Table des matières
droit de la mer
Définition
Ensemble de règles relatives à l’utilisation des espaces maritimes par les sujets du droit international, au premier rang desquels figurent les États.
e. m.
Informations complémentaires
Les règles relatives à l’utilisation des espaces maritimes sont couvertes par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Celle-ci définit un régime de droit global pour les océans et les mers. Elle établit aussi des règles détaillées touchant toutes les utilisations des océans et l’accès à leurs ressources, l’objectif étant de disposer d’outils juridiques pour lutter contre les causes anthropiques de la fragilisation des océans.
Voir : anthropiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganthropique
Qui est relatif à l’homme., Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, fragilisation des océansplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfragilisation des océans
Déstabilisation des équilibres physiques, chimiques et biologiques des océans, résultant de la globalité des activités humaines..
Quelques dates pour la gouvernance des océans
Les conventions et traités internationaux actuels assurant la gouvernance des océans sont l’aboutissement d’un long processus.
1930 : Conférence de La Haye
Lors de la Conférence de La Haye, la Société des Nations (SDN) avait pour objectif de faire émerger un droit de la mer, mais ce fut un échec, les États ne parvenant pas à s’entendre sur ce qu’était la mer territoriale.
Rappelons que la SDN est l’organisation qui a précédé l’Organisation des Nations Unies (ONU). Elle a été créée pendant la Première Guerre mondiale.
1958 (a) : Première Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM)
Lors de la première Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer (1958 à Genève, en Suisse) fut adoptée la Convention sur la mer territoriale et la zone contiguë. Il ne faut pas confondre avec la première conférence des Nations Unies sur les océans, organisée en 2017 à New York (voir plus bas).
1958 (b) : Création de l’Organisation maritime internationale (OMI)
L’OMI est chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes et de prévenir la pollution des mers et de l’atmosphère par les navires.
C’est l’autorité mondiale chargée d’établir des normes pour la sécurité, la sûreté et la performance environnementale des transports maritimes internationaux.
1960 : Création de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO
La COI a pour mission de favoriser la coopération internationale dans les domaines des sciences de la mer afin d’améliorer la gestion des océans, des côtes et des ressources marines, de contribuer à la conservation et la protection des environnements marins, et à l’atténuation des risques.
La Commission est responsable de la coordination de la Décennie pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030).
1968 : Comité des utilisations pacifiques du fond des mers et des océans
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution créant un Comité des utilisations pacifiques du fond des mers et des océans au-delà des limites de la juridiction nationale.
1970 : Traité interdisant de placer des armes nucléaires sur le fond des mers
En 1970, ce fut l’adoption d’un traité interdisant de placer des armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive sur le fond des mers et des océans ainsi que dans leur sous-sol, et adoption d’une Déclaration de principes juridiques régissant les utilisations du fonds des mers et de ses ressources.
1973 : Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires
C’est en 1973, que l’Organisation maritime internationale (OMI) a adopté la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL). Cette Convention couvre les pollutions par les :
- hydrocarbures ;
- substances liquides nocives transportées en vrac ;
- substances nuisibles transportées par mer en colis ;
- eaux usées des navires ;
- ordures.
Cette convention porte aussi sur la prévention de la pollution de l’atmosphère par les navires.
Voir : hydrocarbureplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighydrocarbure
Composé ne contenant que du carbone (C) et de l’hydrogène (H), de formule moléculaire (CnHm)..
1982 : Adoption de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM)
La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (en anglais : UNCLOS pour United Nations Convention on the Law of the Sea) résulte de la remise en cause par les pays en voie de développement de certaines des règles fixées par les textes adoptés lors de la première conférence des Nations unies sur le droit de la mer (voir ci-dessus).
Jusqu’à aujourd’hui, c’est autour de cette convention que la gouvernance marine s’est progressivement structurée, mettant en place des obligations concernant les différents espaces marins (mers territoriales, zones économiques exclusives (ZEE) ou encore haute mer).
1994 : Autorité internationale des fonds marins (AIFM)
La CNUDM a mis en place, en 1994, l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) qui encadre l’exploitation des ressources minérales des fonds marins dans les zones au-delà des juridictions nationales.
Voir : AIFMplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigAIFM [alias]
Voir : Autorité internationale des fonds marins., fond marinplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfond marin [alias]
Voir : plancher océanique..
1995 : Création du programme d'action mondial pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres
C’est le PNUE qui est à l’origine du Programme d’action mondial pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités terrestres. C’est le seul mécanisme intergouvernemental mondial qui étudie le lien entre les écosystèmes terrestres, d’eau douce, côtiers et marins.
2014 : Création de la Plateforme Océan & Climat (Poc), sous l'égide de l'Unesco
La Poc vise à intégrer l’océan au cœur des réflexions pédagogiques sur le climat en favorisant la réflexion et les échanges entre la communauté scientifique, la société civile et les décideurs politiques afin de mieux tenir compte de l’océan dans la lutte contre les changements climatiques.
Voir : changement climatique anthropiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigchangement climatique anthropique
Ensemble des modifications climatiques trouvant leur origine dans les activités humaines., Unescoplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigUnesco
Nom de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture..
2017 : Première conférence des Nations Unies sur les océans
La première conférence des Nations Unies sur les océans, organisée en 2017 (New York), avait souligné l’urgence de lutter contre la pollution marine, le réchauffement océanique et la surpêche. Ce fut la première conférence internationale consacrée à la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 sur la conservation et l’utilisation durable des océans, des mers et des ressources maritimes pour le développement durable.
Voir : objectif de développement durableplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigObjectif de développement durable
Un des dix-sept objectifs fixés par l’Organisation des Nations Unies (ONU), donnant un cadre mondial visant à remettre l’humanité sur la voie de la durabilité à l’horizon 2030, adoptés en 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies., pollutionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpollution
Dégradation de la qualité de l’eau, de l’air ou des sols, et de l’environnement en général, par l’action d’un ou de plusieurs agents physiques, chimiques ou biologiques., réchauffement océaniqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigréchauffement océanique
Élévation de la température moyenne à des eaux océaniques., surpêcheplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigsurpêche
Exploitation excessive des ressources animales naturelles des milieux aquatiques..
2021 (a) : Décennie des Nations unies pour l’océan (2021-2030)
Le nom complet de cette initiative est : « Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable ». C’est une initiative des Nations Unies, pour la période 2021-2030, dont l’objectif est de mettre les sciences océanographiques au service de la conservation et l’exploitation durable de l’océan, des mers et des ressources marines.
Voir : Décennie pour l’océanplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigDécennie pour l’océan
Initiative des Nations Unies, pour la période 2021-2030, dont l’objectif est de mettre les sciences océanographiques au service de la conservation et l’exploitation durable de l’océan, des mers et des ressources marines..
2021 (b) : Mission européenne « Régénérer notre océan et nos eaux »
Lancée par la Commission européenne « Régénérer notre océan et nos eaux » a 3 objectifs majeurs :
- protéger et restaurer les écosystèmes aquatiques et la biodiversité ;
- prévenir et éliminer la pollution ;
- rendre l’économie bleue de l’UE neutre en carbone et circulaire.
2022 : Premier sommet sur l’océan et Conférence sur les océans
Les Sommets sur les océans sont des réunions de chefs d’États et d’acteurs divers de la société, organisées par l’ONU, ayant pour objectif l’élaboration d’un cadre réglementaire pour la haute mer. Ce premier sommet, organisé à Brest (France), en janvier 2022 avait pour objectif de préparer la Conférence des Nations unies sur les océans, devant se tenir la même année à Lisbonne (Portugal), les thèmes abordés étant :
- changements climatiques et océan ;
- alimentation (ressources halieutiques et aquaculture) ;
- grands fonds océaniques, pollutions ;
- océan polaire ;
- aires marines protégées ;
- océan numérique ;
- ADN environnemental.
Voir : ADN environnementalplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigADN environnemental
Ensemble de fragments d’ADN trouvés dans un environnement particulier (océans, eaux usées, sols, etc.), analysés par les techniques de biologie moléculaire dans le but identifier les espèces les y ayant laissé., aire marine protégéeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigaire marine protégée
Espace délimité en mer ou du littoral visant à assurer sur le long terme la conservation des écosystèmes et à permettre une gestion durable des activités maritimes., aquacultureplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigaquaculture
Élevage d’espèces animales aquatiques (poissons, coquillages, etc.), ou culture d’algues., ressource halieutiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigressource halieutique
Ensemble d’organismes aquatiques (animaux ou algues), vivant en mer ou en eau douce, pêchés ou récoltés par l’homme..
2023 : Traité international de protection de la haute mer
L’AIFM (Autorité internationale des fonds marins) a défini le premier traité international de protection de la haute mer. Il est conforme à la CNUDM. L’exploitation commerciale à venir devrait être assujettie au versement de redevances à partager avec des pays en développement qui n’ont pas les moyens de se lancer dans la course aux grands fonds, et à ceux qui risquent de pâtir des extractions minières dans l’océan.
Voir : haute merplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighaute mer
Zone maritime qui n’est sous l’autorité d’aucun État, comprenant les fonds marins, la colonne d’eau et la surface de cette zone..
2025 : Troisième Sommet sur l’océan (UNOC 3) et Ipos
Co-organisée par la France et le Costa Rica, la troisième conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC 3, pour United Nations Ocean Conference 3) s’est tenue à Nice (France). À cette occasion, le projet Ipos (International Platform for Ocean Sustainability, c’est-à-dire Plateforme Internationale pour la Durabilité de l’Océan) a été officiellement lancé.
Voir : durabilitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdurabilité
Concept de développement qualifiant la possibilité pour une économie, ou pour l’environnement en général, de ne pas se dégrader dans la durée., Iposplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigIpos
Coalition regroupant experts, scientifiques, et société civile ayant pour ambition d’agir pour un océan durable, en adressant des recommandations pour sa préservation aux dirigeants du monde entier.
Autres outils onusiens de protection des océans
Les Nations Unies ont mis en place une institution spécialisée dans la sécurité et la sûreté des transports maritimes et la prévention des pollutions des mers par les navires qui est l’Organisation maritime internationale (OMI). L’OMI a élaboré et adopté un certain nombre de mesures de lutte contre la piraterie
On peut signaler aussi que chaque année, les Nations Unies célèbrent à la date du 8 juin la Journée mondiale de l’océan.
Voir : Organisation maritime internationaleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigOrganisation maritime internationale
Institution spécialisée de l’Organisation des Nations Unies (ONU), créée en 1958, chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes et de prévenir la pollution des mers et de l’atmosphère par les navires..
Réflexion pédagogique
Comme dit plus haut, l’adoption en 1982 de la CNUDM a été l’aboutissement d’un long processus, et encore plus long pour le traité international de protection de la haute mer. Même si on peut se réjouir des progrès du droit international, on ne peut que constater que la dégradation des océans empire. Il suffit de penser aux immenses vortex marins de déchets, ou encore à l’acidification des océans !
Exercice du sens critique
C’est en partant du constat de l’aggravation de l’état de la planète, que les Cop des différentes Conventions onusiennes sont systématiquement critiquées par de nombreuses ONG, pour n’être que l’occasion de palabres sans efficacité.
Un des éléments de cette critique est que la grande diversité des organisations qui interviennent dans le processus d’élaboration des traités et des conventions conduit à la redondance de nombreuses démarches et, sans doute, à ce constat d’une faible efficacité.
En effet, l’élaboration des traités et conventions doit tenir compte des réalités économiques, sociales et géopolitiques de chaque région du monde, ce qui implique des gestions spécifiques des écosystèmes et des ressources rencontrés dans chacune des régions. En conséquence, des structures « administratives » internationales, et régionales adaptées à ces gestions différenciées ont vu le jour. Cette situation est valable aussi bien pour les océans que pour les continents. Faire travailler ensemble ces différentes structures n’est clairement pas simple et pourtant indispensable. C’est la gouvernance de la planète qui n’est faite que de petits pas.
Ces considérations ne sont évidemment qu’un élément du débat.
Réfléchir au thème de la gouvernance, à partir des océans, permet donc un bon exercice du sens critique.
Voir : Copplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigCOP [alias]
Voir : Conférence des parties., vortex marins de déchets.