosphère et la lithosphère, en interaction avec les êtres vivants.
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L'homme, le monde animal, la science et la morale

L’apport de la science

Par rapport aux courants antispéciste et végan, la science doit intervenir pour que l’analyse du vivant ne se fasse pas avec une vision morale, comme c’est le cas pour le racisme (on ne doit plus parler de races dans l’espèce humaine) ou le sexisme (sujet qui est aujourd’hui imprégné par celui du genre). Succomber à une telle pression idéologique conduirait à n’avoir que le choix entre deux opinions : «l’homme n’est qu’un animal comme les autres» et «l’homme est un animal pas comme les autres».

Pédagogiquement, il est important de revenir aux certitudes scientifiques. Par exemple, il y a des herbivores, des carnivores, des omnivores, etc. Par contre, si on introduit la morale, que faut-il penser des carnivores ; doit-on les condamner pour leur violence (en particulier, si ce sont des « personnes non humaines » !) ? Mais rien ne nous empêche d’introduire l’idée qu’une vue scientifique rigoureuse n’implique pas que l’on fasse souffrir les autres espèces, d’autant que cela va contre notre simple intérêt !

Voir : carnivoreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, espèceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigespèce

Ensemble d’individus se ressemblant plus entre eux qu’à aucun autre, capables de produire une descendance fertile par reproduction sexuée.
, herbivoreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, omnivoreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, raceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, sexeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Conservation de la nature

Face à la perte inexorable de la biodiversité, et à la dégradation des eaux et des sols, il est souvent question de « protection de la nature », d’aires protégées. Une question importante se pose alors : peut-on imaginer conserver la nature telle qu’elle est aujourd’hui ? Poser cette question c’est, d’une certaine façon, avoir répondu à l’idée que la nature est indestructible, idée qui nous a conduit à nous interroger avec anxiété sur l’avenir.

Voir : aire protégéeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Remarque linguistique et/ou historique

Quelle que soit l’époque de l’Histoire, la nature a été très inspirante pour les penseurs, et bien sûr, seules quelques pistes sont ouvertes ci-dessous !

Voir : Histoireplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

L'homme dans la nature

Naturalisme

En philosophie, le naturalisme est la conception d’après laquelle tout ce qui existe (objets et événements) peut être expliqué par des causes ou des principes naturels.

Naturaliste

Un naturaliste est un scientifique qui pratique les sciences naturelles (botanique, zoologie, minéralogie, en particulier). 

Animisme, rationalisme

Les peuples premiers (dits aussi peuples autochtones) qui vivent sur des modes de vie ancestraux, attribuent une âme aux êtres non humains, plantes comme animaux. Ils sont dits animistes. Ils estiment que les hommes, dans certaines conditions, peuvent se trouver en contact avec les âmes de ces êtres vivants.

L’homme dans la nature : de l'antiquité à la pensée judéo-chrétienne

Que l’homme fasse partie de la nature n’a pas toujours été évident. Pourtant les choses avaient bien commencé, l’homme préhistorique faisait corps avec la nature et sans doute ne pensait-il qu’à une chose, bien la respecter pour rester en vie ! Avec les Grecs, plusieurs siècles avant notre ère, il y avait le cosmos, soumis à des lois parfaites, et la Terre régit par des lois différentes que l’homme devait respecter au même titre que tout le monde terrestre. Vient ensuite la pensée judéo-chrétienne. L’animisme païen est abandonné, tout comme le cosmos immuable des Grecs. Un Dieu transcendant ayant créé le cosmos prend place. L’homme, lui-même issu de la volonté divine, est investi du devoir d’administrer la nature.

Au 15e et 16e siècles, les explorateurs découvrent ces peuples et les rangent dans la catégorie des « sauvages ».

René Descartes et Jean de La Fontaine !

Au 17e siècle, le philosophe René Descartes (1596 – 1650) considère les non humains comme dépourvus des capacités de l’ordre de l’esprit. À la même époque, cette idée n’est pas partagée par tous les esprits « éclairés ». Jean de La Fontaine (1621 – 1695), poète ami des bêtes, qui ne cessa de prêter aux animaux des sentiments humains, n’oublia pas de se moquer du philosophe. Dans une de ses fables, « Le Discours à Madame de La Sablière » (celle-ci était sa protectrice), il dit :

« … La bête ne réfléchirait / Sur l’objet ni sur la pensée. / Descartes va plus loin, et soutient nettement / Qu‘elles ne pensent nullement. /… ».

Puis, quelques vers plus loin, pour montrer que les animaux réfléchissent, il prend l’exemple des stratagèmes qu’un vieux cerf développe pour échapper aux chasseurs.

Plus tard, les « rationalistes », rejoignent Descartes. Pour eux, la pensée, l’esprit, restent le propre des humains et les humains ne partagent avec les autres êtres vivants que les lois biologiques. Des certitudes qui donnent à l’Homme tous les droits sur la nature non humaine !

Voir : être vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigêtre vivant

Entité formée d’une ou plusieurs cellules, qui dès son début d’existence possède un métabolisme qui lui permet d’être actif ; sa mort le rend inactif (inerte).
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Blaise Pascal : la finitude de l’homme

Blaise Pascal (1623-1662) fut à la fois mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français. Ses premiers travaux concernèrent les sciences naturelles, mais sa réputation se construisit autour des mathématiques, la seconde partie de sa vie étant consacrée à la philosophie, et la vie religieuse. 

La rigueur scientifique de Pascal le conduisit à exprimer des concepts scientifiques modernes sur l’infiniment petit et l’infiniment grand et, pour ce qui nous intéresse dans notre approche philosophique de la nature, voici ce qu’il disait à propos de la nature et de l’homme, dans le texte des « deux infinis » qui se trouve dans ses « Pensées », œuvre publiée à titre posthume : « Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l’infini où il est englouti. » En résumé, pour Pascal, il y a une disproportion physique et intellectuelle entre l’être humain et la nature et il nous suggère d’y méditer en étant bien persuadé que nous sommes « Un néant à l’égard de l’infini… »

La pression des scientifiques

Au Moyen-âge (du 5e au 15e siècle), les catastrophes naturelles (épidémies de peste, tremblement de terre, éruptions volcaniques, refroidissement climatique, etc.) sont associées à l’implacable volonté divine de punir l’homme pour ses péchés.

À partir du 15e siècle, les scientifiques changent le cadre de la pensée. La Terre se met à tourner autour du soleil ! Copernic (1473-1543), Galilée (1564-1642), Newton (1642-1727), tous s’attèlent à élaborer les lois qui régissent le monde physique. Et, comme nous l’avons vu plus haut, Descartes (1596-1650) élabore le concept de «l’animal-machine», tout en affirmant l’existence de Dieu.

Sous les coups de boutoir de la science, la nature n’est plus ce qu’elle fut. L‘Homo sapiens, « l’homme qui sait », va l’asservir et exploiter ses ressources. La période industrielle est bientôt là. C’est ce qu’exprime Descartes, à la fin du Discours de la méthode, en formulant l’espoir que l’Homme se rende “… comme maître et possesseur de la nature ”. Descartes exprime son rêve de voir enfin arriver le règne de l’Homme. 

Au 18e siècle (en 1749), dans le livre VIII des Confessions, une autobiographie de Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778), on trouve son « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes » et, en particulier, la phrase suivante que l’on peut méditer… trois siècles après !

« Insensés, qui vous plaignez sans cesse de la nature, apprenez que tous vos maux vous viennent de vous ! 

En 1762, dans un traité d’éducation « Émile ou De l’éducation », Jean-Jacques Rousseau nous alerte encore :

« Tout dégénère entre les mains de l’homme. Il force une terre à nourrir les productions d’une autre, un arbre à porter les fruits d’un autre ; il mêle et confond les climats, les éléments, les saisons. »

J-J. Rousseau nous incite à la contemplation de la nature et nous alerte des dangers d’un progrès sans limite, nous invitant sans doute au… développement durable !

Toujours au 18e siècle, Denis Diderot (philosophe français) qui lutte contre le fanatisme et les préjugés, aborde la question des vertus religieuses de chasteté et de continence. Dans Le rêve de D’Alembert, il fait dire à un personnage (le Docteur Bordeu) « Tout ce qui est ne peut être ni contre nature ni hors de nature », chasteté et continence étant les « premiers crimes contre nature ». Voilà qui est clair, on ne peut échapper aux lois de la nature !

La biologie s'invite dans le débat

Buffon (1707-1788) après avoir cru à la fixité des espèces, comparant les animaux des deux continents autrefois réunis, se demanda s’ils ne descendaient pas d’ancêtres communs. Toutefois, il se refusa à admettre la parenté de l’homme et des animaux. Est-ce que c’est parce qu’il était critiqué par les théologiens que cela le rendait prudent ? Buffon finit par pressentir l’évolutionnisme, mais après Lamarck (1744-1829), et avant Darwin (1809-1882). C’est en 1859 que Darwin bouleverse toutes les conceptions sur la nature en publiant «L’origine des espèces». Sa théorie est qu’au travers de la sélection naturelle tous les êtres vivants, l’homme compris, ont évolué à partir d’ancêtres communs. Ainsi, longtemps après les Grecs, l’homme faisait de nouveau partie de la nature… et Darwin se faisait de nombreux ennemis religieux !

Malgré tout, l’idée d’un dualisme, entre l’homme et le restant du vivant, resta puissante, et même dominante. Pour que l’idée de ce dualisme cède, il fallut attendre la découverte de la structure de l’ADN (1953) et les études de biologie moléculaires qui montrèrent l’universalité du code génétique.

Aujourd’hui, les choses ont encore évolué. Dans le monde moderne, penser que la plupart des non-humains ont une âme ou une intériorité ne nous envoie plus au bûcher !

Voir : ADNplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigADN

Macromolécule support de l’information génétique et de l’hérédité.
, code génétiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, nappe phréatiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bignappe phréatique

Nappe d’eau souterraine (nappe aquifère) accessible par les puits ordinaires.
, pesticideplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpesticide

Produit utilisé pour lutter contre les organismes (animaux, végétaux, et champignons) nuisibles affectant des végétaux cultivés ou des animaux d’élevage.
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