Table des matières
bisphénol
Définition
Composé chimique classé parmi les perturbateurs endocriniens.
n. m.
Voir : perturbateur endocrinienplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigperturbateur endocrinien
Substance d’origine naturelle ou non, susceptible d’interférer avec le système hormonal des espèces animales jusqu’à produire des effets nocifs..
Informations complémentaires
On connaît différents bisphénols que l’on distingue par une ou deux lettres (A, AF, AP, B, BP, C, E, F, etc.). Le plus connu est le A.
Depuis les années 1960, il entre dans la fabrication de nombreux objets de la vie courante, sous forme de :
- résines époxydes : pour le revêtement intérieur de canettes et boîtes de conserve, pour la fabrication d’équipements ménagers et de jardinage, de revêtements de sol, d’adhésifs ;
- polycarbonates : en particulier pour les objets utilisés dans l’alimentation et la boisson (récipients réutilisables, vaisselle en plastique).
Voir : plastiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigplastique
Matériau polymère artificiel aux usages multiples, peu dégradable dans la nature, produit en général à partir d’hydrocarbures..
Dangerosité
Des études scientifiques ont montré que l’on trouvait du bisphénol A dans les urines dans la quasi totalité des populations humaines occidentales. D’autres, sur des modèles expérimentaux animaux, ont montré que cette action se faisait à très faibles doses, celles auxquelles les organismes humains sont exposés par la nourriture et les boissons.
La dangerosité du bisphénol A (BPA) pour la santé est bien établie expérimentalement sur des animaux (rongeurs), depuis le début des années 2000 à la suite des travaux d’expertise de l’agence de sécurité sanitaire canadienne. On lui connaît de nombreux effets : neurotoxiques, cardiovasculaires, comportementaux et sur les systèmes reproducteurs (malformations, altérations de la fertilité), immunitaires, mais aussi une augmentation de la susceptibilité à certains cancers, au diabète et à l’obésité. L’exposition au BPA au cours de la vie fœtale et pendant la période périnatale est celle qui produit les effets sanitaires les plus évidents.
Voir : cancerplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigcancer
Prolifération cellulaire pathologique (tumeur maligne) au sein d’un organisme (humain ou animal)., diabèteplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdiabète
Maladie non transmissible correspondant à un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation se traduisant par un taux élevé de glucose dans le sang (hyperglycémie)., fertilitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfertilité
État d’un organisme (mâle ou femelle) pouvant donner une descendance viable et abondante par reproduction sexuée., obésitéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigobésité
Excès de masse grasse d’un organisme ayant des conséquences néfastes pour sa santé., système immunitaireplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigsystème immunitaire
Ensemble de moyens de défense d’un organisme contre toute intrusion, dans son milieu intérieur, de substances organiques étrangères ou d’organismes pathogènes (bactéries et virus)..
Réflexion développement durable
Interdiction
En Europe, ce n’est qu’en 2011, que le bisphénol A est interdit dans la fabrication des biberons, le principe de précaution n’ayant jamais joué jusque là. En France, depuis 2015, la fabrication, l’exportation, l’importation et la mise sur le marché de tout conditionnement alimentaire contenant du BPA sont interdites.
Dans certains pays, des lois se préparent pour interdire son utilisation dans les contenants pour aliments et pour boissons destinés aux jeunes enfants (moins de 3 ans). Toutefois, de nombreux pays échappent encore à toute régulation.
Voir : principe de précautionplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprincipe de précaution
Outil de gestion des risques vis à vis de dommages imprévisibles et incertains pour la santé humaine, pour la faune et la flore ou pour l’environnement, que ferait peser une action ou une politique donnée..
Réévaluation du BPA
Le fait que l’action du bisphénol A n’ait lieu qu’à faibles doses a constitué une difficulté dans le débat autour de sa dangerosité, puisqu’à fortes doses les effets disparaissent. Forts de ce fait, les industriels utilisant des tests (standards et anciens) basés sur l’idée qu’il y avait proportionnalité entre la dose et l’effet, arguaient que si à fortes doses il n’y avait pas d’effet, aux faibles il ne devait pas y en avoir non plus.
Face à des résultats publiés en 2015 par différentes équipes scientifiques, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) s’est engagée à procéder à une réévaluation du BPA.
Par ailleurs, des études sont en cours pour tester la dangerosité d’autres bisphénols en particulier, les B, F, et S.
Voir : Efsaplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigEFSA [alias]
Voir : Autorité européenne de sécurité des aliments..
Produits de substitution au BPA
Le BPS et le BPF sont utilisés comme substitut au BPA dans certaines fabrications, or des études sur des modèles expérimentaux montrent leur potentiel œstrogénique et leurs effets négatifs sur la production de testostérone, d’où les mêmes questions que pour le BPA, sur les risques encourus à la suite d’une exposition à ces produits au cours de la vie fœtale.
Des études faites sur l’animal montrent que la biodisponibilité du BPS (capacité à atteindre le flux sanguin et à y demeurer) est de 100 à 200 fois supérieure à celle du BPA, pour une même quantité absorbée. En outre, le BPS est moins bien éliminé. Ces résultats montrent l’importance des études préliminaires avant de donner les autorisations de mise sur le marché pour les nouveaux produits. Il semblerait que d’autres BP ont été utilisés en remplacement, mais sans qu’il y ait eu de véritables études toxicologiques.