Table des matières
lignée humaine
Définition
Ensemble de la série de tous les ascendants de l’homme, jusqu’à l’ancêtre que l’homme a en commun avec le chimpanzé.
e. f. (lat. linea, fil de lin, de linum, lin).
Informations complémentaires
Caractérisation des fossiles
Caractères morphologiques
Les caractères remarquables d’un fossile peuvent être des bourrelets au-dessus de la cavité des yeux, des canines acérées, etc. Pour chacun de ces caractères, on peut se demander s’il évoque-t-il plus celui d’un paléo-gorille que d’un préhumain ? Le choix entre les deux hypothèses est largement subjectif, d’autant que les fossiles sont la plupart du temps, incomplets et déformés par les forces géologiques au cours de leur fossilisation et les échantillons sont en nombre réduit. En effet, d’un point de vue statistique, le nombre de fossiles à l’échelle des millions d’années est très faible, renforçant les incertitudes, et plus on remonte dans le temps, plus rares sont les fossiles que l’on découvre. Ces incertitudes font que, même si la datation de chaque fossile est relativement précise, les ramifications de l’arbre humain restent des hypothèses.
Profils génétiques
Afin de déterminer les profils génétiques des fossiles trouvés, afin de les insérer dans la lignée humaine, les chercheurs n’ont plus seulement recours à l’ADN trouvé dans les fossiles, mais aussi à leurs protéines, la séquence des acides aminés qui les composent, correspondant à l’ADN qui les code. Les dernières découvertes dans ces domaines de la génétique mettent en avant certains métissages, en effet, des traces de gènes de l’homme de Néandertal et de Denisova ont été trouvées chez l’homme moderne. Ces métissages ce seraient produits en Eurasie, au Paléolithique supérieur, avec l’arrivée d’Homo sapiens, qui venait d’Europe du Sud-est où il était passé, venant du Proche-Orient.
Les progrès dans le domaine du génie génétique permettent de dire, pour les populations auxquelles appartenaient les fossiles, la nature des gènes associés à la peau, aux cheveux et aux yeux, ou encore aux groupes sanguins, et donc, par exemple, s’il s’agissait de migrants ayant quitté l’Afrique depuis peu.
Les études sur la diversité génétique sont chargées d’incertitudes, d’autant que ces premiers humains modernes formaient de petites populations de l’ordre de la centaine d’individus voir beaucoup moins.
Voir : acide aminéplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigacide aminé
Molécule organique possédant une fonction amine (NH2) et une fonction acide (COOH) portées par le même atome de carbone., ADNplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigADN
Macromolécule support de l’information génétique et de l’hérédité., fossilisationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigfossilisation
Processus physico-chimique subit par la matière organique (animale et végétale), mais aussi les endosquelettes et les exosquelettes d’animaux, piégés pendant des millénaires jusqu’à nos jours dans des sédiments., métissageplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigmétissage
Croisement de deux individus appartenant à deux communautés différentes (races, variétés) de la même espèce, qui donne naissance à des métis., protéineplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigprotéine
Substance organique résultant de la polymérisation de très nombreux acides aminés..
Chronologie
Sans chercher à refaire toute l’évolution humaine, voici quelques dates et une filiation approximative, puisque dates et filiations sont régulièrement contestées, repensées et affinées. En effet, chaque nouveau fossile découvert bouscule les arbres généalogiques déjà établis.
Toumaï
Fossile âgé de 7 Ma. Serait-il le plus vieil ancêtre de l’humanité marquant la séparation entre les chimpanzés et les hominidés ?
Lucy
Représentante des Australopithèques, âgée de 3,2 Ma. Elle pourrait appartenir à une branche latérale de celle conduisant à l’homme.
Homo habilis et Homo rudolfensis
Ces premiers représentants du genre Homo apparaissent vers - 2,5 Ma. Le nom du premier veut dire « homme habile », parce qu’il sait tailler la pierre. Le second doit son nom au lac Rudolph de l’Est Africain, aujourd’hui appelé Lac Turkana. Ils cohabitaient avec les Australopithèques, et d’autres espèces du genre Homo, situation conduisant à ne pas avoir une vue linéaire de l’évolution de la lignée humaine, comme pourrait le suggérer le terme de lignée lui-même. Ils disparaissent vers - 1,8 Ma.
Homo erectus
L’Homo erectus apparaît vers – 1,6 Ma et subsiste jusque vers – 140 000 ans. Son nom signifie « homme debout ». On le trouve en Asie centrale et orientale au paléolithique inférieur. H. erectus englobe des fossiles comme le Pithécanthrope et le Sinanthrope. On lui attribue la maîtrise du feu.
Aujourd’hui, on pense qu’avec Homo habilis ils se sont côtoyés pendant 500 000 ans. Certains scientifiques estiment qu’H. erectus descendrait plutôt d’H. ergaster que d’H. habilis. En effet, par sa taille plus importante, sa bipédie exclusive, sa forte capacité crânienne, ce dernier se rapproche de l’homme moderne. En outre, comme H. erectus, les H. ergaster étaient installés en Asie.
D’autres pensent qu’H. ergaster ne serait qu’un H. erectus.
Homo neanderthalensis
Il apparaît vers - 430 000 ans. Son nom vient de Neanderthal, nom de la vallée (thal) allemande où cet homme fut découvert (1856). Tout d’abord écrit (avec un h), le nom évolue en allemand et en français, et devient Néandertal, le nom scientifique H. neanderthalensis ne changeant pas. Très curieusement, le nom de cette vallée, attribué nettement avant la découverte des ossements, se traduit «vallée de l’homme nouveau».
Des études génétiques montreraient qu’il partagerait avec l’Homme de Denisova un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans.
Ce dernier partagerait lui-même avec H. sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans.
On trouve l’homme de Néandertal, tout d’abord en Europe, en Israël et en Asie occidentale. C’est à lui que l’on doit les objets du Mésolithique et les premières sépultures.
Il disparaît progressivement avant la phase de réchauffement planétaire qui marque la fin de la dernière grande ère glaciaire (- 110 000 à - 9 000 ans) alors qu’il était parfaitement adapté aux rudes conditions glaciaires.
Voir : Mésolithiqueplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigMésolithique
Période de la Préhistoire s’étendant entre le Paléolithique et le Néolithique (de - 12 000 à - 5 000 ans)..
Homo sapiens
On pensait que l’Homo sapiens était apparu vers - 200 000 ans. De récentes découvertes, au Maroc, repousseraient son apparition vers – 315 000 ans. L’Homo sapiens c’est l’homme « sage », ou encore, « qui sait », c’est-à-dire nous ! On le trouve tout d’abord en Israël, en Éthiopie et en Afrique du Sud.
L’homme de Cro-Magnon est un Homo sapiens qui vécut il y a 40 000 ans, époque vers laquelle il aurait pénétré en Europe. C’est un de nos ancêtres.
Homo sapiens a partagé son territoire avec l’homme de Neandertal. Les populations étaient éparses, mais ils eurent des contacts. L’homme de Neandertal a disparu et laissé le champ libre à l’homme moderne vers - 28 000 ans. En 2020, on sait que l’homme «moderne» porte dans son génome entre 1 à 4 % d’ADN de Neandertal, à la suite d’union qui se seraient produites il y a entre 150 000 et 300 000 ans. Neandertal nous aurait ainsi légué des gènes permettant à notre lignée de lutter contre le froid et les virus quand celle-ci arriva en Europe.
D’autres résultats évoquent plusieurs vagues de croisements, impliquant différentes populations de Néandertaliens et d’Homo sapiens, la majorité des gènes néandertaliens présents chez les humains modernes ayant été intégrés sur une période, entre - 50 000 et - 40 000 ans, une datation rendue possible grâce à une combinaison de modélisations génétiques et de datations au carbone 14.
Si Homo sapiens, comme dit plus haut, est apparu vers – 315 000 ans, au moins cinq espèces du genre Homo ont été contemporaines de la nôtre :
- Homo erectus : - 1,6 Ma à - 140 000 ans ;
- Homo floresiensis : - 700 000 à - 50 000 ans ;
- Homo naledi : - 335 000 à - 236 000 ans ;
- Homo neanderthalensis: - 430 000 à - 30 000 ans ;
- Homo denisovensis : - 200 000 à - 50 000 ans, aussi appelé Homme de Denisova. Cette espèce a été identifiée en 2010 à partir d’une phalange fossile datée d’environ 41 000 ans, trouvée en Sibérie.
N’en déplaise à certains, notre espèce est donc probablement le fruit de rencontres, et d’hybridations multiples formant une arborescence complexe.
Voir : datation au carbone 14plugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bigdatation au carbone 14
Estimation d’une date d’un objet ou d’un événement du passé lointain, en utilisant les propriétés physiques de l’isotope 14 du carbone., hybridationplugin-autotooltip__small plugin-autotooltip__blue plugin-autotooltip_bighybridation
Au sens strict, croisement entre deux individus, l’un mâle, l’autre femelle, dont certains caractères se manifestent différemment (la couleur des yeux, par exemple)..
Réflexion pédagogique
Dans la famille des Hominidés on trouve les :
- humains : H. abilis, H. sapiens ;
- chimpanzés, les bonobos ;
- gorilles ;
- orangs-outans.
Les humains se sont transformés physiquement, l’acquisition d’un cerveau complexe leur ayant permis d’agrandir toujours plus leur emprise sur la nature, pour le meilleur et pour le pire. Avec Homo sapiens, le pire se profile aujourd’hui !
La « Marche du progrès »
Cette représentation de l’évolution humaine, connue sous le titre de la « Marche du progrès », dessinée par Rudolph Franz Zallinger, pour l’ouvrage de Francis Clark Howel « Early Man » (Time-life, 1965), fait sourire aujourd’hui, mais elle est intéressante à discuter sur le plan pédagogique, tant elle s’écarte des connaissances actuelles sur le sujet.
Le résumé est vite fait : partant du chimpanzé, l’Évolution fait perdre les poils à la lignée humaine et lui apporte la bipédie, donnant au final l’Homo sapiens. On constate que, vu ainsi, il y a beaucoup à discuter !
Fig. : La « Marche du progrès » par : R. F. Zallinger.
Remarque linguistique et/ou historique
Homo sapiens, vient du latin homo, hominis, être humain et de sapiens, adjectif venant du verbe sapere, sentir par le goût (cf. sapide, qui a un goût, une saveur), le mot sapientia signifiant, intelligence, jugement, sagesse, savoir et science. Homo sapiens prend le sens d’être humain qui sait, c’est-à-dire intelligent par sa perception du monde.
L’usage de cette racine latine a permis à quelques personnalités de déclarer leur sapiosexualité, voulant signifier par là qu’elles n’étaient attirées que par des personnes intelligentes ou instruites, l’attrait physique passant au second plan. On appréciera ce point de linguistique… à sa juste valeur !
