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respiration [Planète Vivante en Anthropocène]

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respiration

Définition

Sens 1

Ensemble de phénomènes permettant aux organismes végétaux et animaux de prélever dans le milieu ambiant, le dioxygène (O2) et d’y rejeter le dioxyde de carbone (CO2) qu’ils produisent.

Sens 2 (respiration cellulaire aérobie)

Processus biochimique intracellulaire, impliquant la consommation de dioxygène (O2), la production de dioxyde de carbone (CO2) et d’eau (H2O), qui permet la dégradation complète du glucose par oxydation, et la production de l’énergie nécessaire au métabolisme cellulaire.

Sens 3 (respiration cellulaire anaérobie)

Processus biochimique intracellulaire, produisant l’énergie nécessaire au métabolisme cellulaire, se faisant sans consommation de dioxygène mais avec oxydation d’une substance minérale et nécessitant des chaînes de transport d’électrons.

n. f. (lat. respiratio).

Voir : aérobieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigaérobie

Organisme vivant en présence d’oxygène.
, anaérobieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganaérobie

Micro-organisme vivant en absence de dioxygène.
, dioxyde de carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdioxyde de carbone

Corps composé, formé de l’association d’un atome de carbone (C) avec deux atomes d’oxygène (O), gazeux dans les conditions de température et de pression régnant sur Terre.
, dioxygèneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdioxygène

Corps simple, formé de l’association de deux atomes d’oxygène (O), gazeux dans les conditions de température et de pression régnant sur Terre.
, eauplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigeau

Substance chimique dont la molécule (H2O) qui, par ses caractéristiques physico-chimiques, possède de multiples fonctions tant dans le monde vivant que dans le monde inerte.
, glucoseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, métabolismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, oxydationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Informations complémentaires

La respiration est un phénomène qui prend une part importante dans la dégradation de la biomasse générée par l’ensemble des êtres vivants. Elle libère du dioxyde de carbone (CO2) et de l’eau (H2O), qui interviennent respectivement dans les cycles de l’eau et du carbone.

Voir : biomasseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigbiomasse

Masse de l’ensemble des êtres vivants présents dans un espace déterminé, à un moment donné.
, cycle de l'eauplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, cycle du carboneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

La production d’énergie chez les organismes vivants

Chez les organismes vivants, les voies métaboliques qui libèrent de l’énergie sont :

  • la fermentation : elle dégrade partiellement le glucose en l’absence de dioxygène et de chaîne de transport d’électrons ;
  • la respiration aérobie : cette voie implique le dioxygène, des molécules organiques et des chaînes de transport d’électrons ;
  • la respiration anaérobie : cette voie n’implique pas le dioxygène, mais des molécules organiques qui fournissent des électrons à des chaînes de transport, l’accepteur final étant une substance minérale.

La respiration aérobie est celle qui est la plus répandue parmi tous les organismes ; c’est celle que nous développerons plus loin. La respiration anaérobie n’est que marginale, mais nous en dirons quelques mots ci-dessous avec la sous-rubrique « La respiration anaérobie ». Elle ne doit pas être confondue avec la fermentation, comme c’est souvent le cas dans la littérature. La fermentation a sa propre entrée dans ce glossaire.

Voir : fermentationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

La respiration anaérobie

La respiration anaérobie est un mécanisme dans lequel l’oxydation implique, non pas le dioxygène mais une substance minérale qui accepte les électrons, par exemple :

  • l’ion nitrate : NO3- étant réduit en NO2-, et celui-ci en diazote (N2) ou en ammoniac (NH3) ;
  • l’ion sulfate : SO42- est réduit en SO32-, et celui-ci en S2- (qui correspond au gaz H2S qui sent l’œuf pourri !) ;

L‘espèce chimique qui est réduite peut également être :

  • le dioxyde de carbone qui avec de l’hydrogène donne du méthane (CH4).

Comme dans la respiration aérobie, les électrons sont transférés à une chaîne de transporteurs qui engendre un gradient de protons utilisés dans la synthèse d’ATP.

Voir : ATPplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, électronplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, gradientplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, méthaneplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigméthane

Corps composé, dont les molécules sont formées de l’association d’un atome de carbone et de quatre atomes d’hydrogène (de formule CH4), gazeux dans les conditions de température et de pression qui règnent sur Terre.
, nitrateplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, nitriteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, protonplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigproton

Nom donné à l’ion hydrogène (H+) en solution aqueuse, résultant de la perte de son électron unique par l’atome d’hydrogène.
.

La respiration aérobie des organismes pluricellulaires

Pour les organismes pluricellulaires, la respiration cellulaire n’est possible que s’il y a des échanges gazeux dans les deux sens, entre l’extérieur et l’intérieur des organismes. Les échanges consistants :

  • au prélèvement de dioxygène dans le milieu extérieur (air ou eau) ;
  • au rejet du dioxyde de carbone (CO2) produit par la respiration cellulaire.

Les mécanismes varient selon le règne (animal ou végétal), la taille des organismes et les milieux dans lesquels ils vivent.

Animaux

Les organes impliqués dans les échanges gazeux respiratoires sont plus ou moins complexes en fonction de la taille des animaux :

  • petits animaux : les échanges se font directement au niveau de la peau. C’est le cas, par exemple, pour les vers de terre (lombric), chez lesquels il n’existe aucun organe spécialisé, mais un épiderme mince fait d’une seule couche de cellules, recouvert d’une fine cuticule et de mucus, le tout perméable au dioxygène et au dioxyde de carbone ;
  • taille plus importante : les échanges nécessitent des organes spécifiques (branchies, poumons, etc.) complétant les échanges gazeux tégumentaires.

L’oxygène, une fois à l’intérieur des organismes, est apporté aux cellules par un fluide (sang et/ou lymphe, selon les espèces). Souvent, une molécule, l’hémoglobine, contenue ou non dans des globules rouges (hématies), sert de transporteur du dioxygène. Le dioxyde de carbone (CO2) produit par la respiration cellulaire est transporté au niveau de la surface épithéliale d’échange (les alvéoles pulmonaires, par exemple). Ce transport est également effectué par l’hémoglobine (pour 30 %) ou sous forme dissoute dans le sang et la lymphe (pour 60 %).

Voir : épidermeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, perméableplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Végétaux

La cuticule présente à la surface des épidermes végétaux limite les échanges gazeux. Sous les épidermes, des lacunes aérifères communiquent avec l’extérieur par des pores stomatiques, dont l’ouverture ou la fermeture contrôle les échanges gazeux.

Voir : cuticuleplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcuticule

Couche protectrice externe de végétaux (en particulier des feuilles de plantes supérieures), comme d’animaux (insectes et crustacés), apportant dureté et imperméabilité relatives aux organes qui en sont recouverts.
, stomateplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

La respiration cellulaire aérobie

Cellules eucaryotes

La respiration cellulaire apporte aux cellules l’énergie nécessaire à tout leur métabolisme. La respiration cellulaire se déroule au sein des mitochondries qui sont des organites de quelques micromètres, répartis dans le cytoplasme. La respiration cellulaire nécessite plusieurs étapes :

  • la glycolyse : c’est une étape préalable à la respiration proprement dite. Il s’agit de la dégradation du glucose (molécule à six atomes de carbone), en deux molécules à trois atomes (acide pyruvique). La glycolyse ne nécessite pas d’O2 et se déroule à l’extérieur des mitochondries, dans le hyaloplasme. Cette première phase produit peu d’ATP ;
  • le cycle de Krebs : c’est la première phase de la respiration cellulaire. Les molécules d’acide pyruvique produites par la glycolyse pénètrent dans les mitochondries, où elles sont le substrat de départ d’une suite de réactions enzymatiques qui les dégradent en dioxyde de carbone (CO2), tout en réduisant d’autres molécules. À ce stade, il n’y a toujours pas eu consommation de dioxygène (O2). Les six atomes de carbone du glucose se retrouvent ainsi dans six molécules de CO2. C’est ce qu’il est convenu d’appeler la minéralisation du carbone organique ;
  • la production d’ATP : les molécules réduites au cours du cycle de Krebs sont à l’origine d’un processus complexe qui se déroule au niveau des crêtes de la membrane interne des mitochondries. Les molécules réduites donnent leurs électrons à une chaîne de molécules qui les transportent jusqu’au dioxygène (O2), qu’elles réduisent. Ensuite, l’oxygène réduit et les protons présents dans la phase aqueuse de la mitochondrie forment de l’eau (H2O). C’est au cours de cette troisième phase que de l’ATP est produit en grande quantité (18 fois plus qu’au cours de la glycolyse). Cette énergie biochimique est directement utilisable par le métabolisme cellulaire.

Voir : cycle de Krebsplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, cytoplasmeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcytoplasme

Contenu cellulaire à l’exclusion du noyau, correspondant à l’ensemble du hyaloplasme et des organites.
, électronplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, glucoseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, glycolyseplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, hyaloplasmeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, métabolismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, micromètreplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmicromètre

Unité de longueur égale à un millionième de mètre représentée par le symbole µm.
, minéralisationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, mitochondrieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, organiteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigorganite 

Enclave cellulaire limitée par une membrane biologique, ayant une ou plusieurs fonctions particulières.
, réductionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Fig. : Structures et étapes simplifiées de la respiration cellulaire : exemple d’un animal à circulation sanguine.

Bactéries

Le concept de respiration cellulaire a été étendu à des processus existant chez des bactéries, donc à des systèmes cellulaires dépourvus de mitochondries. Dans ces cas, les molécules réduites, produites au cours du catabolisme des molécules organiques, donnent leurs électrons à une chaîne de transport (présente dans la membrane interne des bactéries) qui les conduit à un accepteur final d’électrons :

  • le dioxygène, chez des bactéries aérobies ;
  • les nitrates ou les sulfates, pour des bactéries anaérobies. C’est le cas, au cours du cycle de l’azote, avec la dénitrification qui s’opère dans les milieux anoxiques (sols ou milieux aqueux).

Voir : aérobieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigaérobie

Organisme vivant en présence d’oxygène.
, anaérobieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_biganaérobie

Micro-organisme vivant en absence de dioxygène.
, anoxieplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, catabolismeplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue, dénitrificationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue.

Les mitochondries

Les mitochondries sont délimitées par une enveloppe faite de deux membranes. La plus interne possède de multiples replis, les crêtes mitochondriales. Celles-ci sont le siège des réactions d’oxydo-réduction conduisant à la synthèse d’ATP, qui se fait grâce à l’ATP synthétase, complexe protéique ayant une fonction enzymatique. En microscopie électronique ce complexe apparaît sous forme de sphères pédonculées, la sphère étant positionnée dans la matrice de la mitochondrie.

La dégradation de l'acide pyruvique

Les molécules d’acide pyruvique formé dans le cytoplasme, par la glycolyse, pénètrent dans les mitochondries. C’est le point de départ d’une suite de réactions enzymatiques conduisant à des décarboxylations (par des décarboxylases) et des déshydrogénations (par des déshydrogénases).

Première décarboxylation

Chaque molécule d’acide pyruvique (molécule à trois atomes de carbone) subit une première décarboxylation et une première déshydrogénation.

Cycle de Krebs

La molécule à deux atomes carbone restante (groupement acétyle de l’acide pyruvique ; CH3-CO) se fixe sur une molécule en C4 (quatre atomes de carbone) présente dans la matrice mitochondriale, et issue du cycle Krebs. La molécule en C6 formée s’engage dans une suite de réactions. Tout d’abord deux décarboxylations sont associées à deux déshydrogénations. Le corps C4 obtenu subit deux autres déshydrogénations. Un nouveau cycle peut recommencer, avec fixation d’un groupement acétyle.

Bilan carbone

À la fin du cycle de Krebs, les six atomes de carbone d’une molécule de glucose se retrouvent dans six molécules de CO2.

En outre, par les déshydrogénations, le cycle de Krebs a formé des transporteurs d’hydrogène (TH2).

La production d'ATP

La réoxydation des transporteurs TH2 produits lors du cycle de Krebs se fait au niveau membrane des crêtes mitochondriales. Les TH2 cèdent leurs électrons à une chaîne de transporteurs présents dans cette membrane, la chaîne respiratoire. Le transfert des électrons de transporteur en transporteur libère une énergie qui va servir au transport actif des protons, de la matrice vers l’espace intermembranaire. Cet espace accumule ainsi des protons qui ont tendance à retourner vers la matrice, moins riche en protons. Le flux de retour des protons se fait par les canaux à protons des sphères pédonculées. L’énergie libérée au cours de ce transfert permet la phosphorylation de l’ADP par l’ATP synthétase présente au niveau de ces sphères et la formation d’ATP.

La réoxydation des transporteurs TH2 produits lors du cycle de Krebs et cette phosphorylation constituent ce que l’on appelle la phosphorylation oxydative.

La consommation de dioxygène

En fin de chaîne respiratoire, les électrons sont fixés par le dioxygène. C’est l’accepteur final. L’oxygène, ainsi réduit, réagit avec deux protons et forme de l’eau.