Table des matières
Responsabilité sociétale des entreprises
Définition
Contribution volontaire des entreprises aux enjeux du développement durable, au-delà du cadre légal qui leur est imposé.
Expression substantivée.
Abréviation : RSE.
syn. : Responsabilité sociale des entreprises.
Informations complémentaires
La Commission européenne a défini la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) comme «un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités commerciales et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire». Autrement dit, la RSE fait référence à la mise en œuvre pratique de la durabilité par les entreprises, qui s’ajoute à l’objectif qu’une entreprise a de produire un profit économique (à rester viable économiquement).
Cette RSE concerne aussi les filiales et la sphère d’influence de l’entreprise, sur lesquelles elle doit exercer un devoir de vigilance.
Les engagements RSE sont très variables selon les entreprises mais, d’une façon générale, cette approche conduit une entreprise à :
- prévenir et/ou atténuer les dommages sociaux (santé, éducation, habitat, emploi, équité sociale), ou environnementaux (érosion de la biodiversité, émission de gaz à effet de serre, dégradation des ressources naturelles et énergétiques) qu’elle pourrait causer ;
- adopter des processus internes à l’entreprise permettant la communication entre la direction et les employés.
Voir : durabilitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdurabilité
Concept de développement qualifiant la possibilité pour une économie, ou pour l’environnement en général, de ne pas se dégrader dans la durée., érosion de la biodiversitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigérosion de la biodiversité
Diminution de taille des populations animales et végétales jusqu’à la disparition d’espèces., gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggaz à effet de serre
Constituant gazeux de l’atmosphère absorbant le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre et le renvoyant vers elle (en grande partie), contribuant ainsi au réchauffement planétaire., ressource naturelleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigressource naturelle
Toute chose appartenant à la nature pouvant être exploitée par l’homme pour satisfaire ses besoins (énergie, matières premières, nourriture, habitat, agrément, etc.)..
Plateforme RSE
En France, la Plateforme RSE est une instance nationale de concertation qui formule des recommandations sur les questions sociales, environnementales et de gouvernance. Elle regroupe les administrations compétentes, les organisations représentant les entreprises et le monde économique, les organisations syndicales de salariés, des représentants de la société civile et de la recherche.
Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises (FCRSE)
Le FCRSE est une association Loi 1901 ayant pour objectif de peser sur les décideurs politiques pour qu’ils régulent les activités des entreprises en matière sociale, environnementale et sociétale, et à démontrer le besoin de régulation par les pouvoirs publics.
Réflexion développement durable
RSE et Scope
Sur le plan social, une entreprise ne peut échapper à son implication dans la communauté au sein de laquelle elle exerce. Par ailleurs, elle doit aménager ses pratiques et réduire ou compenser ses émissions lors de la fabrication d’un produit, ou au cours de ses activités, doit catégoriser ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en établissant les « scopes » (voir l’entrée « scope ») méthode qui lui permet d’établir son bilan carbone et d’identifier les sources des pollutions qu’elle génère.
Outre les efforts sur les GES, l’idée que les ressources doivent être régénérées s’impose de plus en plus.
Voir : bilan carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbilan carbone
Comptabilité des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un produit, d’une activité, d’une personne, d’un pays, etc., gaz à effet de serreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggaz à effet de serre
Constituant gazeux de l’atmosphère absorbant le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre et le renvoyant vers elle (en grande partie), contribuant ainsi au réchauffement planétaire., scopeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigscope
Catégorie d’émission de carbone parmi trois (scopes 1, 2, 3) liée à la fabrication d’un produit, ou au cours des activités d’une organisation sur une période donnée..
RSE et responsabilité environnementale
La RSE est d’une nature différente de ce que l’on appelle la « responsabilité environnementale » d’une entreprise qui est le principe qui donne un cadre aux sanctions qu’encoure une entreprise qui a dégradé gravement la nature et doit réparer les préjudices causés.
Voir : responsabilité environnementaleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigresponsabilité environnementale
Principe établissant que les entreprises ayant dégradé gravement la nature doivent réparer les préjudices causés..
RSE et ESG
La RSE est un concept différent de celui des critères ESG (critères environnementaux, sociaux, et de gouvernance) qui permettent de quantifier les efforts de durabilité d’une entreprise, à partir de rapports basés sur des données précises.
À première vue, les deux concepts peuvent sembler synonymes, mais ils n’ont pas le même intérêt.
Ci-dessous quelques idées permettent de distinguer RSE et les critères ESG.
Voir : critère ESGplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcritère ESG [alias]
Voir : critère environnemental, social, et de gouvernance..
RSE
La RSE est de nature qualitative, c’est-à-dire de l’ordre de la politique d’entreprise. Elle est déterminée par des considérations et des engagements internes à l’entreprise et sur la responsabilité.
ESG
La ESG est quantitative. Elle est déterminée par des normes et des cadres internationaux, ainsi que sur les risques et les performances.
Devoir de vigilance
Une judiciarisation de la RSE a vu le jour avec la loi française (adoptée en France en 2017), contraignant les grandes entreprises à prévenir et réparer les violations des droits humains et environnementaux sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.
Voir : devoir de vigilanceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdevoir de vigilance
Obligation légale, sur le territoire français, pour les grandes entreprises et leurs sous-traitants, de recenser et de prévenir tous les risques sociaux et environnementaux occasionnés par leurs chaînes de production..
L’ACV
Les entreprises peuvent utiliser l’ACV (Analyse du Cycle de Vie) pour quantifier leurs émissions de gaz à effet de serre et leur impact sur l’environnement.
Voir : analyse du cycle de vieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganalyse du cycle de vie
Comptabilité des impacts environnementaux dus à un objet, depuis l’extraction des matières premières qui entrent dans sa composition jusqu’à son élimination et/ou de sa réutilisation..
Remarque
Réticences des entreprises
En eux-mêmes, ces concepts (RSE, ESG) sont intéressants, mais il est vrai que la réalité ne pousse pas à un optimisme béat ! On manque d’exemples enthousiasmants. Pendant quelques années, les entreprises ont fait des efforts de verdissement d’image (écoblanchiment) mais, dés les années 2020, constatant les inconvénients que ces simulacres leur attiraient, elles sont passées à l’écosilence (voir cette entrée) !
La démarche RSE, quand elle se manifeste, n’en est qu’à ses débuts. Très peu d’entreprises, en 2024, ont constitué une direction RSE. Dans le secteur agro-alimentaire, très peu semblent conscientes des risques associés à leurs activités (pollution, érosion de la biodiversité, niveau de vie misérable des petites entreprises agricoles, etc.). Quand elles prétendent s’y intéresser, elles arguent qu’il n’y a que peu d’indicateurs officiels sur les questions d’impact environnemental, en omettant de dire qu’elles sont sous la pression de leurs actionnaires, ce qui est une explication… plausible !
Voir : écoblanchimentplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigécoblanchiment
Pratique de communication destinée à faire passer pour écologiquement vertueux des produits ou des services qui ne le sont pas, afin de donner bonne conscience aux acheteurs potentiels, écosilenceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigécosilence
Pour les entreprises, c’est le fait de moins annoncer qu’auparavant, dans leur publicité, de prétendus engagements environnementaux, climatiques en particulier..
Un peu d’optimisme !
Toutefois, il se pourrait que les choses changent doucement ! Les consommateurs ont commencé à faire bouger les paramètres éthiques associés à leurs portefeuilles (en refusant, par exemple, les investissements dans les énergies fossiles).
2024 fut une année où les reculs en matière de règlementations en faveur de la transition écologique furent nombreux dans le monde entier. En 2025, Trump donne le tempo de cette régression. Espérons que les entreprises réalisent qu’elles ne pourront longtemps échapper à leur responsabilité en matière de gestion des risques environnementaux, sociaux, et qu’elles devront donc lutter contre les impacts environnementaux de leur entreprise (émissions de gaz à effet de serre, dégradation de la biodiversité, etc.), en :
- inscrivant leur production dans une économie circulaire : c’est-à-dire en abandonnant l’obsolescence programmée, en développant au contraire la réparabilité de leurs produits ou en facilitant leur recyclage par l’écoconception ;
- anticipant les risques courus par leurs chaînes d’approvisionnement en raison de leur vulnérabilité, en mettant en place des mesures de résilience.
Voir : écoconceptionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigécoconception
Création d’un produit qui respecte l’environnement à toutes les étapes de son cycle de vie (production de la matière première, fabrication, distribution, utilisation, recyclage et/ou mise aux déchets, participant ainsi à une économie circulaire)., économie circulaireplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigéconomie circulaire
Approche économique dont les méthodes visent à produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des ressources naturelles., obsolescence programméeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigobsolescence programmée
Ensemble de techniques visant à limiter la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement., recyclageplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigrecyclage
Réutilisation directe d’un déchet, permettant d’éviter totalement ou partiellement la consommation de matière première neuve., résilienceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigrésilience
Capacité d’un écosystème, d’une population, ou d’un individu, à surmonter les altérations de sa structure ou les perturbations de son fonctionnement, provoquées par une crise, et à retrouver un état d’équilibre., vulnérabilitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvulnérabilité
Fragilité constitutive d’une population ou d’un écosystème, affectant leur capacité d’adaptation face à une crise d’origine naturelle (aléa climatique, épidémie, etc.), ou anthropique (catastrophe industrielle, etc.)..
Remarque linguistique et/ou historique
Sociétal ? Social ?
Alors que « social » est utilisé simplement pour qualifier ce qui concerne la société, « sociétal » est utilisé pour mettre l’accent sur la complexité interactions entre les divers aspects de la vie sociale des individus.
Social
Social renvoie ainsi plus directement à la relation de chaque individu avec la société, l’individu bénéficiant (ou non !) de la solidarité collective (par exemple : sécurité sociale).
Sociétal
Le mot sociétal est d’un usage plus récent que social. Son utilisation plus fréquente est en rapport avec la prise de conscience plus aigüe que ce qui fait notre environnement est d’une structure complexe, et qu’il faut prendre en compte les interactions entre les facteurs qui déterminent son fonctionnement.
Conclusion
Il ne faudrait pas que l’approche sociétale en mettant en avant la complexité floue de la société, fasse oublier le détail, c’est-à-dire l’individu et donc ses besoins et ses droits.