Table des matières
introduction d'espèces
Définition
Apport de spécimens d’une espèce non originaire de l’écosystème dans lequel elles sont apportées, volontairement ou non.
e. f.
Voir : écosystèmeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigécosystème
Ensemble fonctionnel (système) formé d’une biocénose (communauté d’êtres vivants) et du biotope (milieu : eau, sol, et atmosphère)., espèceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigespèce
Ensemble d’individus se ressemblant plus entre eux qu’à aucun autre, capables de produire une descendance fertile par reproduction sexuée..
Informations complémentaires
Une espèce introduite est une espèce invasive ou exotique, mais on se reportera à la rubrique « Remarque linguistique et/ou historique » pour les nuances à apporter aux termes exotique, invasif et envahissant et à leur associations éventuelles.
Les causes des introductions d'espèces
Si l’on se situe à l’échelle géologique des temps, les introductions d’espèces existent depuis toujours, par exemple à la faveur de la collision entre des continents. Les changements climatiques (périodes glaciaires et interglaciaires) ont aussi causé de profondes modifications des aires de répartition des espèces.
Aujourd’hui, les déplacements d’espèces d’origine anthropique constituent la cause majeure d’introduction d’espèces et aussi celle aux effets les plus rapides. Les causes anthropiques peuvent être volontaires, accidentelles ou encore fortuites.
Voir : aire de répartitionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigaire de répartition
Ensemble des surfaces terrestres ou aquatiques qu’une espèce migratrice habite, traverse ou survole à un moment de sa migration., anthropiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganthropique
Qui est relatif à l’homme., changement climatiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigchangement climatique
Ensemble des modifications climatiques qui persistent plus longtemps qu’un évènement météorologique, sous l’effet de causes naturelles (changements du cycle solaire ou éruptions volcaniques massives), ou de causes anthropiques (activités humaines)..
Introductions volontaires
Les premiers déplacements ayant des causes anthropiques peuvent être situées au Néolithique. Depuis le croissant fertile, au Proche-Orient, des espèces animales (bœufs, chèvres, moutons, porcs, etc.) et végétales (lentilles, orge, pois, etc.) furent transportées vers l’Europe du Nord.
Les grandes explorations, à partir du 16e siècle, furent accompagnées de prospections de grandes ampleurs de la faune et de la flore des pays explorés. Les naturalistes en ramenèrent et acclimatèrent des plantes médicinales, ornementales et alimentaires. Ils ramenèrent aussi des animaux. À la fin du 19e siècle, la jacinthe d’eau fut introduite en tant que plante ornementale, aujourd’hui elle a envahi de nombreux fleuves et lacs des régions chaudes, posant d’importants problèmes économiques et écologiques.
Aujourd’hui, de nouvelles causes se sont ajoutées :
- la mise en liberté d’animaux et de plantes d’aquarium dont on veut se défaire ;
- l’introduction à des fins de lutte biologique.
Voir : acclimatationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigacclimatation
Action de l’homme permettant à une espèce de se développer dans une zone géographique dont les conditions de milieu sont différentes de celles où elle existe spontanément., fauneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfaune
Ensemble des animaux présents dans un milieu., floreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigflore
Ensemble des micro-organismes présents dans un environnement particulier (tube digestif, rhizosphère, sols, etc.)., lutte biologiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biglutte biologique
Lutte contre les ravageurs des cultures à l’aide de leurs ennemis naturels ou de leurs produits., Néolithiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigNéolithique
Période de la fin de la Préhistoire pendant laquelle les peuples développent la domestication des espèces végétales et animales et se sédentarisent..
Introductions accidentelles
Les causes peuvent être :
- la libération accidentelle à partir d’aquarium, comme ce fut le cas pour l’algue Caulerpa taxifolia, originaire du Pacifique, sur les côtes de Monaco, l’algue s’étant ensuite propagée en Méditerranée ;
- la fuite accidentelle d’animaux à partir d’élevages.
Introductions fortuites
Sans être ni accidentelles, ni volontaires, des introductions peuvent être fortuites :
- la vidange d’eau de ballast des navires, prélevée dans des ports étrangers. C’est une des voies principales de pénétration des espèces exotiques ;
- l’ouverture de nouvelles voies maritimes, comme ce fut le cas, en 1869, avec le percement du canal de Suez entre la mer Rouge et la Méditerranée.
Voir : espèce exotiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigespèce exotique [alias]
Voir : espèce invasive..
Introductions d'espèces non invasives
Régions d'origine de fruits et légumes très communs
Bien après la naissance de l’agriculture, les navigateurs firent circuler de nouvelles espèces :
- Afrique : melon, pastèque ;
- Amérique centrale : maïs, avocat ;
- Amérique centrale et Brésil : ananas ;
- Amérique centrale et du sud : haricot, poivron, pomme de terre ;
- Amérique centrale et Andes : tomate ;
- Asie : banane, noix, poire, pois ;
- Asie centrale : ail, échalote, épinard, oignon, pomme ;
- Asie mineure : pois, raisin ;
- Caucase : cerise, poire ;
- Chine : abricot, kiwi, litchi, pêche, riz ;
- Europe : artichaut, carotte, choux, fraise, laitue, mûre, myrtille, pois ;
- Inde : aubergine, citron, concombre ;
- Proche-Orient : blé, fève, lentille, orange, pêche, pois-chiche.
Les premières voies d'introduction
Bien après la naissance de l’agriculture, les navigateurs firent circuler de nombreuses espèces. Puis, avec la mondialisation, dans un premier temps, les voies d’échanges se sont diversifiées considérablement, mais, aujourd’hui, l’industrialisation agroalimentaire a restreint les sources autour de quelques grands groupes agro-semenciers, qui ont même entrepris d’éradiquer les espèces propres aux agricultures vivrières locales.
Les premières voies se firent depuis l’Amérique, vers :
- l’Europe : fraises, maïs, pommes de terre, tabacs, tomates, piments et citrouilles ;
- l’Afrique et l’Asie : coton, le cacaoyer, le manioc, et l’arachide.
D’autres voies s’établir, depuis l’Afrique et l’Asie, vers :
- l’Amérique : bœuf, porc et volailles, pour les animaux, et blé, café, riz et agrumes pour les végétaux.
Voir : agriculture vivrièreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigagriculture vivrière
Forme d’agriculture consistant à cultiver des produits essentiellement destinés à nourrir la population locale..
Conséquences de l'introduction d'espèces invasives
L’introduction d’une espèce, quand elle débouche sur l’envahissement d’un territoire qui n’est pas le sien, fait que l’espèce prospère au détriment des espèces locales et qu’elle entraîne une altération du fonctionnement habituel de l’écosystème concerné, pouvant même conduire à la disparition d’espèces locales. Cela se fait au travers de plusieurs phénomènes : la prédation, la compétition alimentaire, la possibilité de transmission de virus ou de parasites.
Voir : compétitionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcompétition
Concurrence entre individus de la même espèce (relations intraspécifiques) ou d’espèces différentes (relations interspécifiques) vis à vis de la satisfaction de leurs besoins., parasiteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigparasite
Organisme vivant aux dépens d’un autre sur lequel il prélève des éléments nutritifs nécessaires à son métabolisme., prédationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprédation
Désigne le rapport entre deux espèces, dans lequel l’une sert de proie à l’autre, mais aussi le mode de nutrition du prédateur qui est l’organisme qui consomme l’autre., virusplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvirus
Parasite obligatoire de cellules (procaryotes ou eucaryotes), dont la multiplication ne peut s’effectuer qu’au sein d’une cellule-hôte..
Inventaire des espèces introduites
En France, créée en 2013, l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) a identifié plus de 2 200 espèces introduites en métropole, 91 % étant continentales (terrestres et aquatiques) et 9 % marines. 5 % d’entre elles sont considérées comme envahissantes (espèce invasive). L’Agence européenne de l’environnement, quant à elle, signale 10 000 espèces exotiques en Europe.
Voir : Agence européenne pour l'environnementplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigAgence européenne pour l’environnement
Agence de l’Union européenne dont la mission consiste à fournir des informations fiables et indépendantes sur l’environnement. , espèce invasiveplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigespèce invasive
Espèce animale ou végétale, passant de son aire géographique à une autre où elle n’était pas présente, et où elle peut devenir nuisibles..
Expansion des maladies infectieuses
Les activités humaines ont facilité la propagation des micro-organismes pathogènes et de leurs éventuels vecteurs. Au XVIIe siècle les conquérants espagnols et portugais ont apporté avec eux en Amérique, de nombreuses maladies infectieuses, comme la variole. Pour les maladies vectorielles, on peut citer le transport, par les bateaux des marchands d’esclaves, des facteurs de transmission de la fièvre jaune et de la dengue. Alors que le moustique vecteur (du genre Aedes) était transporté avec les réserves d’eau douce nécessaire au voyage, les esclaves malades étaient porteurs des virus.
Voir : eau douceplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigeau douce
Eau contenant moins d’un gramme par litre (g/l) de matières dissoutes, comme des sels, des éléments nutritifs, etc., maladie vectorielleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmaladie vectorielle
Maladie provoquée chez un individu par un agent infectieux (microorganisme pathogène) qui lui a été transmis lors d’une piqûre ou d’une morsure, par un organisme se nourrissant de sang (hématophage) ayant au préalable piqué ou mordu un autre vertébré., microorganismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmicroorganisme
Organisme visible seulement au microscope..
Remarque linguistique et/ou historique
Les espèces introduites sont dites exotiques. Elles ne sont pas obligatoirement envahissantes, pourtant une synonymie est souvent établie entre espèce introduite et espèce invasive. Pour notre part, s’il y a envahissement nous préférons préciser que l’espèce est exotique envahissante.
Par ailleurs, l’introduction dans une zone géographique nouvelle ne doit pas être confondue avec la réintroduction d’une espèce dans son habitat naturel.
Voir : habitatplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighabitat
Au sens commun, c’est le milieu de vie d’une population d’une espèce, dans lequel les individus trouvent un abri et suffisamment de ressources pour se nourrir et se reproduire., réintroduction d'espècesplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigréintroduction d'espèces
Apport de spécimens d’une espèce disparue (végétale ou animale) d’une partie de son aire de répartition, en vue d’y reconstituer une population viable..