Table des matières
vortex marin de déchets
Définition
Immense zone marine d’accumulation de déchets plastiques, en surface de certains océans, formée sous l’effet de courants marins décrivant un gigantesque tourbillon.
e. m. (lat. vortex, tourbillon).
syn. : gyre de déchets, continent de plastiques.
Voir : courant marinplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcourant marin
Déplacement d’eau de mer caractérisé par sa direction, sa vitesse et son débit., déchetplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdéchet
Ce qui reste d’une matière, d’un objet, après son emploi., plastiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigplastique
Matériau polymère artificiel aux usages multiples, peu dégradable dans la nature, produit en général à partir d’hydrocarbures..
Informations complémentaires
On connaît cinq vortex : océans Atlantique nord et sud, océans Pacifique nord et sud, océan indien. Les courants s’enroulent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord, et en sens inverse dans l’hémisphère sud. Les Américains appellent la grande plaque d’ordures du Pacifique Nord, la Great Pacific Garbage Patch (GPGP).
Toutefois, il y a d’autres zones d’accumulation qui ont d’autres causes que des vortex. L’océan Arctique montre une zone d’accumulation de déchets, portés par un courant marin de surface qui conduit les eaux chaudes de l’Atlantique tropical vers l’Europe du Nord. En outre, la Méditerranée, qui est une mer fermée, est une zone d’accumulation de déchets.
Fig. : Situation géographique des vortex marins de déchets et sens des courants.
Constitution de ces vortex
On parle souvent de continent de plastique. Celui du nord de l’océan Pacifique est de la taille d’un tiers des États-Unis ou de six fois la France. Plutôt que de continents, il s’agit de suspensions faites d’éléments de tailles variées, dont une infinité de micro-plastiques, d’un diamètre inférieur à 5 mm, entre la surface et 30 mètres de profondeur.
Voir : micro-plastique.
Origine des déchets
Les sociétés humaines produisent de plus en plus de déchets. 80 % des déchets arrivent à la mer par les cours d’eau et les vents, le restant, à la suite de naufrage, etc. Les déchets non dégradables (plastiques, en particulier) sont alors dispersés par les courants marins vers :
- les vortex, où les déchets se stockent, plus ou moins finement fragmentés (jusqu’aux nanoparticules) à la suite de transformations physico-chimiques (sel, rayonnement UV solaire, par exemple) et d’agitations mécaniques (vagues, vents) ;
- les côtes ;
- les profondeurs, pour les déchets ayant gagné en densité après transformation de leur structure.
Voir : nanoparticuleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bignanoparticule
Particule en suspension de taille inférieure à 100 nanomètres, comprenant quelques centaines à quelques milliers d’atomes., rayonnement UVplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigrayonnement UV [alias]
Voir : rayonnement ultraviolet..
Conséquences de l'existence des vortex
On ignore quel impact environnemental ces vortex peuvent avoir à moyen et à long terme.
Nocivité de ces déchets
Une certitude est que ce phénomène entraîne la mort de nombreux animaux ayant ingéré certains déchets comme les plastiques. Des pourcentages élevés de tortues, d’oiseaux, de cétacés, et aussi de nombreuses autres espèces, contiennent des plastiques divers dans leur tube digestif.
Les vortex : habitats pour organismes vivants
Certains considèrent que parler de «continent» de plastique a l’inconvénient de laisser penser qu’il pourrait être facile de récolter et d’éliminer ces déchets, alors qu’il s’agit essentiellement d’une suspension de microparticules insaisissables, même si des objets de tailles importantes s’y trouvent.
D’autres préfèrent parler de plastisphère et évoquer les écosystèmes qui se créent en haute-mer, à la surface des particules, par la colonisation par diverses espèces, depuis les micro-organismes à des organismes complexes : anémones, algues, balanes, moules.
Les chercheurs ont qualifié ces communautés de faunes et de flores d’organismes néopélagiques (gr. néos, nouveau, et pélagos, haute-mer). Il s’agit souvent d’espèces côtières qui se sont propagées en haute mer.
Voir : habitatplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighabitat
Au sens commun, c’est le milieu de vie d’une population d’une espèce, dans lequel les individus trouvent un abri et suffisamment de ressources pour se nourrir et se reproduire., haute merplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighaute mer
Zone maritime qui n’est sous l’autorité d’aucun État, comprenant les fonds marins, la colonne d’eau et la surface de cette zone., pélagiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigpélagique
Relatif à la haute mer., plastisphèreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigplastisphère
Ensemble planétaire de tous les fragments plastiques résultant de la dégradation progressive des déchets de plastiques à la surface des milieux aqueux (océans, fleuves, lacs, etc.), ou solides continentaux, formant de nouveaux biotopes artificiel..
Dégradation des déchets en mer
En 100 ans, les quantités stockées dans ces zones ont considérablement augmenté. Cela nous impose d’améliorer notre gestion des déchets (collectage, tri sélectif, recyclage, etc.). La vitesse de dégradation des déchets varie en fonction de leur nature (plastique ou autre). L’ordre de grandeur de leur dégradation en mer est de :
- quelques semaines pour les papiers de toilette et les journaux ;
- 1 à 5 mois pour les boîtes en carton ou les «briques» de lait ;
- 1 an pour les mégots ;
- 1 dizaine d’année pour le bois peint ;
- 1 cinquantaine d’années pour les objets en polystyrène ;
- plusieurs siècles pour les objets en plastique.
Découverte de champignons dégradant les plastiques
Des chercheurs ont récemment montré expérimentalement qu’un champignon marin Parengyodontium album pouvait dégrader efficacement certains plastiques, à condition que ceux-ci aient été préalablement exposés au rayonnement ultraviolet. Cette nécessité d’une exposition aux UV signifie que ce champignon ne peut s’attaquer aux déchets plastiques complètement immergés.
Remarque linguistique et/ou historique
La première zone de déchets flottants, principalement des plastiques, a été découverte dans l’océan Pacifique, en 1997, par le navigateur Charles Moore. C’est dire si l’accumulation est largement antérieure à cette découverte.
La version anglaise de cette expression est le «Great Pacific Garbage Patch» (GPGP).
