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====== panspermie ====== Hypothèse selon laquelle la vie sur Terre serait due à des germes et à des spores venues de l’espace. **n. f**. **Voir :** [[glossaire:entrees:s:spore|spore]]. ===== Informations complémentaires ===== D’après la théorie actuelle de la panspermie, les premières formes vivantes (moléculaires ou cellulaires) seraient arrivées sur notre planète, véhiculées par des météorites. Mais, de ce point de vue, la question de l’origine de la vie est seulement déplacée plus loin dans le temps et l’espace, à l’échelle de l’univers ! En fait, sans expliquer l'origine même de la vie, la théorie dit qu’elle serait apparue quelque part dans l'Univers, puis qu’elle se serait disséminée. Récemment, le télescope James Webb a détecté dans l’espace interstellaire le cation méthyle CH3+ qui permet de former des structures chimiques plus complexes, indispensables à l’apparition du vivant. **Voir :** [[glossaire:entrees:c:cation|cation]], [[glossaire:entrees:d:dissemination|dissémination]], [[glossaire:entrees:v:vivant|vivant]]. ===== Remarque linguistique et/ou historique ===== La question de l’origine de la vie peut être abordée sous de nombreux angles. Sur cette question, l’aspect historique permet de montrer que certaines théories peuvent résister des siècles tant que des expériences scientifiques bien conduites ne les ont pas écartées, tout en faisant place à de nouvelles incertitudes. Les réflexions autour de la question de l’origine de la vie ont toujours été accompagnées de celles autour de l’évolution des espèces, même si les philosophes de l’Antiquité ne se posaient pas les questions dans les mêmes termes. On se reportera aussi à l’entrée « évolution de la nature ». **Voir :** [[glossaire:entrees:e:evolution_de_la_nature|évolution de la nature]]. ==== Génération spontanée et « soupe primordiale » ==== Le terme panspermie (et l’idée qu’il recouvre) n’est pas nouveau ! Vers 500 av. J.–C., on peut citer Anaxagore (philosophe grec, né vers 500 av. J.–C) qui, dans sa cosmogonie, énonce l’hypothèse selon laquelle la vie pourrait avoir des origines non terrestres, théorie qu’il qualifie de panspermie. === Origine de la thèse de la génération spontanée === Plus tard, Aristote (né en 384 av. J–C.) fait mention de l'apparition spontanée de mites dans les lainages ou de souris dans les tas de vieux chiffons. Malheureusement, la thèse d’Aristote primera sur celle d’Anaxagore et elle va résister jusqu’au milieu du 18e siècle. En effet, en 1648, le médecin et alchimiste flamand Jean-Baptiste Van Helmont place dans un placard des grains de blé mélangés à une chemise souillée de sueur humaine. Constatant qu’après 21 jours d’incubation de ce mélange, des rongeurs étaient apparus, il publie la méthode pour « créer » des souris. La méthode expérimentale manque encore de rigueur et l’on reste persuadé que la vie naît spontanément à partir de la matière inerte. Le naturaliste Buffon (1707-1788), grand observateur de la nature, était encore convaincu de la génération spontanée. Il faut attendre Louis Pasteur, en 1865, qui trancha expérimentalement le débat sur la génération spontanée. **Voir :** [[glossaire:entrees:e:etre_vivant|être vivant]], [[glossaire:entrees:g:generation|génération]], [[glossaire:entrees:i:inerte|inerte]]. === Soupe primordiale et génération spontanée === Darwin (au milieu des années 1800), contemporain de Pasteur, sans avoir traité précisément de la question de l’apparition de la vie, pensait que les premiers êtres vivants devaient être des formes très simples comme des microorganismes et que tous les êtres vivants sont issus d’un ancêtre commun. C’est Ernst Haeckel (1877) qui, pour illustrer la généalogie de l’homme, représente un arbre du vivant avec les « Protozoa » à la base de l’arbre (voir l’entrée « animalité de l’homme »). Mais c'est en 1839 que Matthias Schleiden et Theodor Schwann avaient déjà formulé la théorie que «tous les êtres vivants, animaux et végétaux, sont constitués de cellules». En 1924, le biochimiste russe Alexandre Ivanovitch Oparine émit l'hypothèse qu'une première cellule vivante était née dans une «soupe primordiale » riche en composés carbonés synthétisés à partir du méthane. L’idée était que des composés pré-biotiques se combinent et donnent une matière organique inanimée. Ensuite, se mettent en place des réactions biochimiques, et des mécanismes d’autoréplication, d’autoassemblage, et d’autocatalyse. Puis, apparaissent les premières cellules, entités entourées d’une membrane cellulaire rudimentaire (bicouche phospholipidique) qui enferme quelques macromolécules : ARN et ADN. Pour étudier expérimentalement les mécanismes de l'origine de la vie, il réalisa, en milieu aqueux, par l’agrégation moléculaire, de composés organiques, des gouttelettes microscopiques sphéroïdale (des coacervats). Sa théorie était que des coacervats auraient été une étape préliminaire à l’apparition des premières cellules procaryotes. En 1953, le chimiste américain Stanley Miller testa expérimentalement l'idée d’Oparine. Il soumit un mélange de méthane (CH4), d'hydrogène, d'ammoniac et d'eau à des décharges électriques, et il obtint quatre acides aminés, des premières « briques du vivant ». L’importance du facteur énergétique dans le processus d’apparition de la vie est alors prise en compte. L’expérience fut critiquée en raison du fait que l’atmosphère primitive ne contenait que peu de méthane, et qu’en outre, le méthane étant déjà un composé organique produit par les êtres vivant à la suite d’une fermentation, cela pouvait fausser les conclusions. Stanley Miller remplaça ce gaz le dioxyde de carbone, et n'obtint que de très faibles rendements en acides aminés. Depuis, jusqu’à aujourd’hui, avec des conditions plus proches de ce qu’elles étaient il y a quelques milliards d’années, toutes les expériences conduites sur le sujet n’ont pas permis de recréer la vie. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:acide_amine|acide aminé]], [[glossaire:entrees:a:ammoniac|ammoniac]], [[glossaire:entrees:a:animalite_de_l’homme|animalité de l’homme]], [[glossaire:entrees:a:arbre_du_vivant|arbre du vivant]], [[glossaire:entrees:a:atmosphere|atmosphère]], [[glossaire:entrees:c:cellule|cellule]], [[glossaire:entrees:c:coacervat|coacervat]], [[glossaire:entrees:d:dioxyde_de_carbone|dioxyde de carbone]], [[glossaire:entrees:e:eau|eau]], [[glossaire:entrees:g:gaz|gaz]], [[glossaire:entrees:h:hydrogene|hydrogène]], [[glossaire:entrees:m:methane|méthane]], [[glossaire:entrees:m:microorganisme|microorganisme]], [[glossaire:entrees:p:procaryote|procaryote]]. === « La création » selon Guy de Maupassant === Guy de Maupassant (1850-1893) est un écrivain français ayant publié plusieurs nouvelles ; l’une d’elle, « Amour » (publiée dans le recueil intitulé « Le Horla »), a pour cadre un marécage. Le narrateur explique sa fascination pour les marais et, après s’être demandé ce qui faisait « ressembler les marais à des pays de rêve, à des pays redoutables, cachant un secret inconnaissable et dangereux », il dit : « Non. Autre chose s'en dégage, un autre mystère, plus profond, plus grave, flotte dans les brouillards épais, le mystère même de la création peut-être ! Car n'est-ce pas dans l'eau stagnante et fangeuse, dans la lourde humidité des terres mouillées sous la chaleur du soleil, que remua, que vibra, que s'ouvrit au jour le premier germe de vie ? » Voilà la « soupe primordiale » présentée de belle façon… à l’époque de Darwin, avant Oparine ! N’y a-t-il pas là, un peu d’avance sur la science ? Peut-être qu’Oparine avait lu Maupassant ( !) ?