Table des matières
panspermie
Hypothèse selon laquelle la vie sur Terre serait due à des germes et à des spores venues de l’espace.
n. f.
Voir : sporeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigspore
Cellule pouvant donner un nouvel individu, chez les végétaux, les champignons et les bactéries..
Informations complémentaires
D’après la théorie actuelle de la panspermie, les premières formes vivantes (moléculaires ou cellulaires) seraient arrivées sur notre planète, véhiculées par des météorites. Mais, de ce point de vue, la question de l’origine de la vie est seulement déplacée plus loin dans le temps et l’espace, à l’échelle de l’univers ! En fait, sans expliquer l’origine même de la vie, la théorie dit qu’elle serait apparue quelque part dans l’Univers, puis qu’elle se serait disséminée.
Récemment, le télescope James Webb a détecté dans l’espace interstellaire le cation méthyle CH3+ qui permet de former des structures chimiques plus complexes, indispensables à l’apparition du vivant.
Voir : cationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcation
Atome, molécule, ayant cédé un ou plusieurs électrons, portant une ou plusieurs charges électriques positives., disséminationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdissémination
Dispersion d’animaux ou de parties d’individus végétaux (diaspore), pouvant conduire à de nouvelles générations dans l’aire de l’espèce ou à l’extérieur de celle-ci., vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigvivant [alias]
Voir : monde vivant..
Remarque linguistique et/ou historique
La question de l’origine de la vie peut être abordée sous de nombreux angles. Sur cette question, l’aspect historique permet de montrer que certaines théories peuvent résister des siècles tant que des expériences scientifiques bien conduites ne les ont pas écartées, tout en faisant place à de nouvelles incertitudes.
Les réflexions autour de la question de l’origine de la vie ont toujours été accompagnées de celles autour de l’évolution des espèces, même si les philosophes de l’Antiquité ne se posaient pas les questions dans les mêmes termes. On se reportera aussi à l’entrée « évolution de la nature ».
Voir : évolution de la natureplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigévolution de la nature
Ensemble des transformations au cours du temps, de la nature en général (atmosphère, sols, paysages, nappes phréatiques, etc.), ou des êtres vivants ou disparus (les dinosaures, par exemple)..
Génération spontanée et « soupe primordiale »
Le terme panspermie (et l’idée qu’il recouvre) n’est pas nouveau ! Vers 500 av. J.–C., on peut citer Anaxagore (philosophe grec, né vers 500 av. J.–C) qui, dans sa cosmogonie, énonce l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait avoir des origines non terrestres, théorie qu’il qualifie de panspermie.
Origine de la thèse de la génération spontanée
Plus tard, Aristote (né en 384 av. J–C.) fait mention de l’apparition spontanée de mites dans les lainages ou de souris dans les tas de vieux chiffons. Malheureusement, la thèse d’Aristote primera sur celle d’Anaxagore et elle va résister jusqu’au milieu du 18e siècle.
En effet, en 1648, le médecin et alchimiste flamand Jean-Baptiste Van Helmont place dans un placard des grains de blé mélangés à une chemise souillée de sueur humaine. Constatant qu’après 21 jours d’incubation de ce mélange, des rongeurs étaient apparus, il publie la méthode pour « créer » des souris. La méthode expérimentale manque encore de rigueur et l’on reste persuadé que la vie naît spontanément à partir de la matière inerte.
Le naturaliste Buffon (1707-1788), grand observateur de la nature, était encore convaincu de la génération spontanée.
Il faut attendre Louis Pasteur, en 1865, qui trancha expérimentalement le débat sur la génération spontanée.
Voir : être vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigêtre vivant
Entité formée d’une ou plusieurs cellules, qui dès son début d’existence possède un métabolisme qui lui permet d’être actif ; sa mort le rend inactif (inerte)., générationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggénération
Ensemble des individus d’une des phases (deux en général, diplophase et haplophase) d’un cycle de développement d’une espèce., inerteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biginerte
Se dit d’un organisme sans mouvement..
Soupe primordiale et génération spontanée
Darwin (au milieu des années 1800), contemporain de Pasteur, sans avoir traité précisément de la question de l’apparition de la vie, pensait que les premiers êtres vivants devaient être des formes très simples comme des microorganismes et que tous les êtres vivants sont issus d’un ancêtre commun. C’est Ernst Haeckel (1877) qui, pour illustrer la généalogie de l’homme, représente un arbre du vivant avec les « Protozoa » à la base de l’arbre (voir l’entrée « animalité de l’homme »).
Mais c’est en 1839 que Matthias Schleiden et Theodor Schwann avaient déjà formulé la théorie que «tous les êtres vivants, animaux et végétaux, sont constitués de cellules».
En 1924, le biochimiste russe Alexandre Ivanovitch Oparine émit l’hypothèse qu’une première cellule vivante était née dans une «soupe primordiale » riche en composés carbonés synthétisés à partir du méthane. L’idée était que des composés pré-biotiques se combinent et donnent une matière organique inanimée. Ensuite, se mettent en place des réactions biochimiques, et des mécanismes d’autoréplication, d’autoassemblage, et d’autocatalyse. Puis, apparaissent les premières cellules, entités entourées d’une membrane cellulaire rudimentaire (bicouche phospholipidique) qui enferme quelques macromolécules : ARN et ADN.
Pour étudier expérimentalement les mécanismes de l’origine de la vie, il réalisa, en milieu aqueux, par l’agrégation moléculaire, de composés organiques, des gouttelettes microscopiques sphéroïdale (des coacervats). Sa théorie était que des coacervats auraient été une étape préliminaire à l’apparition des premières cellules procaryotes.
En 1953, le chimiste américain Stanley Miller testa expérimentalement l’idée d’Oparine. Il soumit un mélange de méthane (CH4), d’hydrogène, d’ammoniac et d’eau à des décharges électriques, et il obtint quatre acides aminés, des premières « briques du vivant ». L’importance du facteur énergétique dans le processus d’apparition de la vie est alors prise en compte. L’expérience fut critiquée en raison du fait que l’atmosphère primitive ne contenait que peu de méthane, et qu’en outre, le méthane étant déjà un composé organique produit par les êtres vivant à la suite d’une fermentation, cela pouvait fausser les conclusions. Stanley Miller remplaça ce gaz le dioxyde de carbone, et n’obtint que de très faibles rendements en acides aminés.
Depuis, jusqu’à aujourd’hui, avec des conditions plus proches de ce qu’elles étaient il y a quelques milliards d’années, toutes les expériences conduites sur le sujet n’ont pas permis de recréer la vie.
Voir : acide aminéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigacide aminé
Molécule organique possédant une fonction amine (NH2) et une fonction acide (COOH) portées par le même atome de carbone., ammoniacplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigammoniac
Molécule composée d’un atome d’azote (N) et de trois atomes d’hydrogène (H), de formule chimique NH3, existant à l’état gazeux dans les conditions de température et de pression qui règnent sur Terre., animalité de l’hommeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganimalité de l’homme
Ensemble des caractères propres aux animaux qui font que l’homme appartient à ces derniers., arbre du vivantplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigarbre du vivant
Représentation métaphorique des liens de parenté entre espèces, montrant l’évolution des espèces., atmosphèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigatmosphère
Enveloppe gazeuse qui entoure la Terre, mais également plusieurs corps célestes., celluleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcellule
Unité biologique de base de tout organisme, réduite à elle-même chez les protozoaires et les protophytes, ou associée à d’autres ayant la même structure et la même fonction pour constituer un tissu, chez les pluricellulaires végétaux comme animaux., coacervatplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcoacervat
Gouttelette microscopique, sphéroïdale, obtenue expérimentalement, en milieu aqueux, par l’agrégation moléculaire de composés organiques., dioxyde de carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdioxyde de carbone
Corps composé, formé de l’association d’un atome de carbone (C) avec deux atomes d’oxygène (O), gazeux dans les conditions de température et de pression régnant sur Terre., eauplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigeau
Substance chimique dont la molécule (H2O) qui, par ses caractéristiques physico-chimiques, possède de multiples fonctions tant dans le monde vivant que dans le monde inerte., gazplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biggaz
Corps se trouvant dans un état combinant fluidité, compressibilité et expansibilité de la matière, ou état de la matière dont les constituants élémentaires (atomes, molécules, ions, complexes) sont libres dans l’intervalle de deux collisions., hydrogèneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighydrogène
Nom couramment donné à la molécule formée de deux atomes d’hydrogène, le nom exact étant le dihydrogène (H2), mais qui est aussi appelée « hydrogène moléculaire », ou « gaz-hydrogène »., méthaneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigméthane
Corps composé, dont les molécules sont formées de l’association d’un atome de carbone et de quatre atomes d’hydrogène (de formule CH4), gazeux dans les conditions de température et de pression qui règnent sur Terre., microorganismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmicroorganisme
Organisme visible seulement au microscope., procaryoteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprocaryote
Organisme généralement unicellulaire, dont le matériel génétique est constitué d’ADN, mais sans existence d’un noyau..
« La création » selon Guy de Maupassant
Guy de Maupassant (1850-1893) est un écrivain français ayant publié plusieurs nouvelles ; l’une d’elle, « Amour » (publiée dans le recueil intitulé « Le Horla »), a pour cadre un marécage. Le narrateur explique sa fascination pour les marais et, après s’être demandé ce qui faisait « ressembler les marais à des pays de rêve, à des pays redoutables, cachant un secret inconnaissable et dangereux », il dit : « Non. Autre chose s’en dégage, un autre mystère, plus profond, plus grave, flotte dans les brouillards épais, le mystère même de la création peut-être ! Car n’est-ce pas dans l’eau stagnante et fangeuse, dans la lourde humidité des terres mouillées sous la chaleur du soleil, que remua, que vibra, que s’ouvrit au jour le premier germe de vie ? »
Voilà la « soupe primordiale » présentée de belle façon… à l’époque de Darwin, avant Oparine ! N’y a-t-il pas là, un peu d’avance sur la science ? Peut-être qu’Oparine avait lu Maupassant ( !) ?