Termes et expressions du développement durable
La démarche générale est :
Le document ci-dessous aborde successivement les axes principaux de la démarche adoptée :
L’étymologie peut être d’un grand secours pour trancher une ambiguïté entre plusieurs définitions. Par exemple, elle peut aider à comprendre pourquoi un mot est utilisé dans divers domaines, sa racine pouvant avoir un sens très général.
Les libertés orthographiques souvent prises par les scientifiques, souvent par mimétisme avec l’anglais, ont nécessairement des conséquences pour les apprenants, sur la maîtrise de la langue française.
L’exemple suivant est édifiant :
Cellule souche : l’absence de tiret décidée par l’académie des sciences pose un problème, puisque, par ailleurs, il faut écrire : compte-tour, racine-pivot (i.e. racine pivotante). N’aurait-on pas succombé à une influence anglophone puisque « cellule souche » est la traduction de « stem cell » sans tiret puisque c’est en anglais, mais le tiret, en français, est obligatoire dans ce cas
À propos de cette expression, on peut aussi remarquer qu’avec les mêmes mots, mais dont l’ordre est inversé, on obtient une expression qui n’a pas le même sens, il s’agit de souche cellulaire. Mais celle-ci respecte l’orthographe, puisqu’elle est construite avec un substantif et un adjectif. On se reportera au glossaire pour voir les différences, qui ne sont pas de simples nuances !
Nous prendrons les exemples suivants :
abiotique et biotique : les approches écologique et physiologique de ces deux mots ne donnent pas le même sens, tout en demeurant des antonymes dans les deux disciplines.
dispersion : le sens commun et celui donné par la physique-chimie sont différents.
noyau : selon les disciplines le terme désigne des entités très différentes.
Face à ce genre de cas, l’approche sémantique doit être complétée par des remarques sur différents plans (voir ci-dessous le volet « Architecture du glossaire »), tout en faisant ressortir les incertitudes de sens quand elles existent.
Nous prendrons comme exemples, les expressions : Monde inerte, Monde vivant, Monde minéral, Matière inorganique, Matière organique, etc.
Ci-dessous, nous les placerons dans leur contexte disciplinaire :

Sur la question de la pertinence de l’usage d’un mot ou d’une expression, il faut faire ressortir que :
Un certain nombre de concepts sont particulièrement utilisés. Il s’agit, par exemple :

Les caractéristiques de chaque état
Dans un gaz les molécules sont très espacées les unes des autres. Entre elles, il y a du vide. Les molécules d’un gaz sont en perpétuelle agitation. Au cours de leur trajet, elles se percutent entre elles et percutent les parois du récipient.
Dans un liquide les molécules ne sont séparées que par de faibles espaces ne permettant que des mouvements limités des molécules les unes par rapport aux autres.
Dans un solide les molécules se touchent. Pratiquement, aucun mouvement ne leur est possible.
Ce glossaire ambitionne de donner un certain nombre de clés pour conduire une réflexion personnelle sur, la complexité des interactions homme-environnement, le développement durable, l’Anthropocène, et la transition écologique. Les concepts nécessaires à une telle réflexion se font au travers de l’identification des activités humaines et de leurs conséquences. Chaque dégradation de l’environnement est elle-même à l’origine d’autres dégradations. Ce sont, par exemple, les effets domino suivants :
Le titre que nous avions donné au glossaire dans l’édition de 2016 (Unité du Monde vivant et développement durable ; édition Educagri) révélait notre pôle d’intérêt. Au travers de mots clés et d’expressions courantes (ou pas), il s’agissait de montrer que l’ensemble du monde vivant, dont l’homme, répond aux mêmes exigences ; ce qui lui donne son unité. Cette orientation est toujours la nôtre.
Cette unité apparaît aussi à l’échelle cellulaire. Les cellules appartenant à des espèces différentes possèdent des organites de structures identiques, et des molécules identiques. Par ailleurs, c’est un même code génétique qui est utilisé dans tout le monde vivant. Cette unité apparaît aussi à l’échelle des organismes complexes puisque l’on peut observer des organes et des appareils identiques dans de nombreux groupes. Ce glossaire donne les éléments pour comprendre les bases de cette unité.
Sans entrer dans le détail, la pandémie du Covid-19 nous donne un bon exemple de la difficulté pédagogique qu’apporte cette unité. Pour préciser cette pensée, soyons un peu polémiques. Les commentateurs scientifiques n’ont pas hésité à dire que le virus était « malin », « intelligent », et bien d’autres choses… très vivantes ; pourtant, officiellement, les scientifiques classent les virus en dehors du domaine du vivant. Expliquer l’unité du vivant n’est donc pas aussi évident !
Ce sont les progrès des techniques dans le domaine des observations qui font ressortir toujours mieux les nombreux ponts mais aussi les différences qui existent entre les formes d’êtres vivants. L’approche écologique permet quant à elle de mettre l’accent sur leurs interactions. De son côté, l’approche par le développement durable réinsère l’homme dans la nature, de laquelle les approches religieuses, philosophiques, et technologiques l’avaient plutôt détaché.
L’évolution rapide des impacts anthropiques sur la Planète, comme des actions en faveur du développement durable, nécessitent une actualisation constante de la sémantique et des concepts.
Ces expressions et mots qui expriment de nouveaux concepts sont donc discutés dans le glossaire afin d’apporter à l’apprenant des connaissances générales indispensables à une bonne compréhension des ODD, et lui permettre ainsi d’exercer pleinement ses compétences dans le cadre d’écosystèmes où il intervient, ou est susceptible d’intervenir.
C’est le cas avec les :
Les concepts émergents trouvent parfois la nécessité de recevoir une représentation. C’est le cas avec l’agriculture biologique.
Les concepts émergents qui sont discutés dans ce glossaire, portent sur des domaines divers, et plus particulièrement :
En annexe, le tableau1 détaille les thèmes.
Si elles sont bien choisies, les métaphores peuvent aider à la présentation de notions complexes scientifiquement. Au travers d’images d’objets concrets ou de phénomènes bien connus, elles fournissent l’essence même d’une notion sans avoir à l’expliquer. Elles facilitent ainsi l’approche pédagogique. Mais alors que certaines n’induisent pas de contresens, d’autres si !
On peut donner quelques exemples.
L’approche pédagogique du développement durable est délicate parce qu’elle implique d’aborder des domaines très différents. En effet, l’objectif étant d’aboutir à des propositions respectueuses de l’environnement, il est nécessaire de décrire les milieux concernés, d’individualiser les facteurs de leur fragilisation et, enfin, de proposer des solutions pour les gérer, tout en tenant compte des aspects socio-économiques. De ce fait, les outils de formation doivent jeter de nombreux ponts entre des disciplines parfois éloignées et donc d’utiliser un vocabulaire riche et précis.
La pollution est un bon exemple de la nécessité d’une approche pluridisciplinaire au niveau :
il s’agit de distinguer les spécificités de chaque type de pollutions :
les types de pollutions ayant été identifiées, une réflexion personnelle peut être menée autour des effets des pollutions sur les :
le cadre environnemental étant caractérisé, le type de fragilisation déterminé, les chemins sont des pistes pour comprendre et critiquer les actions en faveur de l’environnement.
L’approche globale qu’exige le questionnement sur le développement durable ne doit pas faire oublier que la science progresse et nous apporte toujours plus de connaissances des objets et des mécanismes. Plus on voudra être précis, plus le niveau scientifique devra être élevé. L’approche est particulièrement délicate pour des sujets complexes comme le climat ou le fonctionnement des écosystèmes, ou encore, les réponses de la biologie moléculaire aux épreuves pandémiques.
Pour la cohérence du glossaire, et du site en général, nous nous sommes fixés comme objectif de donner un niveau Bac à tous les textes, et de faire en sorte que l’approche soit accessible à des apprenants venant d’horizons divers. Mais, en termes de tronc commun, de connaissances générales, on peut considérer que le niveau doit être moins élevé que ceux donnés par les référentiels dans une approche disciplinaire. Toutefois, en abordant des questions comme l’énergie nucléaire, les biotechnologies, la climatologie, même si c’est pour enrichir les connaissances générales, la sémantique scientifique doit être précise et pourtant ne pas entrer dans des détails superflus.
Traiter du développement durable, c’est porter son attention sur des systèmes complexes, et sur les interactions qui l’animent. Un bon exemple de ces interactions est donné par celles existant entre les enveloppes de la planète (atmosphère, biosphère, hydrosphère, lithosphère).
Par exemple, sur la question climatique, si l’on veut aborder la question des transferts de chaleur à l’échelle de la planète, il faut comprendre, dans les grandes lignes, les liens entre l’atmosphère et l’hydrosphère. Pour l’atmosphère, l’attention doit se porter sur les mouvements des masses d’air (par exemple : anticyclones et cyclones). Pour l’hydrosphère, il s’agit des liens entre les courants océaniques de surface et profonds. Il faut aussi établir les liens entre atmosphère et hydrosphère.
Un autre exemple est celui des cycles biogéochimiques. Dans ce cas, il faut comprendre, en particulier, comment le monde vivant anime les transferts du carbone entre l’atmosphère, l’hydrosphère, et la lithosphère.
Dans tous ces domaines, les interactions génèrent des effets domino, des effets retour, des effets cocktail, l’ensemble obligeant à aborder la problématique du DD avec une vue systémique. Par les multiples liens qu’il propose entre les différentes entrées, le glossaire aide à la construction de cette vue systémique.
La transformation rapide de tout notre environnement et les progrès constants des connaissances scientifiques et techniques soulèvent en permanence de nouvelles interrogations qui bousculent les certitudes. L’épisode pandémique du Covi-19 nous a obligé à faire face à un flux constant de fausses connaissances propagées par les complotistes, d’autant plus délétères que des scientifiques y ont contribué (pour des raisons manifestes d’égo, bien sûr !)
En sciences, la critique (critique d’une hypothèse, critique d’un dispositif expérimental, critique d’un résultat) est une démarche centrale, en pédagogie aussi (critique des sources d’informations, critique d’un schéma, critique sur la terminologie, etc.)
Toutefois, si le sens critique doit porter sur les connaissances, il doit également porter sur nos actions sur l’environnement. La frilosité des États dans les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre ces impacts anthropiques montre à quel point les réponses doivent être aussi politiques. Mais, comme l’objectif pédagogique de ce glossaire est de s’adresser à tous, le positionnement choisi est de ne se situer que sur les plans scientifiques, techniques ou philosophiques, et d’éviter de s’engager sur des modes de pensées qui conduiraient à des controverses politiques et/ou religieuses. Quelques réflexions philosophiques sont utilisées pour contribuer à la critique de certaines notions. En annexe, un tableau actualise la liste des auteurs philosophiques et littéraires appelés pour éclairer certaines notions.
Par ailleurs, le sens critique est de rigueur quand on cherche, par exemple, à évaluer une action. Les débats autour du Nutri-score ont montré la nécessité d’être critique vis à vis des assertions des entreprises agroalimentaires.
De façon assumée, nous n’avons pas donné les sources de nos réflexions, la raison principale étant qu’apporter des références bibliographiques précises, pertinentes (en termes de niveau et de cible) exige un temps considérable, qui aurait été pris sur la rédaction elle-même, et la mise à jour régulière des entrées. En outre, les moteurs de recherche sont aujourd’hui si puissants que chacun peut aisément constituer son propre socle bibliographique, trouver les origines d’un concept et critiquer les textes.
Dans tous les domaines, les résultats scientifiques, obtenus par des méthodes et techniques toujours plus sophistiquées, nous tirent continument vers plus de précisions. Quant à eux, les progrès technologiques dans tous les domaines nous posent de nouvelles questions (énergies renouvelables, organismes génétiquement modifiés, thérapies géniques, etc.). Toutes ces avancées nous confrontent à une sémantique et des concepts toujours plus riches.
Outre cette multiplication des termes et concepts, apportée par les sciences et les techniques, les approches du DD, les structures et les actions engagées dans cette voie du DD, sont dans des quantités qui ne permettent pas de toutes les présenter. On peut seulement en donner quelques exemples. C’est le cas pour les programmes mis en place pour respecter les objectifs du DD en termes de climat, biodiversité, désertification (Conventions internationales, Accords internationaux). C’est aussi le cas pour les systèmes de gouvernance à l’échelle internationale (Sommet de la Terre, COP, Agences, etc.), comme nationale (Agences diverses comme l’Ademe, en France), ou encore pour les ONG, ou autres associations qui luttent pour la sauvegarde de l’environnement. Énumérer toutes les structures dédiées à la gouvernance, la gestion, et la critique serait une source de dispersion, et surtout, serait vain, tant la liste est sans limite. Le choix de celles qui entrent dans le glossaire est donc parfaitement arbitraire, tout comme la précision que l’on donne à leur présentation.
En conclusion, les deux extrêmes à éviter dans un travail de présentation du développement durable sont une simplification exagérée des idées, et une accumulation d’informations !
Le glossaire aborde une grande diversité de situations qui concernent des milieux très différents, au travers de la description des multiples interactions qui régissent les écosystèmes et des facteurs les fragilisant.
Face à cette fragilisation, le glossaire est un élément pédagogique permettant d’appuyer une démarche scientifique en lien avec les compétences essentielles en matière de durabilité.
Le glossaire est une aide pour former:
La compétence majeure acquise est l’aptitude à conduire une réflexion personnelle sur le développement durable et la transition écologique, en :
Les sujets abordés sont d’ordre très divers : écologie, biologie, biotechnologies végétales, agronomie, pastoralisme, sociologie des pratiques villageoises (artisanales et agriculture de subsistance), etc. Le glossaire offre la possibilité d’interactions multiples entre pays francophones autour des références sémantiques francophones qu’il propose.