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animalité de l’homme
Définition
Biologie
Ensemble des caractères propres aux animaux qui font que l’homme appartient à ces derniers.
e. f.
Voir : caractèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcaractère
Toute propriété (morphologique, biochimique, physiologique, etc.) d’une cellule ou d’un organisme, mais aussi propriété psychologique dans le cas d’un être humain..
Informations complémentaires
À la question sur la distinction existant entre l’humain et les autres animaux, les biologistes répondent sans ambiguïté ; l’homme est un animal.
Bref historique scientifique
Aujourd’hui, il est établi scientifiquement établi que l’espèce humaine a tous les caractères des animaux, aux différents niveaux d’organisation du vivant (moléculaire, tissulaire, etc.).
Voir : moléculeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmolécule
Association d’un nombre fini d’atomes liés entre eux par des liaisons en général covalentes et parfois ioniques., tissuplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigtissu
Association de cellules différenciées ayant sensiblement la même forme, la même taille et remplissant la même fonction., vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvivant [alias]
Voir : monde vivant..
18e siècle
Au 18e siècle, dans l’édition de Systema Naturae (1758), Linné classe, dans l’ordre des primates, le genre Homo (l’homme), ainsi que trois autres genres, Simia (les singes), Lemur (les lémuriens), et Vespertilio (les chauves-souris). Néanmoins, il prend soin de placer l’homme tout en haut de la perfection ! En effet, dans le « Système de la nature », 13e édition française, 1793, Linné dit : «L’homme, doué de sagesse, le plus parfait ouvrage de la Création et son dernier et principal objet, portant en lui des indices étonnants de la Divinité, habite la surface de la terre ;… » (l’orthographe est ici un peu « corrigée », par rapport au vieux français).
La conception scientifique de Linné fut (bien entendu !) aussitôt nettement contestée, et ne s’imposa définitivement que beaucoup plus tard. Scientifiquement, Linné a été un pionner.
19e siècle
En 1859, Darwin, dans son ouvrage « L’origine des espèces », avance la théorie de notre affiliation aux singes et secoue les esprits ! « Nous devons conclure, quelque atteinte que puisse en ressentir notre orgueil, que nos ancêtres primitifs auraient à bon droit, porté le nom de singe.“
En 1877, Ernst Haeckel propose une illustration de l’organisation du vivant sous la forme d’un arbre, et pour lui aussi, l’homme se situe à la cime de l’arbre.
Fig. : Arbre généalogique de l’homme. In : Anthropogénie ou histoire de l’évolution humaine. Leçons familières sur les principes de l’embryologie et de la phylogénie humaines, 2e édition, 1877 (Ernst Haeckel).
Sciences humaines
Sur la question de l’animalité de l’homme, en philosophie et sociologie, on trouve des réponses très contrastées. Dans ces domaines, affirmer que l’homme est un animal n’est qu’une opinion parmi d’autres ; on peut même ajouter que c’est une opinion qui est susceptible de lever de sévères querelles ! La pression religieuse impose de faire de l’homme un être à part, lui attribuant un caractère qui lui est propre, l’âme humaine, différente de l’âme animale.
4e siècle av. J.- C
Aristote (philosophe grec du 4e siècle av. J.- C), dans le livre I de son traité « Parties des animaux », présente sa méthode. Il dit « Je veux parler de la question de savoir s’il faut s’occuper à part de chaque être et le définir isolément, étudier la nature de l’homme, celle du lion, celle du bœuf ou de tout autre animal, en les prenant chacun séparément, ou bien s’il faut d’abord procéder à une étude générale des traits communs à tous ces animaux ». Il situe ainsi l’homme parmi les animaux.
Voir : être vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigêtre vivant
Entité formée d’une ou plusieurs cellules, qui dès son début d’existence possède un métabolisme qui lui permet d’être actif ; sa mort le rend inactif (inerte)..
17e siècle
René Descartes (philosophe français du 17e siècle), l’homme ne se définit que par l’âme, le corps n’étant que la marque de l’animalité.
Notion de race
Chez les philosophes et sociologues, le même type de conflits existe sur la question des races. En France, dire que certaines différences existant entre les humains sont des différences de races, peut conduire devant la justice… ou pire et si la religion s’en mêle, le bûcher n’est pas loin !
Les questions de l’animalité de l’Homme et de l’existence de races humaines ne sont donc pas de nature scientifique mais philosophique, sociologique, religieuse, et spirituelle.
Voir : raceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigrace
Sous-division de l’espèce ou de la sous-espèce, constituée d’un groupe naturel d’individus présentant un ensemble de caractères héréditaires communs..
Notion de personne non humaine
La question de l’animalité de l’homme se situe en miroir de celle de la personnification des êtres vivants non humains (personne non-humaine) qui alimente aujourd’hui un vrai débat, lequel implique qu’on leur attribue des aptitudes identiques à celles de l’homme. Ce sont, par exemple :
- l’intelligence ;
- la sensibilité ;
- la communication ;
- la solidarité ;
- etc.
Voir : personne non-humaineplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpersonne non-humaine
Entité qui n’est pas humaine (la nature au sens large), à laquelle on peut reconnaître des droits..
Les femmes, des « hommes comme les autres » ?
Le titre de cette sous-rubrique reprend, symétriquement, une plaisanterie, « Les hommes sont des femmes comme les autres ». Elle fut formulée par Groucho Marx (1890-1977), comédien américain de théâtre, également journaliste. En fait, cette plaisanterie relève d’une question de société fondamentale. Historiquement, les femmes ont été cantonnées aux rôles sexuels et reproductif (en distinguant les deux !). En effet, pour Platon (5e - 4e siècle av. J.-C), et son disciple Aristote (4e siècle av. J.-C), la femme est un homme manqué, une femme étant le produit de la transmutation, lors d’une deuxième naissance, d’un mâle ayant été couard. Pour Aristote, les femmes ne font que recevoir et nourrir les homoncules déposés dans leur corps par les hommes. Pour Aristote, et beaucoup d’autres, elles sont inaptes à la création artistique, à la conceptualisation, capacités que seul les hommes auraient possédées. Se pose alors la question : les femmes ont-elles le statut d’être humain ?
Ne pas partager avec les hommes toutes leurs capacités n’était donc pas réservé aux animaux ! Cette façon de voir, qui autorisait toutes les discriminations, n’a malheureusement pas disparu aujourd’hui !
Voir : homonculeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighomoncule [alias]
Voir : cellule..
Unité du vivant
À ce sujet, voir les entrées « individu »et « monde vivant ».
Nous avons vu, ci-dessus, que pour constituer des classes, Linné a rassemblé les êtres vivants qui se ressemblent. Les limites n’étant que relatives, et se situant dans les détails, de proche en proche, sa classification esquisse une image complexe de ce qu’est l’unité du vivant.
Aujourd’hui, la très grande proximité génétique de l’homme et des chimpanzés est parfaitement établie ; les séquences d’ADN des humains et des chimpanzés sont identiques à plus de 98 %. Pourtant leurs différences ne sont pas que de l’ordre du détail moléculaire puisqu’on identifie aisément, hommes et chimpanzés. Ainsi, la proximité moléculaire suggère l’unité, les caractères morphologiques et physiologiques, la différence ! Ne voir que l’unité n’est pas plus pertinent que de ne voir que les différences ! Or, les approches philosophiques et/ou spirituelles, tout au long de l’Histoire, ont refusé cette unité.
Terminons par Diderot (philosophe français du 18e siècle), pour qui l’unité du vivant ne faisait pas de doute.
Voir : monde vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmonde vivant
Ensemble des êtres vivants en interaction avec la matière et l’énergie constituant leur environnement., séquençage de l’ADNplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigséquençage de l'ADN
Technique consistant à déterminer l’ordre d’enchaînement des nucléotides de la molécule d’ADN et des gènes sur cette molécule..
Remarque linguistique et/ou historique
Avec ces questions, on perçoit l’inconvénient d’utiliser les mêmes termes dans des disciplines différentes ! Par exemple, prenons un mot qui ne suggère aucune polémique, noyau ! En physique, chimie et biologie ce sont deux structures différentes. En outre, dans chacune de ces disciplines, selon les spécialités, la signification du mot noyau pourra être différente, sans que cela lève des conflits et conduise à des autodafés !
Voir : noyauplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bignoyau
Partie centrale d’un atome, faite de protons chargés positivement et de neutrons non chargés..
