dépollution
Définition
Élimination d’un milieu particulier, des agents physiques, chimiques ou biologiques, qui le dégradent.
n. f. (lat. dé-, préfixe marquant l’opposé, et pollutio, souillure).
Voir : milieu.
Réflexion développement durable
Exemple de maladaptation
Les opérations de dépollution touchent tous les domaines, autant dire qu’il est impossible d’en établir une liste. Nous ne prendrons qu’un exemple. Il concerne des opérations de dépollution, rendues nécessaires parce que des actions antérieures, sensées nettoyer l’environnement, qui avaient provoqué un autre type de pollution. Cet exemple se situe dans les années 1980. À cette époque, des quantités importantes de pneus usagés avaient été immergées dans différentes eaux littorales françaises, avec l’idée de créer des nouveaux récifs, susceptibles de devenir des habitats pour une faune et une flore abondante. En fait, ces amas de pneus immergés, en se dégradant, sont devenus la source de microparticules et de substances toxiques (métaux lourds, en particulier).
Il a donc été décidé de récupérer ces pneus et de les transformer en granulats combustibles, pouvant alimenter des cimenteries, par exemple.
Voir : combustible, faune, flore, habitat, maladaptation, métal lourd, pollution, toxique.
Pollueur-payeur
Le principe de pollueur-payeur désigne l’entité (individu ou entreprise) sur laquelle doit peser la charge financière de la prévention, de la réduction et de la lutte contre la pollution, dont elle est responsable.
Le principe « pollueur-payeur » est loin d’être toujours appliqué, les pollueurs s’abritant derrière le fait qu’il est difficile de mesurer l’impact d’un polluant sur l’environnement ou la santé. En outre, les sanctions pénales sont rarement à la hauteur des dégradations causées à l’environnement et même, aux atteintes à la santé humaine.
On peut remarquer que les budgets qu’exigent les dépollutions sont, pour l’essentiel, répercutés sur les contribuables.
Voir : pollueur-payeur.
Réflexion pédagogique
Dépollution et lutte contre la pollution
La question de la dépollution doit être examinée en parallèle avec celle de la lutte contre la pollution puisque celle-ci est d’un champ plus large, dans la mesure où, dans la lutte, on cherche, avant tout, à ne plus polluer mais, néanmoins, la dépollution est une des actions engagées dans ce type de lutte.
En 2024, la lutte contre la pollution par les produits phytopharmaceutiques a subi un sérieux coup d’arrêt, avec la « révolte des paysans ». En effet, pour défendre la rémunération de leur travail, dans un monde toujours plus compétitif aux échelles nationales comme internationales, les agriculteurs ont manifesté contre les normes françaises et européennes, destinées à protéger l’environnement et la santé. On va donc continuer à polluer, au nom de la compétitivité ! L’exemple du chlordécone donné ci-dessous permet de réfléchir aux conséquences environnementales et sanitaires de l’absence de mesures contre une pollution pour laquelle il n’existe pas de dépollution efficace. Le même cas se présente avec les microplastiques.
Pour cet aspect des normes, on se reportera aussi à l’entrée « NoDU ».
Voir : microplastique, NoDU, produit phytopharmaceutique.
Exemple de l’amiante
Le scandale sanitaire de l’amiante est exemplaire de ce point de vue puisque la lutte contre l’utilisation de l’amiante s’est faite contre des puissances financières et économiques, et qu’une fois l’interdiction de l’amiante décidée, il fallut passer à l’étape compliquée et onéreuse de la dépollution.
Voir : amiante.
Exemple du chlordécone
Le chlordécone est un pesticide utilisé dans les bananeraies, aux Antilles, depuis les années 1960. Malgré une toxicité démontrée expérimentalement, en 1963, sur des souris, il ne fut interdit dans les Antilles qu’en 1993. Il fallut donc 30 ans de luttes contre les intérêts économiques !
Dans les Antilles, actuellement et pour un temps indéfini, le chlordécone pollue de nombreuses terres agricoles, et de nombreuses nappes phréatiques. La pollution a également gagné la vase des estuaires et se trouve maintenant dans les eaux côtières. Toutes les chaînes alimentaires sont touchées, et de nombreuses zones habituelles de pêche sont aujourd’hui interdites.
En conditions naturelles, le chlordécone est très peu dégradable par voies chimiques, physiques ou biologiques. La dépollution à l’échelle de tout le territoire n’est donc globalement pas réaliste.
Voir : chaîne alimentaire, chlordécone, nappe phréatique.