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====== agriculture biologique ====== ===== Définition ===== Agriculture cherchant à produire des ressources alimentaires dans des conditions aussi proches que possible de celles de la nature. **e. f.** (lat. //ager//, //agri//, champ, //cultura//, culture et « biologique » utilisé dans le sens, devenu classique, de « qui est respectueux de la vie, de la nature »). **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agriculture|agriculture]], [[glossaire:entrees:n:naturel|naturel]]. ===== Informations complémentaires ===== Les principaux objectifs de l’agriculture biologique sont : * maintenir la fertilité des sols en préservant leur teneur en nutriments par le recyclage des déchets organiques ; * limiter la pollution des sols, de l'eau et de l'air, associée aux pratiques agricoles ; * adopter des méthodes les plus naturelles possible dans l'élevage des animaux. **Voir :** [[glossaire:entrees:f:fertile|fertile]], [[glossaire:entrees:p:pollution|pollution]], [[glossaire:entrees:s:sol|sol]]. ==== Cahier des charges ==== === Les intrants === Avec ce mode d’agriculture, l'utilisation de la plupart des substances issues des industries chimiques (pesticides de synthèse, engrais, etc.) et pharmaceutiques (antibiotiques, hormones de croissance, etc.) est exclue, ou limitée au strict nécessaire, contrairement à l’usage systématique qui en est fait en agriculture conventionnelle. La lutte contre les maladies et les parasites est d’abord préventive. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:antibiotique|antibiotique]], [[glossaire:entrees:e:engrais|engrais]], [[glossaire:entrees:h:hormone|hormone]], [[glossaire:entrees:p:parasite|parasite]], [[glossaire:entrees:p:pesticide|pesticide]]. === Les OGM === Un des points particuliers du cahier des charges de cette agriculture concerne l’utilisation des OGM. La réglementation européenne, en raison du principe de précaution, autorise les États à émettre des restrictions. En effet, des cultures, dépourvues d’OGM à l’origine, peuvent être contaminées à partir de cultures expérimentales autorisées. Au lieu d’utiliser des OGM, l’agriculture biologique s'appuie sur les ressources de la biodiversité. **Voir :** [[glossaire:entrees:b:biodiversite|biodiversité]], [[glossaire:entrees:o:ogm|OGM]]. === Les pratiques autorisées === Dans ce mode d’agriculture, on peut pratiquer : * le labourage, ce qui n’est pas le cas de l’agriculture de conservation ; * la rotation des cultures, l’utilisation d’engrais verts et de compost ; * la lutte biologique et des produits naturels sont utilisés contre les parasites. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agriculture_de_conservation|agriculture de conservation]], [[glossaire:entrees:c:compost|compost]], [[glossaire:entrees:l:lutte_biologique|lutte biologique]]. === Les autres pratiques s’inspirant de la nature === Le cahier des charges de l’agriculture biologique est moins contraignant que ceux de la biodynamie, la permaculture, et l’agro-écologie, mais toutes s’inspirent de la nature, à des degrés divers. Seule les cultures en pleine terre peuvent recevoir le lable « bio », si, par ailleurs, elles remplissent le cahier des charges. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agro-ecologie|agro-écologie]], [[glossaire:entrees:b:biodynamie|biodynamie]], [[glossaire:entrees:p:permaculture|permaculture]]. ==== Situation en France ==== En 2014, en France, environ 26 500 agriculteurs ont opté pour l’agriculture biologique, celle-ci couvrant environ 3,7 % de la surface agricole utile (SAU). De nombreuses surfaces (180 000 ha) sont en cours de conversion vers l'agriculture biologique. Toutefois, en France, en 2016, l'expansion des surfaces en agriculture biologique a été de 17 % et les produits bio consommés en hausse de 22 % dans les ménages. En outre, la part de l’agriculture biologique varie beaucoup d’une région à l’autre. **Voir :** [[glossaire:entrees:s:surface_agricole_utile|surface agricole utile]]. ===== Réflexion développement durable ===== ==== Agriculture biologique et santé ==== L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que les taux de résidus de pesticides trouvés dans les fruits et légumes produits en agriculture conventionnelle, se situent pratiquement toujours (plus de 97 % des cas) dans les limites légales européennes et qu'il n'y a pas de risque dans le cadre d'une alimentation diversifiée. À côté de cet avis, de nombreuses études montrent que les fruits produits en agriculture conventionnelle présentent environ sept fois plus de résidus de pesticides que ceux produits en agriculture biologique. Pour les légumes l'écart est moins élevé, mais ceux de l'agriculture conventionnelle en présentent quand même quatre fois plus. Développer les pratiques agricoles de l'agriculture biologique ne dédouane pas de l’obligation de contrôles sanitaires. En effet, en dehors d'éléments organiques bénéfiques, le fumier agricole contient plusieurs types de micro-organismes, certains étant pathogènes. Manger des légumes crus, après que les sols aient été fertilisés avec du fumier, peut donc provoquer des listérioses (les cas sont fréquents). **Voir :** [[glossaire:entrees:e:effet_cocktail|effet cocktail]], [[glossaire:entrees:m:micro-organisme|micro-organisme]], [[glossaire:entrees:p:pathogene|pathogène]], [[glossaire:entrees:s:securite_sanitaire|sécurité sanitaire]]. ==== Nourrir 9 milliards d'êtres humains avec l'agriculture biologique ==== Est-il possible de nourrir 9 milliards d'êtres humains (vers 2050) avec 100 % d'agriculture biologique ? Alors que les surfaces dévolues à l'agriculture biologique dans le monde ne représentent en 2017 que 1 % de la surface agricole utile, certains pensent que oui, sans augmenter pour autant les surfaces cultivées, les modes de production et les rendements étant pourtant touchés. Mais c'est toutefois à condition de réduire le gaspillage alimentaire et de limiter la consommation de produits d'origine animale. Cela implique aussi, bien sûr, de profonds changements dans nos habitudes alimentaires. Un tel objectif semble très ambitieux, en effet l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), estime que la production agricole devra augmenter de 50 % d'ici 2050 pour nourrir 9 milliards d'êtres humains. **Voir :** [[glossaire:entrees:f:fao|FAO]]. ==== Industrialisation de l'agriculture biologique ==== Alors que le nombre d'exploitants convertis à des agricultures plus respectueuses de l'environnement augmente, une tendance à l'industrialisation de l'agriculture biologique s'installe, le label traditionnel AB ne se focalisant que sur les méthodes de culture, mais pas les considérations sociales. Le risque est donc grand de voir se développer une agriculture «bio» industrialisée et productiviste, dénaturée de ses valeurs originelles. C'est le cas, par exemple, pour les élevages et particulièrement pour les élevages de poules pondeuses. En effet, en Italie, des élevages d'une capacité de 100 000 poules pondeuses, dites «bio», sont apparus ! Les partisans d'une agriculture maîtrisée ont toutes les raisons d'être inquiets et les risques sont grands que les consommateurs perdent la confiance qu'ils mettaient dans le label «bio». **Voir :** [[glossaire:entrees:l:label|label]]. === Pour une filière bio plus responsable === En France, afin de développer une filière qui rémunère les paysans au juste prix, la Fédération de l’agriculture biologique (Fnab) a créé le label «bio français équitable» (BFE). Par ailleurs, pour lutter contre le pouvoir des grands circuits de distribution sur la qualité des produits vendus, les agriculteurs ont développé des relations directes avec les consommateurs. En outre, des labels internationaux authentifient la qualité des conditions de production. === Mécanismes de la tendance à l’industrialisation === La dérive vers l'industrialisation repose sur plusieurs mécanismes, tous liés : * l’augmentation de la demande pour les produits «bio» conduit à faire entrer la filière dans une logique productiviste industrielle, identique à celle de l’agriculture dite conventionnelle ; * la grande distribution veut faire baisser les coûts du bio pour proposer un marché de masse à prix bas et sortir d'un marché de niche à prix élevés ; * la pression de la grande distribution sur les fournisseurs et donc les producteurs pour qu'ils réduisent leurs marges et augmentent les quantités pour faire des économies de logistique. Les questions qui se posent sont nombreuses. Elles sont souvent relatives à des solutions techniques apportées à des demandes des consommateurs, demandes spontanées ou fabriquées à grands renforts de publicités ! === Le cas du chauffage des serres === La demande de fruits et légumes bio hors saison, produits localement, conduit à les produire sous serres chauffées au gaz ou au fioul, d'où une contradiction avec les principes affichés du bio. Or, en France, en 2019, 80 % des serres produisent grâce aux énergies fossiles. Les tomates produites sous serre émettent sept fois plus de gaz à effet de serre que celles produites en saison. C'est dans ce contexte, qu'en France, en 2019, le Comité National de l’Agriculture Biologique (CNAB) a décidé que : * le chauffage des serres ne serait autorisé que dans le respect des cycles naturels. En conséquence, la commercialisation, sous le label «biologique», pour les aubergines, concombres, courgettes, poivrons et tomates, serait interdite entre le 21 décembre et le 30 avril " ; * dès 2025, toutes les serres chauffées devront être alimentées aux énergies renouvelables. Toutefois, ces mesures, pour entrer en vigueur, doivent être adoptées à l'échelle européenne. Or, le règlement européen reste assez flou sur ce plan, puisqu'il dit que la production biologique doit respecter le cycle des saisons et faire un usage raisonné de l'énergie. En effet, comment définir des fruits et des légumes de saisons, et donc, comment mettre en adéquation les réglementations nationales et européennes ? **Voir :** [[glossaire:entrees:c:culture_sous_serre|culture sous serre]], [[glossaire:entrees:c:cycle|cycle]], [[glossaire:entrees:n:naturel|naturel]]. **Fig. :** Différents labels de l'agriculture biologique (logos et pictogrammes)//.// ^{{a/image17.png?85x84}}^{{a/image18.png?68x81}}^{{a/image19.png?85x80}}^ ===== Remarque linguistique et/ou historique ===== Pour une comparaison avec l’agroécologie, se reporter à la rubrique « Remarque linguistique et/ou historique » de l’entrée « agroécologie ». **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agroecologie|agroécologie]].