Warning: Undefined array key "REMOTE_USER" in /home/clients/3b115fc3e8a0aca3c68a241422c6edc4/sites/infomaniak.planete-vivante.fr/lib/plugins/userhomepage/helper.php on line 235
Warning: Undefined array key "REMOTE_USER" in /home/clients/3b115fc3e8a0aca3c68a241422c6edc4/sites/infomaniak.planete-vivante.fr/lib/plugins/userhomepage/helper.php on line 32
Warning: Undefined array key "REMOTE_USER" in /home/clients/3b115fc3e8a0aca3c68a241422c6edc4/sites/infomaniak.planete-vivante.fr/lib/plugins/userhomepage/action.php on line 97
Warning: Undefined array key "REMOTE_USER" in /home/clients/3b115fc3e8a0aca3c68a241422c6edc4/sites/infomaniak.planete-vivante.fr/lib/plugins/userhomepage/action.php on line 100
====== consumérisme ======
===== Définition =====
==== Sociologie et langage courant ====
Mode de vie dans lequel la tendance est de consommer toujours plus de biens et de services.
**n. m.** (angl. //consumerism//, consommateur).
**Voir :** [[glossaire:entrees:m:mode_de_vie|mode de vie]].
===== Informations complémentaires =====
Consommation et production responsables sont clairement liées. Il en est de même des notions de consumérisme et productivisme, mais ces dernières étant entachées du caractère négatif de l’excès.
Aujourd’hui, après soixante ans de développement de la société de consommation (début que l’on peut situer dans les années 1960), l’idée de la nécessité d’aller vers plus de sobriété se développe dans tous les domaines : sobriété énergétique, sobriété numérique, par exemple. Sur ce thème on se reportera à la rubrique « Remarque pédagogique ».
**Voir :** [[glossaire:entrees:o:odd|ODD]], [[glossaire:entrees:p:productivisme|productivisme]], [[glossaire:entrees:s:sobriete|sobriété]].
==== La «fast fashion» ou “mode éphémère » : un exemple de consumérisme ====
La «//fast fashion//», que l’on peut traduire par « mode éphémère », propose une quantité impressionnante de vêtements à bas prix et de qualité médiocre, pour la plupart importés d'Asie. Par ses prix bas, cette mode vestimentaire encourage le consumérisme, mais ce ne sont pas les consommateurs qui paient ni le coût environnemental, ni le coût social.
En ce qui concerne l’usage de l’expression «//fast fashion//» plutôt que celle de « mode éphémère », on se reportera à la rubrique ci-dessous « Remarque linguistique et/ou historique ». Aujourd’hui, il est même question d’ultra fast fashion responsable sans doute d’ultra exploitation, tant des hommes que de la nature !
=== Une publicité agressive et des prix bas ===
En outre, le renouvellement des collections est stimulé par la pression considérable qu’exerce une publicité agressive, dans laquelle les influenceurs et influenceuses ont un rôle sidérant, quand on songe à l’intérêt qu’accorde un immense public à ces vidéos, dites « haul » (en anglais « butin »), publiées sur Internet et vues des dizaines de millions de fois, dans lesquelles une personne discute des articles qu'elle a récemment découverts !
=== Nombre de modèles ou nombre de vêtements fabriqués ? ===
Selon les marques le nombre de nouveaux modèles mis sur le marché par jour peut être de plusieurs centaines, à plusieurs milliers, et le nombre de vêtements fabriqués par modèle encore plus considérable, représentant des masses tout aussi excessives.
De façon plus générale, depuis le début du 21e siècle, la production de vêtements a presque doublé, et les consommateurs les conservent deux fois moins longtemps, considérant les articles d’habillement comme « jetables ».
=== Coût environnemental ===
Produits en Asie, en générant des impacts environnementaux dévastateurs, ces produits ne tiennent pas compte dans leurs prix de ces dégâts. Or, les coûts engendrés par l’ensemble du cycle de vie des vêtements (dépollution de l’environnement, collecte des vêtements usagés, etc.), devraient se retrouver dans les prix, puisque sinon ce sont les ressources publiques qui sont mises à contribution.
Globalement, l’industrie textile est une branche industrielle dont les impacts écologiques sont particulièrement forts.
* impact carbone : impact généré tout au long du cycle de vie ;
* pollution chimique ;
* consommation d'eau ;
* mauvaise gestion des déchets : les déchets sont souvent expédiés dans des pays n’ayant pas les capacités de leur gestion durable.
La pollution par les microplastiques d'origine textile est importante. Le textile est le troisième secteur à utiliser du plastique, après les emballages et les bâtiments.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:cycle_de_vie|cycle de vie]], [[glossaire:entrees:d:dechet|déchet]], [[glossaire:entrees:i:impact_environnemental|impact environnemental]], [[glossaire:entrees:m:microplastique|microplastique]].
===== Réflexion développement durable =====
==== Actions contre la mode éphémère ====
=== Respect de l’environnement et des droits humains ===
La mode éphémère, malgré son impact évident sur l’environnement, ne fait pas l’objet de limitation. Il n’existe aucune réglementation européenne ou même française en ce domaine, même si la « consommation et production responsables » font l’objet de l’ODD12 (voir ci-dessous). Le principe de précaution exigerait une action rapide, tant les risques humains et environnementaux sont grands à l’échelle des filières de production de l’industrie de la mode. Il suffit de penser que, outre les impacts environnementaux, on doit prendre en considération les droits des millions de travailleurs de ces filières qui sont exploités en termes de salaires, de conditions de travail et même de maltraitance.
**Voir :** [[glossaire:entrees:p:principe_de_precaution|principe de précaution]].
=== Organisation mondiale du commerce (OMC) ===
Depuis 1974, un ensemble d'accords internationaux permettaient aux pays industrialisés (en appliquant des quotas par pays exportateur) de limiter les importations de certains types de textiles (coton, laine, etc.) en provenance des pays du Sud et d’Asie. Mais, en 2005, en abrogeant ces accords, l’organisation mondiale du commerce (OMC) a permis aux marques de mode d’accéder à une main-d'œuvre et des matières premières peu chères, ainsi qu’à des normes environnementales, sociales et sanitaires minimalistes. La mode éphémère était née !
Alors que le mal est fait, l’OMC prône la durabilité. C’est ainsi que plusieurs gouvernements tentent de réagir en adoptant des textes pour mieux réguler les pratiques du secteur (voir ci-dessous, la rubrique : France).
**Voir :** [[glossaire:entrees:d:durabilite|durabilité]], [[glossaire:entrees:q:quota|quota]].
=== En France ===
Début de l’année 2024, le parlement français a voté à l’unanimité des mesures visant à “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile”, afin d’agir contre la surconsommation.
Le texte de loi définit la fast-fashion par un “nombre de modèles de produits neufs”. Il ne fixe pas le nombre de produits mis par jour sur le marché. Nombre de modèles ou nombre de produits par jour, le critère mérite d’être précisé, sinon les grandes enseignes s’engouffreront dans le flou !
La question de la pénalisation financière de la mode éphémère est à l’étude.
Plusieurs voies d’action sont possibles :
* en interdisant la publicité : les influenceurs ne pourront plus encourager l’achat de vêtements de marques pratiquant la mode éphémère ;
* en mettant en place un dispositif de bonus / malus sur les vêtements : la mode éphémère deviendrait plus chère et la mode respectant l’environnement moins chère. Pour donner un ordre d’idée, un projet envisage d’en fixer le montant à 10 euros par produit en 2030, avec un plafond de 50 % du prix de vente. Les contributions seraient redistribuées en faveur des producteurs de vêtements durables ;
* l’affichage environnemental : pour renforcer l’information des consommateurs, les marques pourraient devoir afficher sur leur site internet leur impact environnemental ;
* les distributeurs pourraient se voir obliger d’effectuer des prélavages avec filtration des eaux, l'essentiel des relargages de particules se faisant lors des premiers lavages.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:affichage_environnemental|affichage environnemental]], [[glossaire:entrees:b:bonus-malus|bonus-malus]].
==== Action contre le consumérisme, en général ====
L’efficacité des mesures pour lutter contre le consumérisme dépend de l’adhésion des consommateurs à la démarche générale de sobriété. Dans tous les domaines, le consommateur doit être acteur de la transition écologique. Son investissement dans cette démarche exige qu’il soit sensibilisé, soit par des émotions positives (satisfaction d’avoir fait un geste pour la planète), soit négatives (culpabilité d’acheter des vêtements neufs, ou honte de prendre l’avion). En France, dans cette démarche de sensibilisation, on peut signaler la campagne du « Dévendeur » de l’Ademe (Agence de la transition écologique). Campagne que les publicitaires n’ont pas beaucoup aimée ! En effet, des vendeurs encouragent les clients à réparer plutôt que d'acheter du neuf.
**Voir :** [[glossaire:entrees:p:principe_de_precaution|principe de précaution]], [[glossaire:entrees:r:recyclage|recyclage]], [[glossaire:entrees:s:sobriete|sobriété]], [[glossaire:entrees:t:transition_ecologique|transition écologique]].
==== Objectif de développement durable (ODD) et cible ====
=== ODD concerné ===
La question de la surconsommation est abordée au travers de l'ODD :
* 12 - Consommation et production responsables : Établir des modes de consommation et de production durables.
**ODD-N° :** 12.
{{c/image16.png?59x59}}
===== Réflexion pédagogique =====
=== Chaînes alimentaires versus consumérisme ! ===
Lorsque l’on traite de l’équilibre d’un écosystème, la finitude des ressources disponibles pour les êtres vivants qui y vivent, est une question centrale. Par exemple, si rien ne régule la croissance rapide d’une population d’herbivores (ou de phytophages), cette dernière épuisera rapidement la végétation disponible du territoire sur lequel elle vit, conduisant donc à la dégradation de l’écosystème, celui-ci ne se régénérant ensuite presque jamais à l’identique.
Sur le plan des sociétés humaines, le consumérisme pose le même type de question, mais à l’échelle de la planète. Il est donc intéressant de réfléchir aux échelles de grandeur.
Dans le cas des herbivores, la dégradation est localisée à l’écosystème impacté. Dans le cas du consumérisme, c’est toutes les ressources naturelles qui subissent les impacts, et c’est donc l’écosystème planétaire qui risque de s’effondrer (voir l’entrée « risque systémique »).
La puissance des impacts anthropiques vient, en particulier, du fait de leur multitude, et que, par ailleurs, tous les milieux sont concernés (air, eau, sol). Les interactions au sein de cette multitude d’impacts produisent des effets innombrables : effets domino, effets retour, effets synergiques.
Cette réflexion conduit à rappeler les alertes du Club de Rome, en 1972, avec la publication du rapport « Halte à la Croissance ? ».
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropique|anthropique]], [[glossaire:entrees:c:club_de_rome|Club de Rome]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]], [[glossaire:entrees:e:effet_domino|effet domino]], [[glossaire:entrees:e:effet_retour|effet retour]], [[glossaire:entrees:e:effet_synergique|effet synergique]], [[glossaire:entrees:h:herbivore|herbivore]], [[glossaire:entrees:n:naturel|naturel]], [[glossaire:entrees:p:phytophage|phytophage]], [[glossaire:entrees:r:risque_systemique|risque systémique]].
===== Remarque linguistique et/ou historique =====
==== La " fashion» ====
Avant que, en français, fashion soit un mot oublié puis récemment retrouvé dans l’expression anglaise « fast fashion », il était utilisé en littérature française pour évoquer l’élégance, ou encore le beau monde. Alexandre Dumas écrit dans son roman « Le capitaine Pamphile » « Les ministres auxquels ils s’étaient présentés avaient remarqué en eux, il est vrai, une ignorance complète des usages du monde ; mais cette absence de fashion, qu’on ne pouvait consciencieusement pas exiger d’hommes nés sous le 10e degré de latitude, était (etc.) … ». Dans ce texte, la fashion est réservée aux gens de la classe supérieure, avec une bonne dose de racisme !
Le racisme qui est exprimé ici dans l’expression « hommes nés sous le 10e degré de latitude », est pourfendu au travers de tout le roman avec un ton sarcastique. De plus, ce fléau du racisme résonne dans ce texte avec une idée très actuelle, celle des mondes d’en haut et d’en bas que l’on peut traduire par : les grands de ce monde (dans le roman : les ministres)… et les autres (dans le roman : les « sauvages ») !
Aujourd’hui, le mot fashion fait donc un retour en force en français… sans ses racines littéraires mais pour des tissus « bas de gamme » ! Mais ce n’est qu’un retour à la maison puisque le mot anglais fashion tire son origine du terme français « façon » qui correspondait aux savoir-faire liés à la confection de vêtements luxueux.
Si on récapitule ( !), avec le texte de Dumas, l’idée de l’élégance était revenue une première fois d’Angleterre, avec le mot //fashion// utilisé par Dumas, et non « façon » ! Puis le mot a été oublié et, aujourd’hui, il revient une nouvelle fois, non plus par le voie du luxe pour les gens d’en haut, mais par la //fast fashion// pour ceux d’en bas, avec des tissus qui deviennent vite des déchets ! Nous sommes loin de l’économie circulaire !
**Voir :** [[glossaire:entrees:e:economie_circulaire|économie circulaire]], [[glossaire:entrees:l:latitude|latitude]], [[glossaire:entrees:s:sauvage|sauvage]].