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====== changement climatique anthropique ======
===== Définition =====
Ensemble des modifications climatiques trouvant leur origine dans les activités humaines.
**e. m**.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropique|anthropique]], [[glossaire:entrees:c:climat|climat]].
===== Informations complémentaires =====
Pour les entrées du glossaire, nous avons distingué celle-ci, qui concerne les changements climatiques de la période industrielle (celle qui concerne l’Anthropocène, qui se compte en siècles), et la période pré-industrielle, qui se compte en millions d’années).
Pendant l’Anthropocène, les activités anthropiques sont à l’origine d’une montée particulièrement rapide de l’effet de serre, sans précédent dans l’histoire de la Terre, et d’un réchauffement planétaire aux conséquences humaines, déjà catastrophiques.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropocene|Anthropocène]], [[glossaire:entrees:c:changement_climatique_preindustriel|changement climatique préindustriel]], [[glossaire:entrees:e:effet_de_serre|effet de serre]], [[glossaire:entrees:r:rechauffement_planetaire|réchauffement planétaire]].
==== Le Petit âge glaciaire : un changement climatique préindustriel ====
Le Petit âge glaciaire s’étendit du 12e au 19e siècles, avec des hivers longs et froids, en Europe et en Amérique du Nord.
=== Du 12e au 14e siècles ===
Au 12e siècle, l'Europe du Nord connaissait un climat tempéré et le Groenland, aujourd'hui couvert de permafrost, était un pays vert (d'où son nom). Puis, dès le 13e siècle, la banquise de l'Atlantique Nord et les glaciers du Groenland s'étendirent vers le sud. Au 14e siècle, l’Europe est touchée par des tourmentes climatiques et une série d’hivers longs et froids. Cette période est mal documentée.
=== 18e et 19e siècles ===
La baisse des ressources alimentaires qui en résulta et la démographie en forte progression, entrainèrent des famines en Europe du Nord. Une grande famine toucha l’Irlande au milieu du 18e siècle. Une autre famine toucha de nouveau l’Irlande au milieu du 19e siècle. Elle eut pour cause une attaque parasitaire par une espèce invasive (un champignon responsable du mildiou) qui détruisit la récolte de pomme de terre, aliment de base de la population.
=== Que nous apprend ce passé ? ===
Aujourd'hui, dans des conditions bien différentes (climatiques et économiques), des famines existent toujours. Qu'adviendrait-il, en zone tempérée si, après la période de réchauffement du début du 21e siècle, il se produisait une baisse moyenne de 1,5 °C, ou si les perturbations du climat (cyclones, canicules, inondations) se poursuivaient et s'intensifiaient ?
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:canicule|canicule]], [[glossaire:entrees:c:catastrophe|catastrophe]], [[glossaire:entrees:c:changement_climatique_preindustriel|changement climatique préindustriel]], [[glossaire:entrees:c:crise_climatique_actuelle|crise climatique actuelle]], [[glossaire:entrees:c:cyclone|cyclone]], [[glossaire:entrees:e:espece_invasive|espèce invasive]], [[glossaire:entrees:f:famine|famine]].
==== Responsabilités humaines face aux changements ====
À la fin du 20e siècle, plusieurs questions ont été posées. Dans les changements climatiques actuels, quelle est la part attribuable aux fluctuations naturelles du climat, c'est-à-dire aux variations ne dépendant pas de l'homme, et celle relevant des activités humaines, comme l'altération de la composition de l'atmosphère ?
Au début du 21e siècle la question ne se posait plus. Les différents rapports du Giec ont apporté toutes les preuves scientifiques de la responsabilité des Hommes.
Mais maintenant, comment l'homme peut-il réagir à la situation actuelle dont il sait maintenant qu'il en est responsable en raison de ses activités industrielles et agricoles pour l’essentiel ?
==== Les phénomènes extrêmes ====
Les changements climatiques intensifient et multiplient les phénomènes extrêmes : sècheresse, canicules, mégafeux de forêts, violents orages. Face à l’emballement constaté des changements, il est difficile pour les prévisionnistes d’ajuster leurs modèles pour anticiper ces catastrophes, dites naturelles même si, à la base, la cause repose en grande partie sur le réchauffement atmosphérique d’origine anthropique. Cette difficulté dans les prévisions empêche les météorologues de lancer des alertes en temps voulu pour éviter les catastrophes humaines résultant des phénomènes extrêmes.
De nombreux climatologues du Giec prédisent une trajectoire climatique qui mène à + 2,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle d’ici la fin du siècle, et qui mène donc un avenir plutôt sombre.
Il est urgent d’inverser la tendance climatique, sinon nous connaîtrons des canicules, des mégafeux de forêt, des inondations et des cyclones, d’une intensité et d’une fréquence bien supérieures à celles que nous avons connues, avec des impacts majeurs sur les sociétés, et, en particulier, des menaces sérieuses sur la sécurité alimentaire et la santé humaine, pour une part immense de la population mondiale.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:canicule|canicule]], [[glossaire:entrees:c:cyclone|cyclone]], [[glossaire:entrees:f:foret|forêt]], [[glossaire:entrees:i:inondation|inondation]], [[glossaire:entrees:m:megafeu|mégafeu]], [[glossaire:entrees:s:secheresse|sècheresse]], [[glossaire:entrees:s:securite_alimentaire|sécurité alimentaire]].
==== Les limites planétaires ====
Certains ont pu penser que les progrès des technologies permettraient de limiter les impacts des changements climatiques. Les conséquences des pandémies (en particulier celle du Covid19), puis des canicules et sècheresses, les ont sans doute ébranlés dans leur conviction et fait prendre conscience de la grande vulnérabilité de nos sociétés. En effet, l’enchaînement des événements dramatiques qui touchent la planète démontre que toutes les limites planétaires sont dépassées ou proches de l’être et que nos technologies n’offrent contre ces plaies que des cataplasmes. Il est impératif que l’on s’adapte aux changements climatiques tout en tentant d’en limiter les effets.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:covid-19|Covid-19]], [[glossaire:entrees:l:limite_planetaire|limite planétaire]].
==== Crise climatique et environnement ====
La crise climatique de l’Anthropocène débute avec le réchauffement atmosphérique rapide consécutif de l’augmentation de l’effet de serre résultant de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre à la suite des activités humaines.
Tout changement climatique a une influence sur l’ensemble des sphères de la planète (atmosphère, biosphère, hydrosphère, lithosphère), créant aujourd’hui une crise environnementale majeure.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropocene|Anthropocène]], [[glossaire:entrees:a:atmosphere|atmosphère]], [[glossaire:entrees:b:biosphere|biosphère]], [[glossaire:entrees:c:crise_environnementale_majeure|crise environnementale majeure]], [[glossaire:entrees:e:effet_de_serre|effet de serre]], [[glossaire:entrees:e:emissions_de_gaz_a_effet_de_serre|émissions de gaz à effet de serre]], [[glossaire:entrees:h:hydrosphere|hydrosphère]], [[glossaire:entrees:l:lithosphere|lithosphère]], [[glossaire:entrees:r:rechauffement_atmospherique|réchauffement atmosphérique]].
=== Biodiversité ===
Par le biais de l'augmentation des températures moyennes, le fonctionnement et la diversité des écosystèmes sont affectés. Par exemple, l'élévation de la température superficielle des océans perturbe le phytoplancton, et le zooplancton et, par voie de conséquence, les chaînes alimentaires qui en dépendent. Celles-ci trouvent de nouveaux équilibres, les anciens étant souvent définitivement perdus.
L'empreinte écologique est de plus en plus marquée. On considère que 20 à 30 % des espèces animales et végétales sont menacées d’extinction. C’est pourquoi certains craignent une extinction massive d’espèce, qui serait la sixième
Les facteurs responsables sont multiples et il est difficile de faire la part de leurs impacts respectifs d'autant qu'ils interagissent. Deux facteurs qui agissent sur le fonctionnement du vivant doivent être mis particulièrement mis en avant : l'acidification des océans et le réchauffement atmosphérique.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:acidification_des_oceans|acidification des océans]], [[glossaire:entrees:b:biodiversite|biodiversité]], [[glossaire:entrees:c:chaine_alimentaire|chaîne alimentaire]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]], [[glossaire:entrees:e:empreinte_ecologique|empreinte écologique]], [[glossaire:entrees:e:extinction_d'especes|extinction d'espèces]], [[glossaire:entrees:p:phytoplancton|phytoplancton]], [[glossaire:entrees:z:zooplancton|zooplancton]].
=== Acidification des océans ===
L'augmentation du CO2 atmosphérique est à l'origine de l'acidification des océans. Celle-ci représente un risque majeur pour les récifs coralliens et certains types de plancton, menaçant ainsi l’équilibre de nombreux écosystèmes. Ce risque est d'ailleurs aggravé par le réchauffement océanique.
**Voir :** [[glossaire:entrees:p:plancton|plancton]], [[glossaire:entrees:r:recif_corallien|récif corallien]].
=== Réchauffement planétaire ===
Le réchauffement atmosphérique est à l'origine de modifications importantes du vivant :
* l'accélération des cycles de développement de certains végétaux : en 30 ans, en France, les vendanges ont été avancées de 3 semaines ;
* la modification des aires de répartitions : certaines espèces animales
et végétales pouvant être trouvées plus au nord (cas des chênaies méditerranéennes) ou à des altitudes plus élevées (cas des pelouses sommitales), tant en raison de la montée des températures moyennes, qu’en raison de phase de sécheresse accentuée ;
* migration et ponte plus précoces pour certains oiseaux.
Par ailleurs, l'ensemble de ces changements biologiques fait que, par exemple, les chaînes alimentaires et les habitats sont modifiés.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:cycle_de_developpement|cycle de développement]], [[glossaire:entrees:h:habitat|habitat]], [[glossaire:entrees:m:migration|migration]], [[glossaire:entrees:p:prairie_sommitale|prairie sommitale]].
==== Risques pour les productions agricoles ====
Si le réchauffement atteint 2 °C, les changements climatiques vont s’intensifier et leurs interactions (températures, sécheresse, événements paroxystiques) devraient amener une baisse des productions agricoles dans de nombreuses parties de la planète, or les êtres humains sont toujours plus nombreux. En 2022, la guerre en Ukraine a démontré, si c’était nécessaire, la fragilité mondiale des productions horticoles.
Par ailleurs, on estime que même si le réchauffement est limité, 8% des terres aujourd’hui cultivables ne le seront plus d’ici la fin du siècle.
**Voir :** [[glossaire:entrees:e:evenement_climatique_extreme|événement climatique extrême]].
==== Augmentation des risques sanitaires ====
Avec les changements climatiques (réchauffement, modification du régime des pluies, événements extrêmes, etc.), l'augmentation des risques est importante dans le domaine de la santé, conduisant à une aggravation de la mortalité et de la morbidité.
En Europe, d’ici 2050, dans un scénario à + 1,5 °C on pourrait compter 30 000 décès par an de surmortalité en raison de vagues de chaleur extrême et jusqu’à trois fois plus si le réchauffement atteint 3 °C.
De façon moins évidente, il ne faut pas oublier les conséquences sur la dégradation des liens sociaux qui est associée aux effets de la pauvreté toujours aggravée par les déstabilisations de toutes sortes et, corrélativement, une altération de la santé mentale des personnes les plus touchées (réfugiés climatiques, par exemple).
**Voir :** [[glossaire:entrees:e:epidemie|épidémie]], [[glossaire:entrees:m:maladie_vectorielle|maladie vectorielle]], [[glossaire:entrees:m:morbidite|morbidité]], [[glossaire:entrees:m:mortalite|mortalité]], [[glossaire:entrees:r:refugie_climatique|réfugié climatique]], [[glossaire:entrees:s:surmortalite|surmortalité]].
=== Les facteurs climatiques augmentant les risques ===
Plusieurs aspects des changements climatiques vont favoriser une augmentation des risques, particulièrement :
* le réchauffement atmosphérique : celui-ci va conduire de nombreuses espèces à rechercher de nouveaux habitats. Ce sera le cas pour certains insectes vecteurs
de maladies (paludisme, dengue, choléra), qui vont investir de nouveaux habitats, en y apportant des maladies qui n'y existaient pas. Ceci est également vrai pour l'agriculture ;
* les inondations : elles sont à l'origine de conditions de vie insalubres qui favorisent l'apparition d'épidémies. C'est ce qui arrive aux réfugiés climatiques ;
* les canicules : elles mettent en péril les personnes les plus pauvres et les plus fragiles ;
* les sécheresses : l'allongement des périodes de sécheresse augmentera les risques de conflits armés.
**Voir :** [[glossaire:entrees:h:habitat|habitat]], [[glossaire:entrees:m:maladie_vectorielle|maladie vectorielle]], [[glossaire:entrees:p:paludisme|paludisme]], [[glossaire:entrees:r:refugie_climatique|réfugié climatique]].
=== Les maladies infectieuses ===
Les changements climatiques sont à l’origine de la progression des maladies infectieuses
Les eaux stagnantes associées à des températures qui augmentent sont toujours des milieux favorables à la prolifération des moustiques et les maladies vectorielles, et dans des pays comme le Pakistan, favorable aux épidémies de paludisme, les inondations ont été à l’origine d’une recrudescence du paludisme.
La tuberculose, quant à elle, progresse parmi tous les réfugiés, qu’ils soient la conséquence des changements climatiques, des guerres, et de la pauvreté en général.
**Voir :** [[glossaire:entrees:e:epidemie|épidémie]], [[glossaire:entrees:i:inondation|inondation]], [[glossaire:entrees:m:maladie_infectieuse|maladie infectieuse]], [[glossaire:entrees:m:maladie_vectorielle|maladie vectorielle]], [[glossaire:entrees:p:paludisme|paludisme]], [[glossaire:entrees:p:pauvrete|pauvreté]], [[glossaire:entrees:p:proliferation|prolifération]].
==== Les réfugiés climatiques ====
Près de la moitié de la population mondiale vit dans des régions très vulnérables aux changements climatiques. Toujours plus nombreux, les réfugiés climatiques viennent bien entendu de ces régions. Au cours du début du 21e siècle, les décès dus aux événements extrêmes (canicules, cyclones, inondations, sécheresses) ont été 15 fois plus nombreux dans ces régions que dans le reste du monde.
Les impacts du changement climatique peuvent être très différents d’une région de la planète à une autre, mais de nombreux spécialistes craignent que l'humanité se dirige vers un chaos climatique très global. Les événements extrêmes pourraient devenir plus nombreux et surtout plus intenses et engendrer des crises écologiques plus ou moins graves.
Les dérèglements climatiques (cyclones, inondations, sécheresse, montée des eaux, canicules) ont déjà poussé des millions de personnes à tout quitter, en quête de secours.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:crise_ecologique|crise écologique]], [[glossaire:entrees:m:montee_des_eaux|montée des eaux]], [[glossaire:entrees:r:refugie_climatique|réfugié climatique]], [[glossaire:entrees:s:submersion_marine|submersion marine]].
=== Sécheresse en Afrique ===
En 2007, après une saison estivale sèche et torride, une large bande géographique, traversant l'Afrique de la côte ouest (Sénégal) à la côte est (Kenya, Somalie), a subi des pluies torrentielles provoquant des inondations catastrophiques.
=== Montée des eaux en Asie ===
La montée des eaux, par exemple, chassera de leur terre des millions d'habitants, en particulier ceux des îles, des deltas et des zones côtières très basses. Depuis 2007, le Bangladesh est largement touché par la montée des océans. On doit s'attendre à une augmentation des déplacements de populations, y compris vers les pays voisins. On remarquera surtout que le Bangladesh, qui n'est responsable que de 0,4 % des émissions de gaz à effet de serre (l'équivalent des émissions de la ville de New York), est l'un des premiers à payer un très lourd tribut humain au réchauffement de la planète. Il y a là une grande injustice, car les pays pauvres comme le Bangladesh auront peu de moyens pour faire face.
**Voir :** [[glossaire:entrees:s:submersion_marine|submersion marine]].
=== Montée des eaux dans le monde ===
Dans le monde, un milliard d’habitants des zones côtières est menacé par la montée des eaux ou les submersions marines.
==== Conflits humains ====
Dans un monde globalisé où toutes les nations sont interdépendantes, raréfaction des ressources en eau, en terres cultivables, en lieux habitables, baissent des productions agricoles, chute des stocks de poissons, vont augmenter les instabilités sociales et économiques et, par là-même, les risques de conflits.
**Voir :** [[glossaire:entrees:r:ressource_en_eau|ressource en eau]].
===== Réflexion développement durable =====
Aujourd’hui, l’humanité est soumise aux conséquences de ses actes.
À voir les dégradations de la nature que l'homme a provoquées, il semblerait que ni notre expérience du passé (l'époque industrielle), ni nos connaissances scientifiques, ne nous aient préparés aux changements brutaux et multiples auxquels nous sommes confrontés actuellement (changements climatiques, croissance démographique, etc.).
Les alertes sonnent depuis longtemps dans tous les domaines, canicules, sécheresses, réchauffement des eaux océaniques, montées des eaux, tornades, etc.
Dans nos réactions face aux transformations du climat, nous affichons un retard permanent, et peut-être même que ce retard s’accélère, c’est ce que tendent à montrer les recherches sur les limites planétaires, et sur les signes vitaux de la planète.
Aux différentes échelles (internationale à locale), les instances ayant un pouvoir de décision prennent des mesures d'efficacité différentes et qui ne sont souvent que des intentions ! Dans le meilleur des cas, les mesures consistent à passer de technologies sales à des technologies plus propres ! Or, il faudrait que les gouvernements s’engagent dans des changements structurels de société en remodelant les systèmes de transports, les villes, la production et la distribution de nourriture, les marchés financiers, les systèmes de santé. C’est-à-dire qu’il faudrait que les bouleversements soient gigantesques. La pandémie du Covid-19 nous a fait toucher du doigt ce que pourrait être un bouleversement d’ampleur des sociétés !
**Voir :** [[glossaire:entrees:p:pandemie|pandémie]], [[glossaire:entrees:s:signe_vital_de_la_planete|signe vital de la planète]].
==== Comment répondre à la vulnérabilité de nos sociétés ? ====
=== Réponses ayant des effets négatifs : les maladaptations ===
La planification des actions qui doivent être engagées doit se faire en réfléchissant aux effets qu’elles enclenchent. Certaines ont des effets négatifs. Par exemple, quand on pense à la renaturation d’une friche industrielle, l’introduction d’espèces envahissantes va à l’encontre de l’objectif. De même, la gestion de l’eau doit tenir compte des concurrences entre secteurs d’activités (agriculture, usage domestiques, etc.). C’est ainsi que les mégabassines sont un détournement du bien commun que représente les ressources en eau. C’est vrai aussi pour les réponses technologiques aux changements climatiques, comme le développement de la climatisation qui aggrave le réchauffement. Ce sont les maladaptations.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:agriculture|agriculture]], [[glossaire:entrees:f:friche|friche]], [[glossaire:entrees:m:maladaptation|maladaptation]], [[glossaire:entrees:m:megabassine|mégabassine]], [[glossaire:entrees:r:renaturation|renaturation]], [[glossaire:entrees:r:ressource_en_eau|ressource en eau]].
=== Réponses ayant des effets positifs ===
La rénovation thermique des bâtiments permet de réduire la consommation énergétique des logements tout en permettant une adaptation aux températures froides et aux canicules. Les actions vertueuses sont, en tout premier lieu, celles qui respectent les équilibres naturels et donc la biodiversité fonctionnelle, et qui sont peu gourmandes en ressources naturelles, comme l’eau.
Ce sont les mesures urgentes que les sociétés doivent prendre préventivement en raison de l’aggravation attendue des changements climatiques. Il s’agit de mesures :
* d’atténuation : elles traitent les causes du réchauffement planétaire ;
* d’adaptations transformationnelles : elles sont préconisées par le Giec, dans le cadre de ses travaux sur les scénarios climatiques.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:adaptation_transformationnelle|adaptation transformationnelle]], [[glossaire:entrees:a:attenuation_des_changements_climatiques|atténuation des changements climatiques]], [[glossaire:entrees:b:biodiversite_fonctionnelle|biodiversité fonctionnelle]], [[glossaire:entrees:r:ressource_naturelle|ressource naturelle]], [[glossaire:entrees:s:scenario_climatique|scénario climatique]].
==== Les mouvements sociaux ====
=== Mouvements de la société civile ===
Sans un puissant mouvement venant de la société civile (secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques), les états ne seront guère plus efficaces qu'ils l'ont été jusqu'à aujourd'hui. Or, si des mesures drastiques ne sont pas prises rapidement pour lutter contre les changements climatiques, nous assisterons à des dégradations irréversibles de l’environnement et de la biodiversité, qui affecteront fortement nos sociétés.
=== Mouvements citoyens ===
Dans de nombreux pays, Europe, États-Unis, en particulier, les citoyens se tournent vers les tribunaux pour protéger leurs droits humains face aux changements climatiques.
=== La jeunesse ===
Les jeunes, qui ont un sentiment d’urgence pour leur génération qui va devoir vivre avec les conséquences des changements climatiques, ont lancé de nombreux mouvements qui ont pris pour objectif de convaincre leurs chefs d’État et de gouvernement, et les politiques en général, d’accélérer la lutte contre le changement climatique, et d'agir pour la planète.
C'est le cas des actions de désobéissance civile, ainsi que des grèves mondiales des lycéens pour le climat en 2019. Au cours de ces manifestations, des millions de jeunes n'assistèrent pas à leur cours, l'objectif étant de.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:agir_pur_la_planete|agir pur la planète]], [[glossaire:entrees:d:desobeissance_civile|désobéissance civile]].
==== Pacte vert européen ====
En 2020, pour apporter une réponse à la gravité de l'état de la planète, et aux conséquences sur la vulnérabilité de nos sociétés, l’Union européenne a présenté une stratégie de croissance basée sur une économie durable, efficace dans l’utilisation des ressources naturelles. Cette présentation s'est faite dans le contexte catastrophique de la pandémie du Covid-19 (2019-2020) qui a ébranlé toutes les sociétés. Ce plan est aussi une réponse aux perspectives inquiétantes des conséquences des multiples atteintes anthropiques à l'équilibre des écosystèmes planétaires, dont les changements climatiques.
Cette pandémie, plus que les changements climatiques, a été à l'origine d'une profonde réflexion sur ce que serait le «Monde d'après», sous entendu, le monde d'après la crise du Covid-19.
**Voir :** [[glossaire:entrees:p:pacte_vert|Pacte vert]], [[glossaire:entrees:p:pandemie|pandémie]].
==== ONU ====
À l’échelle internationale, à la suite du Sommet de la Terre (Rio de Janeiro, 1992), les Nations unies ont organisé des conférences afin d'inciter les pays à mettre en place des actions devant conduire à une diminution des émissions de gaz à effet de serre. En 2018, il est clair qu'aucun des accords internationaux qui ont été conclu (Accord de Paris, en particulier) n'ont fait évoluer la situation. La crainte aujourd'hui est que, à la fin du siècle, l'augmentation moyenne de température globale soit de 3,2 °C, c'est-à-dire largement au-dessus des objectifs de l'Accord de Paris de 2016.
Incendies, sécheresses, hausse du niveau des océans, érosion de la biodiversité, tous ces sujets ont des effets les uns sur les autres (effet retour, effet domino). Avoir une vue globale de l’ensemble des conséquences et faire des propositions en coordonnant les Conférences des parties (COP) des différentes Conventions des Nations unies (climat biodiversité, désertification) serait idéal mais, organiser une seule COP est déjà très lourd, les coordonner en trouvant des terrains d’entente communs semble peu réaliste, bien qu’idéal !
Les Objectifs de développement durable (ODD) sont l’outil idéal qui met chaque pays devant ses responsabilités, comme réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 tout en les conduisant en prendre des décisions dans tous les autres domaines.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:accord_de_paris|Accord de Paris]], [[glossaire:entrees:c:conference_des_parties|Conférence des parties]], [[glossaire:entrees:c:conference_internationale_sur_le_changement_c|conférence internationale sur le changement climatique]], [[glossaire:entrees:c:convention_des_nations_unies|convention des Nations unies]], [[glossaire:entrees:e:effet_retour|effet retour]], [[glossaire:entrees:o:objectif_de_developpement_durable|Objectif de développement durable]], [[glossaire:entrees:s:sommet_de_la_terre|Sommet de la Terre]].
==== Objectif de développement durable (ODD) et cible ====
=== ODD concerné ===
La question climatique est abordée avec les objectifs :
* 11 - Villes et communautés durables : Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durable ;
* 13- Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques : Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussion.
**Voir :** [[glossaire:entrees:o:objectif_de_developpement_durable|Objectif de développement durable]].
**ODD-N° :** 11, 13.
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=== Cible concernée ===
Les cibles plutôt concernées sont :
* 11.b - Politiques intégrées pour des territoires résilients : D’ici à 2020, accroître considérablement le nombre de villes et d’établissements humains qui adoptent et mettent en œuvre des politiques et plans d’action intégrés en faveur de l’insertion de tous, de l’utilisation rationnelle des ressources, de l’adaptation aux effets des changements climatiques et de leur atténuation et de la résilience face aux catastrophes, et élaborer et mettre en œuvre, conformément au Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030), une gestion globale des risques de catastrophe à tous les niveaux ;
* 13.1 - Résilience et adaptation : Renforcer, dans tous les pays, la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat ;
* 13.2 - Politiques climatiques : Incorporer des mesures relatives aux changements climatiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales.
===== Réflexion pédagogique =====
Compte tenu de l’inertie de la machine thermique planétaire, il est acquis qu’un arrêt total du réchauffement est impossible à l’échelle du siècle, en raison de l’inertie des mécanismes en cause. Comprendre cette inertie nécessite une approche pluridisciplinaire. Par exemple, les échanges entre les différents réservoirs où le carbone se trouve stocké (voir l’entrée « cycle du carbone ») concernent toutes les enveloppes de la planète : atmosphère, hydrosphère, lithosphère, biosphère. Compte tenu des équilibres chimiques entre les milieux, des quantités importantes de CO2 peuvent être relâchés dans l’atmosphère.
Nous avons vu aussi qu’il est nécessaire de discuter des différences entre les termes adaptation et atténuation et entre durabilités forte et faible.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:attenuation|atténuation]], [[glossaire:entrees:c:cycle_du_carbone|cycle du carbone]], [[glossaire:entrees:d:durabilite|durabilité]].
==== Adaptation ou atténuation ? ====
L’objectif central de la transition écologique est de contribuer à réduire les émissions de GES à l’origine d’une montée particulièrement rapide de l’effet de serre, sans précédent dans l’histoire de la Terre, la conséquence étant un réchauffement atmosphérique aux conséquences humaines, déjà catastrophiques. Selon le contexte et les auteurs, les actions à entreprendre pour éviter les catastrophes annoncées sont désignées par des expressions ayant formellement des sens différents (atténuation ou adaptation), mais dont l’objectif est identique, celui de permettre aux générations actuelles et futures de connaître un monde vivable.
**Voir :** [[glossaire:entrees:t:transition_ecologique|transition écologique]].
=== Adaptation ===
Ensemble de stratégies, initiatives et mesures visant à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains contre les effets des changements climatiques. Les rapports du Giec nous alertent, ces changements sont maintenant inéluctables mais plus ou moins violents selon que nous agirons ou non.
Le concept d’adaptation transformationnelle évoque les mesures drastiques que nos sociétés doivent prendre dès maintenant face à l’aggravation attendue des changements climatiques.
Les impacts engendrés par ces changements deviennent de plus en plus complexes et difficiles à gérer, tant les paramètres climatiques sont interdépendants et tant ils génèrent une multiplicité d’effets domino sur les capacités à s'adapter des écosystèmes, des sociétés humaines, des communautés (faune et flore) et des individus aux divers bouleversements.
Bien sûr, ce sont les pays pauvres les plus vulnérables aux événements climatiques extrêmes (canicules, inondations, sécheresses, tornades). Ce sont plus de 3 milliards de personnes qui y sont exposés. Entre 2010 et 2020, ces événements ont été à l’origine d’une mortalité humaine 15 fois plus élevée que dans les pays développés. Cette injustice traduit l'ampleur des insuffisances en termes d'adaptation.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:adaptation_transformationnelle|adaptation transformationnelle]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]], [[glossaire:entrees:e:effet_domino|effet domino]], [[glossaire:entrees:f:faune|faune]], [[glossaire:entrees:f:flore|flore]], [[glossaire:entrees:g:giec|Giec]].
=== Atténuation ===
L’atténuation des changements désigne clairement l’objectif de réduire l'ampleur du réchauffement et des changements climatiques. L’objectif premier est de réduire les émissions de gaz à effet de serre ou d’amplifier la capture et la séquestration du dioxyde de carbone atmosphérique, l’accumulation de ce gaz dans l’atmosphère étant la première cause de l’augmentation de l’effet de serre.
**Voir :** [[glossaire:entrees:d:dioxyde_de_carbone|dioxyde de carbone]], [[glossaire:entrees:r:reduction_des_emissions_de_gaz_a_effet_de_ser|réduction des émissions de gaz à effet de serre]], [[glossaire:entrees:s:sequestration_du_dioxyde_de_carbone|séquestration du dioxyde de carbone]].
===== Remarque linguistique et/ou historique =====
=== Sénèque et le climat ===
Dans sa 28e Lettre à Lucilius (Gouverneur romain de Sicile), Sénèque, le philosophe latin (né au début de l’ère, mort en 65 ap. J.-C.), eut une pensée qui pourrait sembler avoir été prémonitoire : « C'est d'âme qu'il faut changer, non de climat ». Pensée aujourd’hui couramment évoquée quand il est question du changement climatique ! Mais, comme le titre de cette lettre le dit (« Inutilité des voyages pour guérir l’esprit »), évoquer le climat n’était pour Sénèque qu’une métaphore pour parler de la quête de plénitude spirituelle que l’on peut tirer des voyages sous des cieux différents.
Mais, si on lit bien cette Lettre, cette pensée pourrait nous conduire à méditer sur notre désinvolture à l’égard de la nature ! Notre voyage dans le temps de l’Anthropocène ne nous a rien apporté, si ce n’est qu’une succession d’erreurs dont nous sommes les seuls responsables.
=== Svante Arrhenius et le réchauffement climatique ===
Avec l’entrée « gaz à effet de serre » nous indiquons que Svante Arrhenius (chimiste suédois, prix Nobel de chimie en 1903) fut le premier à proposer en 1896 que la combustion des combustibles fossiles augmentant la concentration en dioxyde de carbone dans l'atmosphère, il y avait une relation avec le réchauffement atmosphérique.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:combustible_fossile|combustible fossile]], [[glossaire:entrees:d:dioxyde_de_carbone|dioxyde de carbone]].
=== EPA (Environmental Protection Agency) ===
Beaucoup plus proche de nous, en 1983, l’EPA (//Environmental Protection Agency//), une agence indépendante du gouvernement américain, chargée de protéger la santé humaine et l’environnement, prédisait le réchauffement planétaire, à la hauteur de ce qu’il est aujourd’hui, mais aussi le bouleversement de nos conditions de vie.
=== Giec ===
Le Giec fut mis en place en 1988 par les Nations Unies. On notera que ce groupe a été formé avant la constitution de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Il n’est pas besoin de dire ici son rôle de lanceur d’alertes quant aux changements climatiques.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:ccnucc|CCNUCC]], [[glossaire:entrees:g:giec|Giec]]. [[glossaire:entrees:s:sommet_de_la_terre|Sommet de la Terre]].