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====== carbone bleu ======
===== Définition =====
==== Sens1 ====
Dioxyde de carbone retiré de l'atmosphère par les écosystèmes marins côtiers (principalement : mangroves, marais salés, herbiers marins), stocké dans les fonds marins sédimentaires.
==== Sens2 ====
Dioxyde de carbone retiré de l'atmosphère par les écosystèmes marins et côtiers, stocké dans les fonds marins sédimentaires.
**e. m.** (lat. //carbo//, charbon).
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:atmosphere|atmosphère]], [[glossaire:entrees:c:carbone|carbone]], [[glossaire:entrees:d:dioxyde_de_carbone|dioxyde de carbone]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]], [[glossaire:entrees:h:herbier_marin|herbier marin]], [[glossaire:entrees:m:mangrove|mangrove]], [[glossaire:entrees:m:marais|marais]], [[glossaire:entrees:s:sediment|sédiment]].
===== Informations complémentaires =====
L’océan contient 50 fois plus de carbone que l’atmosphère et immobilise environ 25 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, contribuant ainsi à limiter l’augmentation de l’effet de serre et donc, le réchauffement atmosphérique.
Les océans jouent ainsi un rôle essentiel dans l’atténuation des réchauffements atmosphérique et océanique, et tout ce qui va déstabiliser l’équilibre océanique, contrarie le stockage du carbone bleu. C’est le cas de la surpêche et du réchauffement océanique.
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropique|anthropique]], [[glossaire:entrees:e:effet_de_serre|effet de serre]], [[glossaire:entrees:e:emission_de_dioxyde_de_carbone|émission de dioxyde de carbone]], [[glossaire:entrees:r:rechauffement_atmospherique|réchauffement atmosphérique]], [[glossaire:entrees:s:surpeche|surpêche]].
==== Les océans: puits de carbone ====
Les océans sont des puits de carbone immenses, sous forme de CO2 dissout (processus purement physique-chimique se déroulant principalement dans les eaux froides), mais aussi de biomasse (celle de tous les organismes marins) et des sédiments où cette biomasse se dépose (voir l’entrée « puits de carbone). À ce carbone, il est convenu d’ajouter le carbone bleu des écosystèmes côtiers (mangroves, marais littoraux et herbiers marins).
Le carbone organique n'est séquestré dans le système océanique que s'il atteint le fond marin et est recouvert d'une couche de sédiments, qui empêche sa décomposition par des bactéries hétérotrophes. Le carbone bleu peut alors être séquestré pendant des millions d'années dans les sédiments.
L’océan mondial est le principal réservoir du carbone mondial. En permanence, il absorbe environ 25 % des émissions anthropiques.
**Voir :** [[glossaire:entrees:b:bacterie|bactérie]], [[glossaire:entrees:b:biomasse|biomasse]], [[glossaire:entrees:d:decomposition_de_la_matiere_organique|décomposition de la matière organique]], [[glossaire:entrees:h:herbier_marin|herbier marin]], [[glossaire:entrees:h:heterotrophie|hétérotrophie]], [[glossaire:entrees:m:mangrove|mangrove]], [[glossaire:entrees:m:marais|marais]], [[glossaire:entrees:o:organisme|organisme]], [[glossaire:entrees:p:puits_de_carbone|puits de carbone]].
==== Les écosystèmes côtiers de carbone bleu ====
Trois phénomènes sont principalement en cause :
* étape 1 : la photosynthèse transforme le CO2 atmosphérique en sucres, brique élémentaire de toute la biomasse végétale ;
* étape 2 : les débris végétaux et la matière organique apportée par les fleuves se sédimentent ;
* étape 3 : enfouissement profond et progressif de cette matière organique, sans décomposition, et donc séquestration du carbone. L’eau salée et l’absence d’oxygène, limite fortement la décomposition de la matière organique par les bactéries.
**Voir :** [[glossaire:entrees:m:matiere_organique|matière organique]], [[glossaire:entrees:p:photosynthese|photosynthèse]], [[glossaire:entrees:s:sequestration_du_carbone|séquestration du carbone]], [[glossaire:entrees:s:sucre|sucre]].
=== Écosystèmes côtiers et écosystèmes continentaux ===
On remarquera que, pour ces écosystèmes, la photosynthèse est celle des plantes aquatiques chlorophylliennes et non celle d’algues.
Par ailleurs :
* les plantes des écosystèmes côtiers ont une croissance plus soutenue ;
* les débris végétaux qui tombent au sol, participent rapidement au flux de la matière organique des chaînes alimentaires, et finissent par être totalement dégradés.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:chaine_alimentaire|chaîne alimentaire]], [[glossaire:entrees:f:flux_de_la_matiere_dans_les_ecosystemes|flux de la matière dans les écosystèmes]].
==== Le carbone bleu de la haute mer ====
On peut distinguer quatre étapes :
* étape 1 : la photosynthèse permet au phytoplancton de se multiplier intensément et de constituer une biomasse importante ;
* étape 2 : le zooplancton se nourrit du phytoplancton et les poissons du phytoplancton ;
* étape 3 : déjections et cadavres migrent vers les fonds. Au cours du trajet une partie est décomposée, l’autre rejoint le plancher océanique ;
* étape 4 : enfouissement profond et progressif de cette matière organique, sans décomposition, et donc séquestration du carbone.
**Voir :** [[glossaire:entrees:d:dejection|déjection]], [[glossaire:entrees:p:phytoplancton|phytoplancton]], [[glossaire:entrees:p:plancher_oceanique|plancher océanique]], [[glossaire:entrees:z:zooplancton|zooplancton]].
===== Réflexion développement durable =====
==== Services écosystémiques ====
Rechercher à restaurer les écosystèmes côtiers pour stocker le carbone bleu à long terme est une voie qu’il ne faut pas négliger, , même si les résultats sur ce plan sont encore incertains sur le plan quantitatif. Mais, comme pour toutes les questions touchant aux écosystèmes en général, il ne faut pas négliger les multiples autres fonctions de ces écosystèmes côtiers :
* fonction d’habitat : ce sont des nurseries pour de nombreuses espèces de poissons qui y effectuent une partie de leur cycle de vie ;
* importance socio-économique de ces réserves de pêche pour les populations côtières ;
* fixation du fond marin ;
* purification de l'eau ;
* protection des inondations par submersions marines dans le cas des mangroves.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:cycle_de_vie|cycle de vie]], [[glossaire:entrees:e:espece|espèce]], [[glossaire:entrees:h:habitat|habitat]], [[glossaire:entrees:i:inondation|inondation]], [[glossaire:entrees:s:service_ecosystemique|service écosystémique]], [[glossaire:entrees:s:submersion_marine|submersion marine]].
==== Le carbone bleu et les autres fonctions des écosystèmes côtiers ====
Face aux entreprises et aux États soucieux de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre, et financent la restauration de ces écosystèmes dits « à carbone bleu », il est nécessaire de rappeler les multiples fonctions écosystémiques évoquées ci-dessus. Les bénéfices climatiques ne sont pas que climatiques, ils concernent aussi la biodiversité et les retombées sociales. Axer l’argumentation uniquement sur la séquestration du carbone, c’est voir les choses de façon linéaire et non globale. Il faut encore rappeler qu’il vaut mieux ne pas émettre le carbone plutôt que de compenser ses émissions.
==== Le carbone bleu de la haute mer ====
L'idée de tenter d'augmenter la fixation du CO2 en stimulant la photosynthèse par le phytoplancton, celui-ci servant ensuite de nourriture au zooplancton, n’est pas nouvelle. C’est une technique dite de géo-ingénierie climatique.
Les premières expériences ont été un succès. Elles ont commencé dans les années 1990, à petite échelle, sur des surfaces entre 100 à 300 km2. Elles ont montré que l'ajout de fer augmentait effectivement l'activité biologique en surface des océans.
Mais cette « fertilisation des océans », encore mal connue et peu maîtrisée présentant le risque de déstabiliser les équilibres écosystémiques, la communauté internationale a préféré interdire ce type d’opération à grande échelle en 2008, en autorisant toutefois les expériences sur des zones localisées.
**Voir :** [[glossaire:entrees:f:fertilisation|fertilisation]], [[glossaire:entrees:g:geo-ingenierie_climatique|géo-ingénierie climatique]].