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====== effondrement écologique ====== ===== Définition ===== Théorie selon laquelle une dégradation brutale et catastrophique des écosystèmes pourrait survenir rapidement, les capacités de résilience de la planète étant dépassées. **e. m**. **syn. :** effondrement des écosystèmes, effondrement du vivant. **Voir :** [[glossaire:entrees:c:catastrophe|catastrophe]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]]. ===== Informations complémentaires ===== La théorie de l'effondrement écologique s'applique à des écosystèmes de toutes tailles et en particulier aux milieux aquatiques fermés (mer, lac, étang). Précisons que le cadre envisagé n'est pas celui d'une catastrophe d'ordre cosmique. En outre, le thème de l’érosion de la biodiversité, sous son aspect progressif, est développé dans une entrée de ce glossaire. Mais, bien entendu, en raison de la vitesse actuelle de l’érosion, la distinction entre « effondrement » et « érosion » tend vers la synonymie ! **Voir :** [[glossaire:entrees:e:erosion_de_la_biodiversite|érosion de la biodiversité]]. ==== Les interrelations entre facteurs de risques ==== Certains effondrements de populations sont très étudiés et ne laissent aucun doute sur les risques d'un effondrement général. C'est le cas de la surmortalité des abeilles et des insectes pollinisateurs. Un autre exemple d'effondrement est celui de l'apparition des zones mortes dans les milieux aquatiques, à la suite d'une pollution prolongée. D'après la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), c'est un million d’espèces animales et végétales, soit une sur huit, qui risquent de disparaître dans les prochaines décennies. Par ailleurs, le changement climatique multiplie les menaces qui pèsent sur tous les écosystèmes, petits ou grands. **Voir :** [[glossaire:entrees:e:espece|espèce]], [[glossaire:entrees:i:ipbes|IPBES]], [[glossaire:entrees:p:pandemie|pandémie]], [[glossaire:entrees:p:pollinisateur|pollinisateur]], [[glossaire:entrees:p:pollution|pollution]], [[glossaire:entrees:s:surmortalite|surmortalité]], [[glossaire:entrees:z:zone_morte|zone morte]]. ==== Les effets cocktail ==== La théorie de l'effondrement repose sur le pronostic de ce que pourraient être les conséquences des effets négatifs synergiques entre tous les types de dégradations : pollutions physiques et chimiques, changements climatiques, risques sanitaires (épidémies et pandémies), surexploitation des ressources naturelles, artificialisation de milieux, déforestation, fragmentation des habitats. Chaque dégradation pouvant déclencher, par effet cocktail, une gigantesque catastrophe. La multiplicité des dérèglements qui touchent les océans, en raison des émissions de gaz à effet de serre, est un exemple de cet effet cocktail : océans plus chauds, plus volumineux par leur dilatation thermique et par la fonte des glaciers, moins riches en oxygène, plus acides. Il ne faut pas oublier que pratiquement la moitié du dioxygène que nous respirons provient des océans au travers de l'activité photosynthétique des producteurs primaires océaniques. Tous ces bouleversements et la rapidité à laquelle ils se font, explique la chute inexorable de la biodiversité marine. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:acidification_des_oceans|acidification des océans]], [[glossaire:entrees:a:artificialisation_des_milieux|artificialisation des milieux]], [[glossaire:entrees:c:changement_climatique|changement climatique]], [[glossaire:entrees:d:deforestation|déforestation]], [[glossaire:entrees:d:dioxygene|dioxygène]], [[glossaire:entrees:e:effet_cocktail|effet cocktail]], [[glossaire:entrees:e:epidemie|épidémie]], [[glossaire:entrees:g:gaz_a_effet_de_serre|gaz à effet de serre]], [[glossaire:entrees:h:habitat|habitat]], [[glossaire:entrees:p:photosynthese|photosynthèse]], [[glossaire:entrees:p:producteurs_primaires|producteurs primaires]], [[glossaire:entrees:r:ressource_naturelle|ressource naturelle]]. ==== Effondrement de civilisations ==== Les exemples de civilisations s’étant effondrées ne sont pas rares. Les catastrophes climatiques (sécheresse, en particulier) sont des causes souvent évoquées, mais elles ne sont pas les seules à devoir être prises en considération, les effets cocktail étant alors probables. **Voir :** [[glossaire:entrees:e:effondrement_de_civilisation|effondrement de civilisation]]. ==== Stress humain ==== Il est certain que les risques systémiques vont augmenter et que de grands bouleversements de la nature à l'échelle de la planète se produiront. Dans ces conditions, ce sont les régions déjà les plus exposées et, presque corrélativement, les plus pauvres, qui vont subir les dommages les plus dramatiques sur le plan humain. Cependant, l’humanité n’est pas indifférenciée face aux risques multiples qui la menacent. Pour ne prendre que les risques que génère le réchauffement planétaire, les pays dont de vastes espaces (terrestres et marins) sont gelés en permanence (Sibérie, Groenland, par exemple) peuvent voir un intérêt à la fonte des glaciers ou de la banquise. À côté de ces données objectives, beaucoup de scientifiques craignent que véhiculer les théories catastrophistes des collapsologues ait un effet stressant et démobilisateur. Quant à eux, les tenants des théories catastrophistes pensent que la probabilité d'un effondrement augmente inexorablement, l'homme ne prenant pas les mesures qui conviennent face à la situation écologique de la planète et que l'effondrement des civilisations industrielles est inéluctable et la fin de l’humanité avec ! Avec le Covid-19, le risque pandémique est devenu un des plus forts risques encouru par l’humanité, faisant presque oublier les risques climatiques. Réfléchir aux causes de la pandémie a montré les interférences entre les facteurs de risque et les phénomènes d’amplification que ces interférences pouvaient engendrer. **Voir :** [[glossaire:entrees:b:banquise|banquise]], [[glossaire:entrees:c:collapsologie|collapsologie]], [[glossaire:entrees:c:covid-19|Covid-19]], [[glossaire:entrees:f:fin_de_l’humanite|fin de l’humanité]], [[glossaire:entrees:f:fonte_des_glaciers|fonte des glaciers]], [[glossaire:entrees:r:risque_systemique|risque systémique]]. ===== Réflexion développement durable ===== Le minimum de ce que l’Homme devrait faire serait de rendre la Terre plus habitable pour les plus démunis, pourtant le plus petit début d’une solution n’apparaît pas ! Les États les plus puissants ne font rien ! La COP 26 en est la plus triste des démonstrations. ==== Les solutions ==== L’inévitable est sans doute la dégradation profonde de l’environnement. Afin de s’y préparer, il convient de prendre des mesures drastiques sur : * l’arrêt de l’exploitation des énergies fossiles ; * les économies d'énergie ; * le recyclage des déchets ; * la condamnation des pollueurs ; * les modes de consommation : les sociétés industrielles doivent prendre le chemin de la sobriété ; * l'artificialisation des milieux : la renaturation des espaces doit être développé ; * la démographie ; * etc. Outre les grandes mesures proposées par le Giec dans ses rapports successifs, le projet Drawdown lancé en 2013 par l’écologiste et entrepreneur américain, Paul Hawken, établit une liste des 100 mesures qui seraient les plus efficaces pour diminuer la quantité de gaz à effet de serre. === Projet Drawdown === Le projet Drawdown se base sur l'idée que le changement climatique, combiné à l’épuisement des énergies fossiles bon marché, détruira les fondements de notre civilisation industrielle. Le projet ne pronostique pas l'anéantissement biologique que suggère la théorie de la sixième extinction massive des espèces, la nôtre y compris, mais Paul Hawken (chercheur à l'origine du projet) envisage que des milliards de gens disparaitront d’ici à 2100, sans que ce soit ni la fin de l'humanité, ni de la vie. Mais, n’oublions pas de rappeler que de nombreuses populations connaissent déjà un effondrement de leur vie en raison des guerres, des calamités naturelles, de l’agriculture intensive et l’urbanisation, etc. **Voir :** [[glossaire:entrees:d:dechet|déchet]], [[glossaire:entrees:d:demographie|démographie]], [[glossaire:entrees:e:extinction_d'especes|extinction d'espèces]], [[glossaire:entrees:p:projet_drawdown|projet Drawdown]], [[glossaire:entrees:r:recyclage|recyclage]]. === Les alertes des scientifiques === Les rapports des différents organismes internationaux (Giec, IPBES, SOFI), par leurs alertes scientifiques maintenant plusieurs fois confirmées, font comprendre aux différents peuples, qu'il leur est difficile de se projeter dans un avenir à aux risques et qu'ils doivent réagir. **Voir :** [[glossaire:entrees:g:giec|Giec]], [[glossaire:entrees:i:ipbes|IPBES]], [[glossaire:entrees:s:sofi|SOFI]]. === Les mouvements citoyens et ONG === C'est ainsi que de nombreux mouvements de citoyens se structurent dans de nombreux pays afin d'exiger que les gouvernements agissent pour la planète et prennent des mesures pour lutter contre les changements climatiques et la sauvegarde de la biodiversité. Chaque année l’ONG //Global Footprint Network//, donne le jour du dépassement mondial qui est le jour où, théoriquement, l’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an. En 2020, ce jour était le 21 août. Avec le ralentissement de l’économie pour cause de Covid-19, en 2021, ce jour est revenu au 29 juillet. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agir_pour_la_planete|agir pour la planète]], [[glossaire:entrees:b:biodiversite|biodiversité]], [[glossaire:entrees:j:jour_du_depassement|jour du dépassement]], [[glossaire:entrees:s:sauvegarde|sauvegarde]]. === Les réactions individuelles === À l'échelle individuelle, certains jugeant le péril inéluctable et imminent (c'est-à-dire devant affecter les générations actuelles), développent une angoisse croissante, générant des névroses dites climatiques. Par ailleurs, parmi ceux qui vivent avec à l'esprit l'imminence d'une catastrophe, il y a ceux qui ne songent qu'à s'en sortir individuellement. Ce sont les survivalistes, très courtisés par l'extrême droite ! **Voir :** [[glossaire:entrees:s:stress|stress]], [[glossaire:entrees:s:survivaliste|survivaliste]]. ==== Réflexions personnelles ==== Comme avec les négationnistes du climat (les climatosceptiques), les « anti-vaccins », ont montré la difficulté qu’il y a à changer les comportements, tant les arrière-pensées sont toujours diverses et puissantes. Dans le cas du Covid-19, on peut s’interroger qu’il y ait des résistances face à l’analyse historique, face à la science. Avec le Covid-19, en 2021, sur 10 malades en urgence 9 ne sont pas vaccinés. Face à cet argument implacable, comment imaginer qu’il puisse y avoir des anti-vaccins, même au nom de la liberté du choix. Toutes les raisons semblent bonnes pour balayer ce que l’on sait des épisodes pandémiques passées (peste, variole, etc.), et des morts actuels par les maladies contre lesquelles aucun vaccin n’existe (paludisme, méningite, etc.), et dont, pourtant, de nombreux peuples souhaiteraient bénéficier. En termes de gouvernance, voilà le type de frein que l’on peut rencontrer face à la nécessité de changer nos modes de vie. Alors, dans un contexte d’urgence climatique, face à la demande de sobriété, quelles vont être les réticences aux changements demandés ? **Voir :** [[glossaire:entrees:c:climatosceptique|climatosceptique]], [[glossaire:entrees:s:sobriete|sobriété]].