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====== monde vivant ====== Ensemble des êtres vivants en interaction avec la matière et l'énergie constituant leur environnement. **e. m.** (lat. //vivax//). **syn. :** (le) vivant. **Voir :** [[glossaire:entrees:e:environnement|environnement]]. ===== Informations complémentaires ===== ==== Caractéristiques du monde vivant ==== Ces caractéristiques sont : * fonctionnelles : ce sont, entre autres, la croissance, la multiplication végétative, la reproduction sexuée, l'assimilation et la régulation des échanges entre chaque être et son environnement ; * structurelles : la diversité des organismes, des organes et des tissus, ne doit pas cacher que la structure cellulaire est la base de l'architecture du vivant. Même si la diversité cellulaire est grande, les cellules sont construites selon un même schéma d'organisation, les cellules procaryotes présentant néanmoins un moindre niveau de complexité. > Les structures cellulaires sont constituées de matière organique, dont une des caractéristiques est d'être plus riche en carbone (40 à 50 %) que la matière non organique (moins de 1 %). On peut ajouter qu'un être vivant présente un début de vie (phase juvénile) et une fin de vie (il est mortel). Juvénilité et mortalité sont des caractéristiques des êtres vivants composant le monde vivant. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:atmosphere|atmosphère]], [[glossaire:entrees:c:carbone|carbone]], [[glossaire:entrees:c:cellule|cellule]], [[glossaire:entrees:e:environnement|environnement]], [[glossaire:entrees:j:juvenile|juvénile]], [[glossaire:entrees:m:matiere_inorganique|matière inorganique]], [[glossaire:entrees:m:matiere_organique|matière organique]], [[glossaire:entrees:m:mortalite|mortalité]], [[glossaire:entrees:m:multiplication_vegetative|multiplication végétative]], [[glossaire:entrees:o:organe|organe]], [[glossaire:entrees:r:reproduction|reproduction]], [[glossaire:entrees:t:tissu|tissu]]. **Fig. :** Les niveaux d’organisation du vivant : exemples chez les animaux et les végétaux chlorophylliens. {{m/image07.png?321x587}} ==== Domaines du vivant ==== La science répartit les êtres vivants en trois domaines : les eubactéries et les archéobactéries qui sont des procaryotes (cellules sans vrai noyau), le troisième étant celui des eucaryotes (organismes dont les cellules ont un vrai noyau). Le domaine des eucaryotes est divisé en règnes : Animaux, Plantes, Champignons, et Protistes. **Voir :** [[glossaire:entrees:e:eucaryote|eucaryote]], [[glossaire:entrees:n:noyau|noyau]], [[glossaire:entrees:p:procaryote|procaryote]]. ==== Apparition de la vie ==== Pour l'origine de la vie, plusieurs scénarios (qui ne s'opposent pas) sont aujourd'hui étudiés : * formation d'une soupe primitive dans les océans ; * météorite ensemençant la Terre ; * sources hydrothermales dans les abysses où la pyrite de fer aurait permis l'assemblage de molécules organiques complexes ; * mares de boues où l'argile, organisée en feuillets, facilite la production d'ARN et de petits peptides, les protégeant de l'hydrolyse et permettant la complexification des molécules organiques, formant ce que l'on appelle souvent, les «briques prébiotiques» ; * hydrogel d'argile dans les fonds océaniques, avec la même fonction que précédemment. Ces scénarios n'expliquent pas comment les membranes biologiques ont pu se former. **Voir** : [[glossaire:entrees:a:argile|argile]], [[glossaire:entrees:a:arn|ARN]], [[glossaire:entrees:h:hydrolyse|hydrolyse]], [[glossaire:entrees:m:membrane_biologique|membrane biologique]], [[glossaire:entrees:m:molecule|molécule]], [[glossaire:entrees:p:peptide|peptide]]. ===== Réflexion développement durable ===== ==== La protection du vivant ==== Se basant sur l’idée très générale que tous les animaux ont le droit d'exister, divers pays ont adopté des législations en faveur des « personnes non humaines » : dauphins, orang-outan, etc. Certains peuples vont même plus loin et ont attribué une personnalité juridique à des éléments de la nature : glaciers, rivières, etc. À l’échelle internationale, dès 1973, une Convention était signée sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES ou Convention de Washington). En 1992, l’ONU lançait trois Conventions qui depuis œuvrent pour l’environnement, dont une consacrée à la sauvegarde de la diversité biologique (CDB). La plupart des pays ont adopté des lois protégeant le vivant à différents niveaux. **Voir** : [[glossaire:entrees:c:cdb|CDB]], [[glossaire:entrees:c:cites|CITES]], [[glossaire:entrees:p:personne_non-humaine|personne non-humaine]]. ===== Réflexion pédagogique ===== ==== Notion de monde ==== Du latin //mundus// (c’est-à-dire : ce qui est arrangé, net, pur), « monde » a souvent le sens d'un ensemble de choses et/ou d'êtres, par exemple, le «monde des fourmis». La définition que nous avons donnée du monde vivant ne pose donc pas de problème. Les êtres vivants étant constitués de matière organique, une réflexion autour de la notion de matière organique est proposée avec l’entrée « matière organique ». Ici nous n’abordons que les notions de monde vivant et non vivant. ==== Monde vivant et domaine du vivant ==== Il faut distinguer les notions de monde vivant et de domaine du vivant ; cette dernière notion est de l’ordre de la classification du monde vivant. **Voir :** [[glossaire:entrees:d:domaine_du_vivant|domaine du vivant]]. ==== Monde vivant, monde inerte, et monde minéral ==== Est-ce que le fait d’être inerte (inerte se disant d'un organisme sans mouvement) caractérise ce qui est n’est pas vivant. Ce n’est pas si simple ! === Monde inerte === Inerte signifie, au sens strict, qu'un organisme est sans mouvements. Dans ce cas, un végétal qui est en général sans mouvement est donc inerte. Fait-il partie du monde inerte, au sens de non vivant ? Non bien sûr. Toutefois, pour approfondir la notion (?), il n’est pas totalement inerte (sans mouvement) puisqu’il a une activité métabolique et que les différents fluides qui le constituent sont en mouvement ! === Monde minéral === Rappelons que le substantif masculin « un minéral » correspond par définition à un «corps naturel, non organique, solide». L'atmosphère et l'hydrosphère ne peuvent donc pas faire partie du monde «minéral», étant respectivement gazeuse et liquide. Par ailleurs, où classer les rayonnements, qui n'ont rien de minéral ? === Matières organique, inorganique, et minérale === On se reportera à la rubrique « Réflexion pédagogique » de l’entrée « matière organique ». ==== Comment répondre à la question : qu’est-ce qu’un être vivant ? ==== Pour répondre à cette question (qu’est-ce qu’un être vivant ?), les informations données ci-dessus montrent qu’il faut répondre à plusieurs sous-questions, au moins les suivantes ! === Est-ce qu’il est né ? === Autrement dit, est-ce qu’il est apparu ? Si la réponse est oui, cela signifie que cet organisme n’a pas toujours existé, et que l’on peut lui donner un commencement (temps zéro), parce qu’une rupture existe avec une phase antérieure appartenant à un autre organisme. Dans le cas des organismes parmi les plus simples, apparaissant à partir d’une spore, la rupture correspond à la séparation de la spore de l’organisme ayant formée celle-ci. C’est-à-dire qu’une discontinuité (temporelle et spatiale) apparaît entre les deux, l’organisme-parent, et la spore. **Voir :** [[glossaire:entrees:s:spore|spore]]. === Est-ce que l’organisme se développe ? === Autrement dit, est-ce qu’il se transforme avec le temps ? Pour que la réponse soit oui, il faut qu’il se développe (changement de forme, de taille) au cours d’une phase juvénile, pour atteindre un état de maturité, et ensuite la mort (il cesse de vivre). Il faut ajouter que le développement des structures est associé à des changements d’activités. === Est-ce que l’organisme se nourrit ? === Pour que la réponse soit oui, il faut qu’il consomme de la matière (organique ou non) afin qu’il puisse synthétiser sa propre matière (organique), celle-ci servant à sa croissance (aspect structural) et à son activité (aspect fonctionnel). === Est-ce que l’organisme se reproduit ? === En s’en tenant au sens même de reproduction (produire de nouveau), pour répondre oui, il faut que l’organisme puisse fabriquer d’autres êtres vivants semblables à lui. C’est une question pour laquelle le débat scientifique exige de la nuance ! Les virus font-ils partie du vivant, puisque sans organismes qu’ils peuvent contaminer, ils ne peuvent pas se reproduire ? === Est-ce que l’organisme meurt ? === Pour répondre oui, il faut qu’à un moment donné, la vie de l’organisme se termine (il meurt), qu’il perde sa forme (voir ci-dessous, ce qu’en pense le philosophe Diderot) et que la matière qui le compose, se décompose, redonnant des éléments minéraux. === Conclusion === Pour que l’organisme soit vivant, il faut répondre par l’affirmative à toutes les questions. ===== Remarque linguistique et/ou historique ===== ==== La vie pour Platon et Aristote ==== Pour Platon (5e – 4e av. JC) et Aristote (4e av JC), c’est la présence de l’âme dans le corps qui définit le vivant. Un être vivant, sensible, est animé par une âme. On peut dire que l’âme a la vie en puissance.  Dans la rubrique « Remarque linguistique et/ou historique », l’entrée « Classification des organismes » donne quelques éléments sur la théorie d’Aristote pour classer les êtres vivants selon la qualité de leur âme. **Voir :** [[glossaire:entrees:c:classification_des_organismes|classification des organismes]]. ==== La notion de « vivant » chez Diderot et Descartes ==== === Diderot === Pour Diderot (philosophe français du 18e siècle), c’est aux « molécules de matière » provisoirement unies en un être organisé qu’appartient l’immortalité, alors que les chrétiens n’accordent celle-ci qu’à l’âme individuelle. Dans une lettre de 1759, il dit à son amante Sophie Volland : « Ce qui vit a toujours vécu, et vivra sans fin ». De façon étonnante, il poursuit : « La seule différence que je connaisse entre la vie et la mort, c’est qu’à présent vous vivez en masse, et que dissous, épars en molécules, dans vingt ans d’ici vous vivrez en détail. ». Dans «// Rêve de d’Alembert //», il précise sa pensée : « Naître, vivre et passer, c’est changer de formes. » C’est un point central de sa philosophie, la matière est vivante et sensible, quelle que soit sa forme, complexe ou non. === Lavoisier === Toutefois, il faut noter que cette même pensée, à la même époque, se trouve chez Lavoisier (1777) qui donna une interprétation simple des lois pondérales de la chimie ("Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"-). Pour une réflexion sur cette question voir aussi l’entrée « cycle de la matière ». **Voir :** [[glossaire:entrees:c:cycle_de_la_matiere|cycle de la matière]]. === Césure entre Diderot et Descartes === On se reportera aussi à la rubrique « Réflexion linguistique et/ou historique » de l’entrée « personne non-humaine » de ce glossaire, où l’on aborde la césure que le philosophe Descartes (17e siècle) établit entre l’Homme et les animaux ; césure reposant sur son rejet de l’idée que les animaux possèdent une âme. Même si la question de l’âme ne se place pas sur le plan scientifique, l’évolution de la pensée entre Descartes et Diderot (18e siècle) conduit à la pensée scientifique actuelle. De ce point de vue, un aspect important est que l’on passe d’une pensée privilégiant le discontinu à une pensée ouvrant sur l’unité du monde vivant. ==== Le concept de «dedans psychique» de Teilhard de Chardin ==== Le prêtre français Teilhard de Chardin (1881-1955), paléontologue, théologien et philosophe, fut un théoricien de l’Évolution. Il soutient que l’esprit humain trouve son origine dans une matière qui se complexifie de plus en plus jusqu’à produire la vie, puis la conscience. Exprimée ainsi, sa pensée rejoint celle de Diderot (voir ci-dessus « Ce qui vit a toujours vécu, et vivra sans fin »). Toutefois, son postulat est plus précis. Dans les particules les plus élémentaires constituant l'Univers, il existerait un «dedans psychique» organisateur, poussant ces particules à s’agréger entre elles pour atteindre un niveau élevé de complexité, et donc de conscience. Sa vision de l’Évolution du vivant, exposée dans « Le phénomène humain », est qu’il existe une progression logique conduisant du monde inanimé de la matière (la Pré-vie), à celui de la Nature terrestre et de tous ses organismes vivants (la Vie), jusqu’à l'apparition de l'homme et la naissance de la pensée (la Pensée). Il écrit, dans « L'Avenir de l'Homme » : «Il semble … que la substance cosmique soit portée par une sorte d'attraction particulière qui lui fait à chaque instant saisir de préférence, dans le jeu des grands nombres où elle se trouve engagée, toutes les occasions de devenir plus complexe, et ainsi de se libérer davantage». Depuis qu’il formula sa vision, jusqu’à aujourd’hui, celle-ci n’a jamais convaincu les scientifiques, loin s’en faut ! **Voir :** [[glossaire:entrees:e:evolution_de_la_nature|évolution de la nature]]. ==== Conclusion ==== Si l'expression « monde minéral » est maintenant totalement admise, il est préférable de rappeler que le « monde minéral » désigne le monde inorganique, de la même façon qu'il y a une chimie organique, et une chimie inorganique, celle-ci étant la chimie minérale. La chimie organique est relative aux composés riches en atomes de carbone, c'est-à-dire relative aux molécules organiques. Le monoxyde (CO) et le dioxyde de carbone (CO2), respectivement à un et deux atomes de carbone, sont ainsi classés dans la chimie minérale, bien qu'étant des gaz. Du point de vue de la terminologie, il y a donc le même type de difficulté en chimie et en biologie. La conclusion pédagogique est donc : prudence, prudence !