Table des matières
viande cultivée
Définition
Viande produite par culture «in vitro» de cellules souches animales, ou de bactéries.
e. f.
syn. : viande artificielle, viande cellulaire, viande de synthèse, viande propre.
Voir : cellule soucheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcellule souche
Cellule d’un organisme animal adulte ayant conservé des caractéristiques structurelles et fonctionnelles juvéniles, et capable de se diviser et d’être ainsi à l’origine de différents tissus., in vitroplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigin vitro
Se dit de tout phénomène biologique se déroulant en milieu artificiel contrôlés (pH, température, éléments minéraux, etc.)..
Informations complémentaires
Fabrication de « viande » à partir de cellules souches
Ce ne sont pas des cellules musculaires qui sont prélevées au départ de la culture, mais des cellules souches capables de se multiplier. Cultivées en bioréacteurs (fermenteurs) contenant des liquides nutritifs artificiels, les cellules prolifèrent intensément.
Les milieux, richement oxygénés, sont composés artificiellement mais comprennent des substances naturelles :
- glucides ;
- lipides ;
- acides aminés (essentiels pour la synthèse des protéines) ;
- vitamines ;
- facteurs de croissance, sans lesquels la multiplication cellulaire ne se ferait pas.
La phase de croissance terminée, les cellules sont ensuite différenciées en cellules de muscle, de graisse, ou encore de tissu conjonctif, par un changement des conditions de culture.
Pour produire de la viande artificielle de poulet, il faut 14 jours, soit trois fois moins de temps que pour amener un poulet à être prêt à la consommation.
Afin de réduire les coûts, certains produits disponibles sur le marché sont des composés de matière végétale et de cellules cultivées.
Cette délicieuse biomasse est ensuite compactée en steaks succulents !
Voir : acide aminéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigacide aminé
Molécule organique possédant une fonction amine (NH2) et une fonction acide (COOH) portées par le même atome de carbone., biomasseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbiomasse
Masse de l’ensemble des êtres vivants présents dans un espace déterminé, à un moment donné., cellule soucheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcellule souche
Cellule d’un organisme animal adulte ayant conservé des caractéristiques structurelles et fonctionnelles juvéniles, et capable de se diviser et d’être ainsi à l’origine de différents tissus., différenciationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdifférenciation
Acquisition par une cellule de particularités morphologiques, structurales et fonctionnelles qui font d’elle une cellule spécialisée, incapable de se diviser, car ayant perdu ses caractères juvéniles., facteur de croissanceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfacteur de croissance
Substance organique nécessaire au développement complet d’un organisme incapable de la synthétiser et devant la prélever dans le milieu extérieur., fermenteurplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfermenteur
Appareil permettant les cultures cellulaires en conditions contrôlées pour la production de biomasse, ou de molécules organiques utiles à l’Homme., glucideplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigglucide
Ensemble de sucres simples comme le glucose (ose), et de sucres faits de plusieurs molécules de sucres simples, comme l’amidon et le glycogène (osides), de formule générale Cn (H2O)m., lipideplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biglipide
Corps gras produit par les organismes vivants, se rencontrant principalement sous forme d’huile, de graisse ou de cire., proliférationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprolifération
Multiplication de cellules, de tissus ou d’organismes, en rapport avec la reproduction (sexuée ou végétative)., protéineplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprotéine
Substance organique résultant de la polymérisation de très nombreux acides aminés..
Fabrication à partir de bactéries hydrogénotrophes
Dans les années 1960, la Nasa a développé une technique pour cultiver en fermenteur des bactéries hydrogénotrophes pour produire une nourriture consommable par les astronautes lors des longs voyages loin de la Terre.
Les bactéries hydrogénotrophes sont des chimio-lithotrophes (voir l’entrée « type trophique »). Ces bactéries cultivées dans un milieu contenant du dioxyde de carbone (CO2) comme source de carbone, de l’hydrogène moléculaire (H2) comme source d’énergie et comme pouvoir réducteur, et des ions minéraux. La réduction du CO2 produit du méthane (CH4) selon la réaction suivante :
CO2 + 4 H2 → CH4 + 2 H2O.
À partir de cette idée, la société Air Protein, basée en Californie, produit une biomasse riche en protéines et glucides, avec laquelle elle fabrique une farine et ensuite des succédanés de steaks ou de filets de « poisson ». Puis, il n’y a plus qu’à se régaler !
Voir : cellule soucheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcellule souche
Cellule d’un organisme animal adulte ayant conservé des caractéristiques structurelles et fonctionnelles juvéniles, et capable de se diviser et d’être ainsi à l’origine de différents tissus., différenciationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdifférenciation
Acquisition par une cellule de particularités morphologiques, structurales et fonctionnelles qui font d’elle une cellule spécialisée, incapable de se diviser, car ayant perdu ses caractères juvéniles., facteur de croissanceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfacteur de croissance
Substance organique nécessaire au développement complet d’un organisme incapable de la synthétiser et devant la prélever dans le milieu extérieur., fermenteurplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfermenteur
Appareil permettant les cultures cellulaires en conditions contrôlées pour la production de biomasse, ou de molécules organiques utiles à l’Homme., ionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigion
Atome, molécule, ayant cédé ou acquis un ou plusieurs électrons., proliférationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprolifération
Multiplication de cellules, de tissus ou d’organismes, en rapport avec la reproduction (sexuée ou végétative)., type trophiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigtype trophique
Pour un organisme, combinaison de ses modes de nutrition..
Réflexion développement durable
Certains disent que cette viande est «propre» parce qu’elle devrait permettre de nous nourrir sans tuer d’animaux ; pour d’autres elle est un danger alimentaire, social et écologique. Passons rapidement en revue les arguments.
Les tenants de la filière
Pour les tenants de cette filière de production, l’argumentaire est simple :
- l’élevage intensif a une forte empreinte écologique : cette méthode présente plusieurs avantages qui permettraient de protéger la planète : peu de terres arables utilisées, peu d’eau, pas d’engrais, pas de pesticides ;
- considération éthiques liées au bien-être animal : un des aspects est en rapport avec les conditions d’abattage qui génèrent une souffrance animale inadmissible ;
- bénéfices en termes de santé publique : l’argument repose sur la moins grande utilisation d’antibiotiques et d’une limitation des risques de zoonoses ;
- l’expérimentation a révélé que les bactéries hydrogénotrophes peuvent convertir le dioxyde de carbone en nourriture plus rapidement que les plantes.
Ces arguments conviennent à nombre de militants vegan.
Voir : antibiotiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigantibiotique
Substance naturelle ou artificielle ayant, à faible dose, une action bactériostatique (empêchant la multiplication de bactéries) et, à plus fortes doses, une action bactéricide (tuant les bactéries)., empreinte écologiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigempreinte écologique
Indicateur exprimé en surface de terre et d’étendue maritime, qui évalue les ressources naturelles nécessaires à l’homme pour subvenir à ses besoins et pour assimiler les déchets qu’il produit, calculé pour un individu, une population ou encore, une activité., engraisplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigengrais
Matière mélangée aux sols pour leur conserver ou leur apporter des qualités (physiques ou chimiques) favorables à la croissance des plantes., pesticideplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpesticide
Produit utilisé pour lutter contre les organismes (animaux, végétaux, et champignons) nuisibles affectant des végétaux cultivés ou des animaux d’élevage., terre arableplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigterre arable
Terre pouvant être labourée et cultivée., veganplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvegan
Être humain dont le mode de vie (véganisme) consiste au refus d’utiliser ou de consommer tout produit d’origine animale (ni viande, ni lait, ni œuf, ni miel)., zoonoseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigzoonose
Maladie infectieuse qui est transmise des animaux vertébrés à l’homme, et inversement..
Les opposants à la filière
Pour les opposants à cette filière, l’agriculture cellulaire est une étape nouvelle de l’industrialisation de l’élevage dont ils pensent que les grands gagnants seront les financiers.
Pour ce qui est de la limitation des impacts environnementaux, les opposants font remarquer, que l’urgence serait plutôt de faire évoluer les habitudes alimentaires vers des régimes moins carnés, flexitariens, par exemple.
Voir : flexitarienplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigflexitarien
Être humain qui suit un régime végétarien mais qui mange de la viande occasionnellement., impact anthropiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigimpact anthropique [alias]
Voir : impact environnemental., régime alimentaireplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigrégime alimentaire
Nature et quantité des aliments consommés traditionnellement ou à la suite d’une recommandation médicale..
Consommation d’énergie
La culture cellulaire de cellules animales en bioréacteurs demande beaucoup d’énergie, en particulier pour maintenir une température adéquate des milieux de culture.
Consommation d’eau
Les premières estimations indiquent que la fabrication de viande en milieu artificiel nécessiterait entre 400 et 500 litres d’eau par kilogramme, contre 550 à 700 litres pour de la viande de bœuf issue de l’élevage. L’écart n’est donc pas considérable.
Consommation de terres
Près de la moitié des terres agricoles mobilisées pour l’élevage (pâturage, fourrage, production d’aliments pour bétail) sont des terres non arables ne pouvant être destinées à des cultures pour l’alimentation humaine. Cette répartition, par son équilibre, est un argument mis en avant tout autant par les tenants de la filière de l’élevage que ses opposants !
Facteurs de croissance et milieux de culture
Le développement de la filière de production de viandes artificielles pose le problème des quantités importantes de facteurs de croissance utilisés pour les milieux de culture nécessaires à la croissance des tissus en bioréacteurs.
Voir : bioréacteurplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbioréacteur [alias]
Voir : fermenteur., facteur de croissanceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfacteur de croissance
Substance organique nécessaire au développement complet d’un organisme incapable de la synthétiser et devant la prélever dans le milieu extérieur., milieuplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmilieu
Ensemble des éléments externes et internes à un organisme, un organe, un tissu, ou une cellule et en conditionnant la vie..
Les questions
Sur le plan écologique, on doit se questionner. Puisque celles-ci sont hétérotrophes, les cellules animales exigent un apport de matière et d’énergie, sous forme de matière organique. Cette source de matière organique que l’on doit apporter aux cultures, il faut bien la générer. Dans un système naturel, cela repose sur le bon fonctionnement des chaînes alimentaires, à commencer par une disponibilité importante de fourrage. L’élevage industriel intensif a déjà bouleversé les équilibres écosystémiques en ayant eu, au départ, d’autres prétentions annoncées comme des gains financiers importants.
Est-on bien sûr de la plus grande efficacité de l’ensemble de la filière de production de viande cellulaire, sur les plans énergétique, écologique et de la santé ?
Voir : chaîne alimentaireplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigchaîne alimentaire
Notion désignant une suite d’organismes d’espèces différentes ayant entre eux diverses relations trophiques., hétérotropheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighétérotrophe
Être vivant élaborant sa propre matière organique à partir de celle d’autres organismes., matière organiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmatière organique
Matière synthétisée par les êtres vivants..
Coût écologique : gaz à effet de serre
Avec la filière de la viande cultivée, les élevages hors-sol sont remplacés par des laboratoires de biotechnologie aux équipements ultra-modernes et aux multiples régulations. L’ensemble des équipements (incubateurs) et de leur fonctionnement n’est pas sans un coût écologique comme, par exemple, la production de dioxyde de carbone (CO2), en liaison avec les dépenses énergétiques. Émission qui est à comptabiliser comme l’est celle du méthane pour l’élevage. Ces dépenses énergétiques sont relatives à la fabrication du matériel et à sa stérilisation régulière par la vapeur.
Voir : élevage hors-solplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigélevage hors-sol
Élevage réalisé en conditions artificielles de température, de lumière et de substrat., biotechnologieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbiotechnologie
Ensemble de techniques de pointe appliquées au monde vivant pour en comprendre et modifier les propriétés., dioxyde de carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdioxyde de carbone
Corps composé, formé de l’association d’un atome de carbone (C) avec deux atomes d’oxygène (O), gazeux dans les conditions de température et de pression régnant sur Terre., gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggaz à effet de serre
Constituant gazeux de l’atmosphère absorbant le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre et le renvoyant vers elle (en grande partie), contribuant ainsi au réchauffement planétaire., méthaneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigméthane
Corps composé, dont les molécules sont formées de l’association d’un atome de carbone et de quatre atomes d’hydrogène (de formule CH4), gazeux dans les conditions de température et de pression qui règnent sur Terre., vapeurplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvapeur
Forme gazeuse d’un corps pur qui en fonction des conditions de température et de pression peut être aussi liquide ou solide..
Santé
Par ailleurs, les sucres, les vitamines, les facteurs de croissance nécessaires aux cultures cellulaires doivent être produits. Ce sont des intrants qu’il faut prendre en compte, mais, de plus, l’exposition des cellules à ces hormones pourrait bien avoir des effets nocifs sur la santé des consommateurs. La concentration de ces hormones dans la viande produite sera à prendre en compte. Rappelons qu’en Europe, dans les élevages, l’usage d’hormones de croissance est interdit depuis 1981.
À ces aspects négatifs, il faut ajouter le pastique utilisé pour la fabrication d’une partie du matériel de culture in vitro. La toxicité du plastique dans le stockage des aliments, en raison de la diffusion de perturbateurs endocriniens inhérents au plastique, est aujourd’hui bien documentée.
L’empreinte écologique de cette viande cultivée est-elle aussi vertueuse que prétendue ?
L’agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux a autorisé deux entreprises américaines à commercialiser leurs viandes cultivées, n’ayant pas identifié de propriétés qui les rendraient impropre à la consommation.
L’Europe ne devrait pas autoriser la vente de viande cultivée dans un proche avenir.
Voir : alimentplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigaliment
Substance (matière organique ou non) absorbable par un être vivant, lui apportant les éléments nécessaires à son métabolisme., hormoneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighormone
Substance sécrétée par une glande ou un tissu d’un organisme animal ou végétal, transportée par le milieu intérieur et susceptible de modifier l’activité de cellules électivement sensibles., intrantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigintrant
Ensemble des moyens et des produits utilisés pour améliorer une production agricole., nocifplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bignocif
Qui est nuisible, en particulier à l’état physiologique d’un organisme, voire à l’équilibre de l’environnement., perturbateur endocrinienplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigperturbateur endocrinien
Substance d’origine naturelle ou non, susceptible d’interférer avec le système hormonal des espèces animales jusqu’à produire des effets nocifs., sucreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigsucre [alias]
Voir : glucide., toxicitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigtoxicité
Propriété d’une substance à provoquer des effets néfastes à un organisme vivant., vitamineplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvitamine
Molécule organique, sans valeur énergétique, indispensable à l’équilibre physiologique de certains organismes..
Coût de production
Le coût de production est difficile à estimer dans l’état actuel du développement de la filière, mais il semble clair que les principaux facteurs du coût sont les milieux de culture et la taille des bioréacteurs, et de ce dernier paramètre, qui induit des contraintes techniques importantes, dépend la rentabilité de la production.
20 $/kg semble être un coût optimiste.
Remarque linguistique et/ou historique
C’est en 2013 que le scientifique Mark Post a présenté ce type de viande produite in vitro, soutenu par des fonds d’investissement, des fondations, et des industriels.
Ajoutons, que certains ont donné à cette viande, le joli nom, appétissant, de «Frankenburger». On voit bien le clin d’œil au roman de Mary Shelley !
Les anglophones parlent de «clean meat», c’est-à-dire viande propre. Toute la discussion est là !
Mais, remontons le temps des idées, avec René Barjavel, et son roman « Ravage » publié en 1943.
René Barjavel (1911 -1985)
« Ravage », roman de R. Barjavel, paru en 1943, fut écrit sous l’occupation de la France par les Allemands. Le roman nous envoie vers le futur des années 2050 (ce n’est pas si loin). Il nous parle d’un effondrement brutal de civilisation et nous dit aussi que le progrès ne peut se faire au détriment de valeurs chères à l’homme, et que la technique peut répondre à son besoin de confort. En 2052, l’homme est devenu dépendant d’une technologie très sophistiquée.
Voici un extrait qui se rapporte à cette entrée du glossaire :
« L’élevage, cette horreur, avait également disparu. Élever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’étaient bien là des mœurs dignes des barbares du 20e siècle. Le « bétail » n’existait plus. La viande était « cultivée » sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel cœur de poulet vivait encore au Musée de la Société protectrice des animaux. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d’une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de bœuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours, de chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion et de mille autres variétés, servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant-garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui, cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelle, depuis le simple bœuf miroton jusqu’au civet de lièvre à la royale. »
Alexis Carrel (1873 -1944)
Bien que l’extrait du roman « Ravage » cherche à nous mettre l’eau à la bouche, il nous met aussi mal à l’aise ! Le Carrel dont il est question est le Français Alexis Carrel (1873 -1944), eugéniste, et admirateur du nazisme ! Ce point est important, puisque, comme signalé plus haut, ce roman fut écrit et édité sous l’occupation. Néanmoins, ce qui nous intéresse ici, est que Carrel fut Nobel de physiologie et de chirurgie physiologique, et qu’au cours de ses travaux, il mit en culture un tissu de cœur de poulet qui fut conservé vivant pendant plus de trente ans, et qu’en 1938, il publia un ouvrage intitulé « La Culture des organes ».