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====== aquaculture ======
===== Définition =====
Élevage d'espèces animales aquatiques (poissons, coquillages, etc.), ou culture d'algues.
**n. f.** (lat. //aquae//, eau).
**syn. :** aquiculture (peu utilisé)//.//
===== Informations complémentaires =====
Depuis 2013, le volume des poissons, coquillages, crustacés et algues consommés (d’eau douce et marins) provient des fermes dites piscicoles. D'après la FAO, d'ici 2030, il faudrait doubler les quantités produites pour nourrir l'humanité et atteindre par aquaculture environ 85 millions de tonnes de poissons par an.
En 2022, pour la première fois, la production aquacole (pisciculture, conchyliculture et algoculture) a dépassé la production halieutique selon la FAO. Cela résulte du fait que l’aquaculture a progressé de plus de 6 % depuis 2020, alors que la production des pêches de capture est restée pratiquement inchangée.
Pour répondre à la surpêche qui sévit depuis plusieurs années, les fermes aquacoles sont, pour les industriels de la filière, une solution efficace. Des installations de dimensions importantes voient le jour :
* saumon : les projets de fermes de grandes tailles (plus de 100 mètres de diamètre et 70 mètres de profondeur), loin des côtes (plusieurs kilomètres), voient le jour en Norvège ;
* thon : en Méditerranée, le thon est pêché, puis placé dans des fermes aquacoles (Malte, Chypre, Italie, Tunisie, Croatie) où il est engraissé avec du poisson venant de l'Atlantique sud ou de Patagonie.
Des questions relatives à la biodiversité et aux méthodes utilisées pour alimenter les poissons (farines de poissons, par exemple) se posent. Ces questions sont de même nature que celles que l'on rencontre à propos des grandes cultures en champs. Par cette activité peu régulée, l'homme ne génère-t-il pas plus de problèmes qu'il n'en solutionne ?
**Voir :** [[glossaire:entrees:b:biodiversite|biodiversité]], [[glossaire:entrees:f:fao|FAO]], [[glossaire:entrees:s:surpeche|surpêche]].
==== Farines et huiles de poissons ====
=== Quantités produites et utilisées ===
Au niveau mondial, la production annuelle de farines de poissons dépasse 6 Mt (millions de tonnes) et celle des huiles, plus de 1Mt. On peut estimer qu'environ 4 à 5 tonnes de poissons sauvages sont nécessaires pour produire 1 tonne de farine.
Les aliments utilisés en aquaculture comprennent de 30 à 50 % de farines de poissons, 15 à 25 % d'huiles de poissons et 35 à 55 % d'autres ingrédients (soja, par exemple), selon les espèces élevées. En moyenne (même si les variations sont importantes), pour produire 1 kg de chair de poissons, 2,5 kg de poissons issus de la pêche minotière, transformés en farine, sont nécessaires. À cela s’ajoutent d'autres ingrédients (végétaux, vitamines et minéraux). Pour obtenir le même résultat, les poissons carnassiers, dans leur milieu naturel, doivent consommer environ 5 à 10 kg de poissons.
Actuellement, plus de 50 % de la production totale de farine et plus de 80 % pour les huiles sont utilisés pour l'aquaculture. Le restant des farines est essentiellement destiné aux animaux terrestres (volailles, porcs et jeunes ruminants), quant au restant des huiles, il est utilisé en chimie industrielle (tannage, savonnerie).
Entre 1961 et 2017, le taux de croissance moyen de la consommation de poisson a été deux fois supérieur au taux de croissance démographique, obligeant à puiser toujours plus dans les stocks de poissons sauvages.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:carnassier|carnassier]].
=== Qualités nutritionnelles et sanitaires ===
En aquaculture, les farines et les huiles de poisson représentent un apport nutritionnel intéressant : richesse en oméga-3 et en protéines (environ 65 %). L'abondance de ces apports fait que les poissons d'élevage présentent parfois des quantités de graisses excessives. Toutefois, la composition des aliments utilisés en pisciculture a fait de grands progrès, qui tendent à minorer ces problèmes.
Par ailleurs, le taux de dioxines est élevé dans certaines huiles de poissons, se situant au dessus du seuil autorisé dans la réglementation européenne.
En outre, à la fin du 20e siècle, les farines animales issues de l'équarrissage utilisées massivement dans l'élevage bovin provoquèrent une crise sanitaire dite de la « vache folle ».
Ces différents problèmes contribuèrent à faire évoluer les réglementations, à diversifier les apports nutritifs et à interdire ces farines et huiles.
Un autre aspect sanitaire est celui des poissons d'élevage qui, pas toujours indemnes de maladies, peuvent s'échapper et les transmettre aux espèces sauvages locales. Le cas est bien connu pour le saumon d'Europe parasité par des «poux» marins, qui sont de petits crustacés et non des insectes comme leur nom pourrait le laisser penser.
**Voir :** [[glossaire:entrees:d:dioxine|dioxine]], [[glossaire:entrees:f:farine_animale|farine animale]], [[glossaire:entrees:s:seuil|seuil]].
==== Élevage et biodiversité ====
L'apport nutritif, très abondant dans les eaux de l'écosystème entourant les élevages de poissons, enrichit les eaux à l'excès en matières organiques et provoque souvent des pullulations d'autres espèces, déséquilibrant l'écosystème.
Un autre cas de figure est celui des poissons carnivores (cabillaud, bar, saumon) qui, s'échappant des élevages, peuvent menacer les chaînes alimentaires des écosystèmes accueillant les fermes piscicoles.
En Amérique du sud et en Asie, l'installation de bassins d'élevage a conduit à la destruction d'immenses surfaces de mangroves, écosystèmes particulièrement riches en biodiversité et lieux de pêche pour les populations locales souvent déjà pauvres. Ces destructions contribuent à la disparition des mangroves de la planète. Ce cas est comparable à celui que l’on connaît pour le développement des cultures de soja aux dépens de la forêt amazonienne, en vue de la production de biocarburants.
**Voir :** [[glossaire:entrees:b:biocarburant|biocarburant]], [[glossaire:entrees:c:carnivore|carnivore]], [[glossaire:entrees:c:chaine_alimentaire|chaîne alimentaire]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]], [[glossaire:entrees:m:mangrove|mangrove]], [[glossaire:entrees:m:matiere_organique|matière organique]], [[glossaire:entrees:p:pullulation|pullulation]].
===== Réflexion développement durable =====
L'aquaculture fournit aujourd'hui l'essentiel des produits de la mer destinés à l'alimentation mondiale. La pêche en milieu naturel est passée au second plan, en grande partie en raison de la surpêche qui a fini par limiter le volume des prises.
==== Empreintes écologiques et sur la santé ====
Ce mode de production est devenu intensif et son empreinte environnementale importante, parfois équivalente à celle de la production de viande de bœuf.
En outre, comme les poissons d’élevage sont nourris, en grande partie avec des poissons capturés dans la nature (cf. ci-dessus), la pression sur les stocks de poissons devient élevée.
Sur le plan des risques de santé publique, il faut noter l'importante dépendance des poissons d'élevage à l'égard des antibiotiques. Il faut ajouter que certaines populations des poissons pêchés pour produire les farines et les huiles, sont très imprégnées de métaux lourds qu'ils ont bioaccumulés dans leurs tissus (poissons de la mer du Nord).
**Voir :** [[glossaire:entrees:a:antibiotique|antibiotique]], [[glossaire:entrees:b:bioaccumulation|bioaccumulation]], [[glossaire:entrees:e:empreinte_environnementale|empreinte environnementale]], [[glossaire:entrees:i:impregnation|imprégnation]], [[glossaire:entrees:m:metal_lourd|métal lourd]].
==== Perspectives ====
Avec la hausse de la température des mers et leur acidification, la production de poissons d’élevages (comme des sauvages) devraient baisser, en particulier dans les mers déjà chaudes.
Pour amoindrir les empreintes, nous avons vu ci-dessus qu'il était possible d'enrichir les farines avec des huiles végétales. Des probiotiques peuvent également être ajoutés pour réduire la dépendance aux antibiotiques.
En outre, les progrès technologiques sont rapides et améliorent toute la gestion des fermes piscicoles, en particulier sur les apports alimentaires, et la surveillance sanitaire.
Le poids des consommateurs dans la mise en place de certifications et de labels (label rouge, AB) est essentiel pour faire évoluer les pratiques dans un sens plus vertueux.
**Voir :** [[glossaire:entrees:c:certification|certification]], [[glossaire:entrees:l:label|label]], [[glossaire:entrees:p:probiotique|probiotique]], [[glossaire:entrees:s:sauvage|sauvage]].
==== Objectif de développement durable (ODD) et cible ====
=== ODD concerné ===
La question de l'aquaculture est abordée dans le cadre de l'ODD :
* 14 - Vie aquatique : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.
**Voir :** [[glossaire:entrees:o:odd|ODD]], [[glossaire:entrees:r:ressource_marine|ressource marine]].
**ODD-N° :** 14.
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=== Cible concernée ===
La cible plutôt concernée est la :
* 14.7 - Petits États insulaires : D’ici à 2030, faire mieux bénéficier les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés des retombées économiques de l’exploitation durable des ressources marines, notamment grâce à une gestion durable des pêches, de l’aquaculture et du tourisme.
===== Remarque linguistique et/ou historique =====
La pêche fournissant le poisson destiné à la production de farine est appelée pêche minotière. L'origine du mot vient d'une ancienne mesure, le minot, égale à la moitié d'une mine. Il était utilisé pour exprimer une quantité de grains ou de farine et plus généralement de matière sèche. Il équivalait à environ 38 litres.