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crédit-carbone [Planète Vivante en Anthropocène]

crédit-carbone

Définition

Unité correspondant à une tonne d’équivalent CO2 (dioxyde de carbone), servant de référence pour déterminer la valeur financière des gaz à effet de serre (GES) qu’une entreprise a évité d’émettre ou permis de séquestrer, au regard du quota d’émission auquel elle a droit.

n. m.

syn. : permis d’émission, droit d’émission.

Voir : dioxyde de carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdioxyde de carbone

Corps composé, formé de l’association d’un atome de carbone (C) avec deux atomes d’oxygène (O), gazeux dans les conditions de température et de pression régnant sur Terre.
, gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggaz à effet de serre

Constituant gazeux de l’atmosphère absorbant le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre et le renvoyant vers elle (en grande partie), contribuant ainsi au réchauffement planétaire.
, quotaplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigquota

Quantité limite réglementaire (de production, de récolte, de pêche, etc.) accordée pour une certaine durée à une entité donnée opérant dans un domaine particulier de l’industrie, de l’agriculture, de la pêche, par exemple.
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Informations complémentaires

Un crédit-carbone est un certificat qui atteste l’évitement, la réduction ou même l’élimination d’une tonne de dioxyde de carbone, ou l’équivalent pour d’autres GES (que l’on abrège par, tCO2e). C’est un des dispositifs du « marché du carbone » visant à l’atténuation des changements climatiques.

Voir : atténuation des changements climatiquesplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigatténuation des changements climatiques

Stratégie s’attaquant aux causes directes et indirectes des changements climatiques.
, marché du carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmarché du carbone

Système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, de crédits carbone et de quotas carbone, ayant pour objectif d’aider à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).
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Principe

La compensation carbone

Le marché du crédit-carbone fonctionne comme une bourse selon un système de plafonnement et d’échange (traduction de «cap and trade“). Un plafond est fixé pour les émissions de CO2. Si une entreprise produit moins de CO2 que le plafond qui lui est alloué (quotas), elle peut vendre son excédent à une entreprise qui en produit trop, cette dernière pouvant alors espérer s’acheter une bonne conscience ! C’est le principe de la compensation carbone. En finançant des projets de réduction des émissions en dehors de leur pays, en particulier les pays moins développés aux besoins importants en rénovations industrielles, le projet liant l’acheteur et le vendeur doit montrer que sans l’argent lié à la vente de crédits-carbone, le projet n’aurait pas pu être mis en œuvre et n’aurait donc pas permis la séquestration de carbone ou l’évitement de son émission. La compensation carbone vise donc à contrebalancer une certaine quantité d’émissions de gaz à effet de serre. 

Voir : compensation carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcompensation carbone

Fait de contrebalancer l’émission de dioxyde de carbone générée par une activité dont on est responsable, en finançant un ou des projets de réduction d’émission ou de séquestration de carbone.
, réduction des émissions de gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigréduction des émissions de gaz à effet de serre

Ensemble de pratiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) résultant des activités industrielles et agricoles.
, séquestration du carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigséquestration du carbone

Processus naturel ou artificiel réduisant le taux de dioxyde de carbone atmosphérique (CO2), soit par son stockage durable sous sa forme moléculaire, soit par l’intégration du carbone (C) à de la matière organique ou inorganique.
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Les actions possibles

Deux types d’actions sont possibles :

  • éliminer une partie du dioxyde de carbone déjà présent dans l’atmosphère ;
  • empêcher les futures émissions de CO2 d’atteindre l’atmosphère.

Attribution de quotas

Dans le cadre de ce mécanisme, en fonction des engagements de chaque État, un certain nombre de tonnes d’équivalent CO2 leur sont accordés. À leur tour, les États accordent des quotas aux entreprises qui y sont soumises. Ces quotas correspondent à des seuils de pollution autorisés, au-delà desquels les entreprises doivent payer des amendes. Si une entreprise est prête à financer un projet de développement conduisant à une réduction des émissions de GES par rapport au quota qui lui est attribué, elle dispose ainsi d’une valeur échangeable avec une entreprise polluant à l’excès et ne pouvant se moderniser sans investissements importants. L’entreprise polluante, quant à elle, peut acheter les crédits obtenus par l’entreprise propre. Cette dernière, sans cette incitation financière (crédit-carbone), pourrait être tentée de cesser ses efforts. L’environnement, la nature, prend ainsi une valeur financière commercialisable.

Voir : financiarisation de la natureplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfinanciarisation de la nature

Fait de générer des profits financiers sur la nature, en vendant des supposés droits sur des services écologiques qu’elle rend.
, pollutionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpollution

Dégradation de la qualité de l’eau, de l’air ou des sols, et de l’environnement en général, par l’action d’un ou de plusieurs agents physiques, chimiques ou biologiques.
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Naissance et évolution du principe

Bases du principe

La notion de crédit-carbone s’est mise en place en se fondant sur trois idées majeures :

  • le principe du pollueur-payeur : la démarche consistant à faire payer des taxes à une entreprise, en raison de ses activités néfastes pour l’environnement, trouve son origine dans le principe du pollueur-payeur. Ce fut un des premiers outils économiques destinés à protéger l’environnement ;
  • le système des quotas : face aux excès d’exploitation des ressources naturelles, l’idée s’est imposée qu’il fallait réguler, par le rationnement, les quantités prélevées. Dans l’esprit d’une meilleure protection des ressources, le système des quotas doit devenir plus restrictif avec le temps. Avec une certaine efficacité, cette idée a trouvé son application avec les quotas de pêche destinés à éviter la surpêche ;
  • le besoin d’investissement pour un développement propre : les pays industrialisés particulièrement concernés par les émissions de gaz à effet de serre, craignant que l’instauration de quotas ne soit trop contraignante pour leurs productions, ont poussé pour un dispositif qui leur permette de dépasser les plafonds alloués, idée trouvant un écho favorable dans certains pays du Sud, ceux-ci y voyant une opportunité d’attirer des investissements pour un développement durable. Les tenants de la proposition avançant aussi l’idée que toutes les émissions de CO2 se diffusent dans l’atmosphère, sans frontière.

Voir : émission de gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigémission de gaz à effet de serre

Production de composants gazeux qui, présent dans l’atmosphère, absorbent le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et le renvoient vers elle, contribuant ainsi au réchauffement atmosphérique.
, pollueur-payeurplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpollueur-payeur 

Désigne l’entité (individu ou entreprise) sur laquelle doit peser la charge financière de la prévention, de la réduction et de la lutte contre la pollution, dont elle est responsable.

e. m.

Voir : pollution.

Réflexion développement durable
, ressource naturelleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigressource naturelle

Toute chose appartenant à la nature pouvant être exploitée par l’homme pour satisfaire ses besoins (énergie, matières premières, nourriture, habitat, agrément, etc.).
, surpêcheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigsurpêche

Exploitation excessive des ressources animales naturelles des milieux aquatiques.
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Accord international : le Protocole de Kyoto

Le Protocole de Kyoto (1997) visait à définir, pour chaque nation industrialisée, des limites strictes d’émissions de gaz à effet de serre, et la mise en place d’un mécanisme facilitant la déclaration, l’échange et la surveillance de droits d’émission. L’organisme de régulation émettant des quotas devant être les Nations Unies.

L’objectif du Protocole de Kyoto fut d’encourager les entreprises à réduire les émissions de GES (c’est-à-dire de développer des projets « propres »), plutôt que de taxer leurs excès d’émissions, que ces efforts soient faits sur le territoire national ou à l’étranger, dans le cadre de collaborations entre pays industrialisés et pays en voie de développement non soumis au devoir de réduction des émissions de GES. Cette démarche coopérative a été appelée mécanisme de développement propre (MDP), elle apparaissait comme complémentaire du dispositif des quotas.

Voir : MDPplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigMDP [alias]

Voir : Mécanisme pour un développement propre.
, Protocole de Kyotoplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigProtocole de Kyoto

Accord signé par 166 pays en 1997, engageant les pays développés à réduire de 5%, avant 2010, leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), par rapport à 1990.
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Activités concernées

Comme il est possible de transposer tout type d’émission de gaz à effet de serre en équivalent CO2, le marché du carbone concerne plusieurs GES (méthane, protoxyde d’azote, etc.), et pas seulement le dioxyde de carbone.

Les activités les plus concernées sont celles des producteurs d’électricité, des cimentiers, des sidérurgistes, des papetiers, des fabricants d’engrais, des compagnies aériennes. Elles sont responsables de plus de 45 % des émissions de GES de l’Union européenne.

Voir : engraisplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigengrais

Matière mélangée aux sols pour leur conserver ou leur apporter des qualités (physiques ou chimiques) favorables à la croissance des plantes.
, méthaneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigméthane

Corps composé, dont les molécules sont formées de l’association d’un atome de carbone et de quatre atomes d’hydrogène (de formule CH4), gazeux dans les conditions de température et de pression qui règnent sur Terre.
, protoxyde d’azoteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprotoxyde d'azote 

Gaz incolore de formule chimique N2O, ayant un puissant pouvoir d’effet de serre, intervenant aussi dans la destruction de la couche d’ozone.
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Prix donné au carbone

Les aspects économiques sont complexes à appréhender. Il s’agit de pouvoir valoriser les GES en attribuant un prix au carbone. 

Il existe deux mécanismes principaux pour attribuer un prix à une tonne d’équivalent CO2, les mécanismes :

  • de la taxe carbone portant sur les émissions ;
  • du marché du carbone, au sein duquel peuvent s’échanger des droits à polluer

Comme tout crédit, le crédit-carbone dépend de nombreux paramètres. Le contexte économique du territoire de son utilisation est un facteur important.

Le prix du carbone dans le monde varient énormément selon le type de projet : il peut aller de 0,50 € à 300 € pour 1 tonne de CO2.

Voir : marché du carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmarché du carbone

Système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, de crédits carbone et de quotas carbone, ayant pour objectif d’aider à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).
, taxe carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigtaxe carbone

Taxe sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) visant à aider à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
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Types de crédits

On distingue des crédits :

  • attribués par les Nations unies, dits CER (certified emission reduction), à la suite de nombreuses vérifications concernant le projet. Ces crédits se négocient et s’échangent au niveau de marchés internationaux et nationaux, appelés bourse du carbone ;
  • non attribués par les Nations unies, dits VER (verified emission reduction), destinés à des projets de réduction d’émission qui n’ont pas suivi la totalité de la procédure des Nations unies. Ces crédits peuvent être achetés par des acteurs au nom de leurs responsabilités sociale et environnementale. La valeur des unités de crédit-carbone du marché volontaire dépend de la qualité du projet. Ces crédits sont commercialisables sur un marché dit volontaire. Plusieurs centres d’échanges existent : le marché climatique de Montréal, le marché climatique européen, Chicago climate exchange, etc.

Le frein au dispositif : l’intérêt financier 

Le constat

La compensation carbone apportée par des projets supposés vertueux (plantation d’arbres, énergies renouvelables, par exemple), parce qu’ils réduiraient les émissions ou élimineraient le dioxyde de carbone de l’atmosphère, génère des crédits-carbone pour les entreprises qui cherchent à réduire leur bilan carbone.

Mais le manque de fiabilité de l’utilisation de la compensation carbone dans l’atteinte des objectifs climatiques des entreprises tend à être confirmé par de nombreuses enquêtes et études scientifiques, les crédits-carbone ne présentant pas les avantages climatiques qu’ils sont censés apporter.

Voir : énergie renouvelableplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigénergie renouvelable

Énergie dont la source se reconstitue naturellement ou artificiellement à une échelle de temps humaine.
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L’écoblanchiment

Le crédit-carbone a vu le jour parce qu’il ouvrait de nouvelles perspectives intéressantes. Assez rapidement des critiques se sont faites entendre, en particulier en matière d’écoblanchiment. On se reportera donc à cette entrée.

Dans les années 2020, acheter des droits d’émission est devenu moins couteux que de réduire ses émissions. Une des raisons est que, en raison de l’activité économique croissante, le solde de crédits augmente régulièrement. Cette situation n’incite plus les entreprises à faire des efforts pour ne pas utiliser la totalité de leurs quotas et vendre leur surplus à d’autres qui les auraient dépassés. Cette situation du marché correspond au ralentissement de l’activité économique. Le système est donc en cours de révision, afin que la valeur de la tonne de CO2 redevienne suffisamment élevée, pour que l’investissement dans des procédés industriels moins polluants soit plus intéressant que l’achat de quotas sur le marché, c’est-à-dire du droit à polluer.

Parvenir à un mécanisme vertueux quand l’intérêt financier est en jeu, est bien sûr difficile, même si l’objectif de la démarche est louable ! En effet, ce dispositif intéresse les industries parmi les plus grosses émettrices de gaz à effet de serre et on peut douter qu’elles soient sensibles à l’incitation, s’il est plus simple pour elles d’acheter des crédits-carbone, ou planter des arbres, que de changer leur manière de produire.

Voir : écoblanchimentplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigécoblanchiment

Pratique de communication destinée à faire passer pour écologiquement vertueux des produits ou des services qui ne le sont pas, afin de donner bonne conscience aux acheteurs potentiels
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Remarque linguistique et/ou historique

Quota et crédit : nuance

On se reportera à la rubrique « Remarque linguistique et/ou historique » de l’entrée « quota » pour consulter une réflexion sur le sujet.

Voir : quotaplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigquota

Quantité limite réglementaire (de production, de récolte, de pêche, etc.) accordée pour une certaine durée à une entité donnée opérant dans un domaine particulier de l’industrie, de l’agriculture, de la pêche, par exemple.
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