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====== adaptation transformationnelle ====== ===== Définition ===== ==== Environnement ==== Changement structurel majeur modifiant les caractéristiques fondamentales d’un système, anticipant les impacts futurs, en particulier des changements climatiques. **e. f.** **Voir :** [[glossaire:entrees:a:adaptation|adaptation]], [[glossaire:entrees:c:changement_climatique_anthropique|changement climatique anthropique]]. ===== Informations complémentaires ===== Si la notion d’adaptation peut se définir comme un simple ajustement (ou la capacité à s’ajuster) en réponse à un changement de l’environnement, l’adaptation transformationnelle insiste sur l’aspect profond de l’adaptation, sur les plans structurel et fonctionnel. ==== Multiplicité des impacts anthropiques ==== === Effet domino === Les impacts engendrés par ces changements deviennent de plus en plus complexes et difficiles à gérer, tant les paramètres climatiques sont interdépendants et tant ils génèrent une multiplicité d’effets domino sur les capacités à s'adapter des écosystèmes, des sociétés humaines, des communautés (faune et flore) et des individus aux divers bouleversements. **Voir :** [[glossaire:entrees:c:communaute|communauté]], [[glossaire:entrees:e:ecosysteme|écosystème]], [[glossaire:entrees:e:effets_domino|effets domino]], [[glossaire:entrees:f:faune|faune]], [[glossaire:entrees:f:flore|flore]], [[glossaire:entrees:i:individu|individu]]. === Impacts sur l’homme === Bien sûr, ce sont les pays pauvres les plus vulnérables aux événements climatiques extrêmes (canicules, inondations, sécheresses, tornades). Ce sont plus de 3 milliards de personnes qui y sont exposés. Entre 2010 et 2020, ces événements ont été à l’origine d’une mortalité humaine 15 fois plus élevée que dans les pays développés. Cette injustice traduit l'ampleur des efforts à faire, et dont on sait à l’avance qu’ils ne seront pas à la hauteur. **Voir :** [[glossaire:entrees:c:canicule|canicule]], [[glossaire:entrees:e:evenement_climatique_extreme|événement climatique extrême]], [[glossaire:entrees:i:inondation|inondation]], [[glossaire:entrees:m:mortalite|mortalité]], [[glossaire:entrees:s:secheresse|sécheresse]], [[glossaire:entrees:t:tornade|tornade]],.// === Diversité des adaptations === À voir les dégradations de la nature que l'homme a provoquées et provoque toujours, il semblerait que, ni notre expérience du passé (l'époque industrielle), ni nos connaissances scientifiques, ne nous aient préparés aux changements brutaux et multiples auxquels nous sommes confrontés actuellement (changements climatiques, croissance démographique, etc.). Les propositions d’adaptations transformationnelles sont nécessairement d’une grande diversité. ===== Réflexion développement durable ===== ==== Problématique pour les mesures à prendre ==== La notion d’adaptation transformationnelle a été mise en avant par le Giec, dans le cadre de ses travaux sur les scénarios climatiques. Les mesures à prendre pour un développement durable doivent prendre en compte que les impacts environnementaux anthropiques sont globaux ; ils affectent aussi bien les populations (sécurités alimentaire et sanitaire, modes de vie), que les filières agricoles et industrielles, ou encore les activités commerciales, et de transport. Les mesures à prendre concernent obligatoirement tous les domaines d’activités humaines. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropique|anthropique]], [[glossaire:entrees:d:developpement_durable|développement durable]], [[glossaire:entrees:g:giec|Giec]], [[glossaire:entrees:i:impact_environnemental|impact environnemental]], [[glossaire:entrees:m:mode_de_vie|mode de vie]], [[glossaire:entrees:s:scenario_climatique|scénario climatique]], [[glossaire:entrees:s:securite_alimentaire|sécurité alimentaire]], [[glossaire:entrees:s:securite_sanitaire|sécurité sanitaire]]. ==== Transformation en fonction des impacts ==== On ne peut réussir la restauration de l’environnement et limiter le réchauffement planétaire qu’en se fondant sur la nature, qui est incontournable pour nous aider. Face à l’urgence climatique, l’hésitation entre des actions en faveur d’une durabilité forte ou d’une durabilité faible, ne devrait pourtant pas laisser de doute, l’adaptation n’attend pas. En effet, les prévisions pour 2100, pour la France, sont que le climat de Marseille sera celui de Séville et le climat de Paris celui de Montpellier. Ci-dessous, quelques réponses possibles à des impacts environnementaux, mais tous les domaines sont concernés. **Voir :** [[glossaire:entrees:d:durabilite|durabilité]], [[glossaire:entrees:r:rechauffement_planetaire|réchauffement planétaire]]. === Sécheresses === * faire le choix de variétés de fruits et légumes adaptées aux changements climatiques ; * augmenter les capacités de collecte et de stockage des eaux de pluies sans affecter le cycle de l’eau (refuser les mégabassines) ; * développer le dessalement de l’eau de mer utilisant les énergies renouvelables ; * gérer les forêts pour éviter les mégafeux. **Voir :** [[glossaire:entrees:c:cycle_de_l’eau|cycle de l’eau]], [[glossaire:entrees:d:dessalement|dessalement]], [[glossaire:entrees:e:energie_renouvelable|énergie renouvelable]], [[glossaire:entrees:f:foret|forêt]], [[glossaire:entrees:f:fruit|fruit]], [[glossaire:entrees:m:megabassine|mégabassine]], [[glossaire:entrees:m:megafeu|mégafeu]]. === Inondations === * restauration des plaines inondables par les rivières. === Montée des eaux === * déplacer les zones d’habitations menacées par la montée des eaux et le recul du trait de côte ; * végétaliser les dunes ; * replanter les mangroves ; * restaurer les barrières de corail. **Voir :** [[glossaire:entrees:b:barriere_de_corail|barrière de corail]], [[glossaire:entrees:m:mangrove|mangrove]], [[glossaire:entrees:m:montee_des_eaux|montée des eaux]], [[glossaire:entrees:t:trait_de_cote|trait de côte]]. === Épidémiologie === * surveiller les maladies émergentes, et anticiper l’apparition de nouvelles maladies (maladie X) ; * éduquer les populations sur l’importance des vaccinations ; * éduquer les populations sur l’importance de l’hygiène. **Voir :** [[glossaire:entrees:m:maladie_emergente|maladie émergente]], [[glossaire:entrees:m:maladie_x|maladie X]], [[glossaire:entrees:v:vaccination|vaccination]]. === Canicules trait de côte === * adapter les bâtiments : améliorer la ventilation, et l’isolation ; * augmenter l’albédo des revêtements des murs et des chaussées, tendre des vélums tendus dans les rues ; * végétaliser les villes (planter des arbres) pour les protéger de la chaleur. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:albedo|albédo]]. === Risques sur les ressources alimentaires === Développer l’agroécologie : * dégradation des sols : les techniques de conservation des sols comme le non-labour et les cultures de couverture permettent de diminuer la perte de sols ; * effondrement des populations de pollinisateurs : gérer l’usage des insecticides. Restaurer les bandes fleuries et les haies, entraînent d’emblée un plus grand nombre de pollinisateurs **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agroecologie|agroécologie]], [[glossaire:entrees:c:conservation_des_sols|conservation des sols]], [[glossaire:entrees:c:culture_de_couverture|culture de couverture]], [[glossaire:entrees:d:degradation_des_sols|dégradation des sols]], [[glossaire:entrees:h:haie|haie]], [[glossaire:entrees:i:insecticide|insecticide]], [[glossaire:entrees:p:pollinisateur|pollinisateur]]. ==== Transformation des sociétés ==== L'homme, par sa capacité à se projeter vers le futur, doit prévoir l'évolution de son environnement et planifier les transformations de la société pour préserver des conditions de vie convenables pour les générations futures. Les différentes adaptations auxquelles l'homme doit se préparer impliquent qu’il anticipe en permanence les investissements à effectuer, de l’échelle locale à l’échelle internationale. Les travaux risquent de coûter cher, mais l’inaction et le manque d’anticipation coûteront plus cher ! En outre, la dimension sociale ne peut être perdue de vue, comme elle l’est, presque systématiquement aujourd’hui. La pauvreté est un problème majeur. Ceux qui vivent dans des habitats précaires sont ceux qui ne peuvent pas se prémunir contre les risques, **Voir :** [[glossaire:entrees:p:pauvrete|pauvreté]]. === Des mesures contraignantes === Si l’on veut réduire les impacts du réchauffement planétaire, ce sont des mesures contraignantes qui doivent être prises dès aujourd’hui, dans tous les domaines : * eau : gestion des ressources ; * énergie : décarbonation de la production électrique ; * infrastructures : transports terrestre (routiers et ferrés), transports maritimes ; * rénovation thermique des bâtiments : elle permet de réduire la consommation énergétique des logements tout en permettant une adaptation aux températures froides et aux canicules. Amélioration de la ventilation ; * production agricole végétale : maintient des rendements actuels ; * santé : parvenir à des régimes alimentaires moins carnés, améliorer la surveillance épidémiologique (maladie X, par exemple) ; * biodiversité : sauvegarder la biodiversité dans ses trois dimensions (individuelle, spécifique, écosystémique). **Voir :** [[glossaire:entrees:b:biodiversite|biodiversité]], [[glossaire:entrees:d:decarbonation|décarbonation]], [[glossaire:entrees:e:energie_decarbonee|énergie décarbonée]], [[glossaire:entrees:e:environnement|environnement]], [[glossaire:entrees:r:regime_alimentaire|régime alimentaire]], [[glossaire:entrees:r:rendement|rendement]]. ==== Transformation de l’agriculture ==== Pour assurer la sécurité alimentaire sur le long terme, il faut augmenter la production agricole, notamment dans les pays les plus pauvres, comme le continent africain. Mais les événements climatiques extrêmes modifient déjà les conditions de vie des populations les plus pauvres. Ce sont les activités agricoles qui sont menacées en premier lieu, par les températures extrêmes (canicules, enneigement, gel), ou encore les sécheresses prolongées. Dans les pays riches, on redécouvre des solutions fondées sur la nature (agroécologie, par exemple) et qui s’écartent du productivisme, source de dégradation de celle-ci. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:agroecologie|agroécologie]], [[glossaire:entrees:c:canicule|canicule]], [[glossaire:entrees:g:gel|gel]]. === La sélection variétale === La sélection variétale est des objectifs majeurs. Elle impose d’avoir une bonne connaissance de la diversité génétique existante. La recherche porte sur les variétés : * ayant des systèmes racinaires possédant une capacité élevée à capturer l’eau du sol dans des conditions de stress hydrique ; * dont le mécanisme d’évapotranspiration est économe en eau, mais permet une bonne activité photosynthétique et donc une production de biomasse intéressante. La bonne connaissance des variétés permettra de fixer des dates de semis en fonction des prévisions météorologiques qui sont en progrès. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:activite_photosynthetique|activité photosynthétique]], [[glossaire:entrees:b:biomasse|biomasse]], [[glossaire:entrees:d:diversite_genetique|diversité génétique]], [[glossaire:entrees:e:evapotranspiration|évapotranspiration]], [[glossaire:entrees:s:stress|stress]], [[glossaire:entrees:s:systeme_racinaire|système racinaire]], [[glossaire:entrees:v:variete|variété]]. === Diversification des systèmes de culture === L’agroécologie vise à apporter des solutions à la recrudescence des sécheresses. Elle préconise les intercultures et/ou les mélanges variétaux qui permettent d’atteindre des rendements équivalents à ceux de certaines monocultures. C’est ainsi que les associations céréales-légumineuses combinent plusieurs avantages. En effet, les légumineuses : * enrichissent le sol en azote et rendant ainsi les sols plus fertiles ; * limitent l’évaporation du sol en fournissant une couverture végétale plus dense ; * fournissent un apport supplémentaire en protéines. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:azote|azote]], [[glossaire:entrees:e:evaporation|évaporation]], [[glossaire:entrees:f:fertile|fertile]], [[glossaire:entrees:m:monoculture|monoculture]], [[glossaire:entrees:p:proteine|protéine]], [[glossaire:entrees:r:rendement|rendement]]. === Gestion de l’eau verte === Les épisodes de sécheresse (2022, 2023, 2024) ont montré à quel point l’eau est devenue une des contraintes majeures de la production alimentaire (le secteur agricole étant le premier usager des ressources en eau, de 70 à 80 % selon les régions du monde. Dans le même temps, la demande en eau augmente dans tous les autres secteurs d’activité, que ce soit les domaines, domestique, public, industriel, et touristique. Sur un plan général, les ressources en eau étant fixes leur gestion doit être améliorée considérablement. Pour réduire la vulnérabilité de l’agriculture face aux changements climatiques, en particulier, les améliorations doivent se faire sur plusieurs fronts, les transformations étant toutes en interaction ; ce qui apporte une grande complexité à la planification des changements à apporter. L’agriculture dépend largement de la pluviométrie et lorsque l’irrigation est utilisée, le constat est sans appel, les réserves disponibles s’épuisent de façon inquiétante. Dans certaines régions du monde l’aridité des sols est telle que l’agriculture est devenue impossible. Il est nécessaire de développer les pratiques permettant une meilleure gestion de l’eau disponible pour la plante (eau verte), comme : * la culture en terrasses : ce type d’aménagement sur les terres agricoles ayant une forte pente, permet une meilleure infiltration de l’eau et limite fortement l’érosion ; * le buttage : le fait de remonter de la terre sur le pied des plantes renforce la production de racines adventives. En outre, de nouveaux outils (des capteurs) fournissent des mesures en continu du taux d’humidité du sol, et (par télédétection) d’autres apportent une information sur l’état hydrique des plantes cultivées. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:adventive|adventive]], [[glossaire:entrees:a:aridite|aridité]], [[glossaire:entrees:e:eau_verte|eau verte]], [[glossaire:entrees:h:humidite|humidité]], [[glossaire:entrees:h:hydrique|hydrique]], [[glossaire:entrees:r:racine_adventive|racine adventive]], [[glossaire:entrees:t:teledetection|télédétection]]. ==== L’homme augmenté : une forme d’adaptation ? ==== L'homme, tout au long de la lignée humaine, a toujours utilisé des outils pour aider son corps à effectuer certaines tâches ou à le suppléer en cas de défaillances (prothèses). Les nouvelles technologies (la robotique, l'intelligence artificielle, les nanotechnologies et le génie génétique) pose la question de l’adaptation (ou de l’adaptabilité) d’une autre façon, celle de « l’homme augmenté ». On se reportera à cette entrée. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:adaptabilite|adaptabilité]], [[glossaire:entrees:h:homme_augmente|homme augmenté]]. ===== Réflexion pédagogique ===== ==== Réchauffement et inertie de la machine thermique terrestre ==== === L’inertie === Même dans le cas d’un arrêt immédiat des émissions de GES, la durée de vie des molécules des gaz concernés se compte souvent en décennies, prolongeant ainsi le réchauffement atmosphérique. C’est pourquoi on parle d’inertie des mécanismes de la machine thermique planétaire. Comprendre cette inertie nécessite une approche pluridisciplinaire. Par exemple, outre la question de la durée de vie des molécules évoquée ci-dessus, il faut comprendre que les échanges entre les différents réservoirs où le carbone se trouve stocké (voir l’entrée « cycle du carbone ») concernent toutes les enveloppes de la planète : atmosphère, hydrosphère, lithosphère, biosphère, et que, compte tenu des équilibres chimiques entre les milieux, des quantités importantes de dioxyde de carbone (CO2) peuvent être relâchés dans l’atmosphère lors des changements d’équilibres. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:atmosphere|atmosphère]], [[glossaire:entrees:b:biosphere|biosphère]], [[glossaire:entrees:c:cycle_du_carbone|cycle du carbone]], [[glossaire:entrees:d:dioxyde_de_carbone|dioxyde de carbone]], [[glossaire:entrees:h:hydrosphere|hydrosphère]], [[glossaire:entrees:l:lithosphere|lithosphère]]. === L’inversion du processus ? === Remarquons que c’est en raison de cette inertie que l’on ne parle que d’atténuation du réchauffement atmosphérique ou d’adaptation à celui-ci, et que l’on n’envisage pas l’inversion du processus (le refroidissement atmosphérique). ==== Adaptation et rapidité de la transformation des milieux ==== On remarquera que les adaptations des espèces, jusqu’à l’Anthropocène, se sont faites au fil des transformations des milieux de vie, le cas des extinctions massives d’espèces étant particulier. Les adaptations ont été possibles grâce à la diversité génétique, les génotypes adaptés prospérant. En utilisant une terminologie actuelle, on peut dire que l’Évolution est basé e sur des adaptations transformationnelles. Aujourd’hui, les modifications des milieux deviennent si rapides que l’Homme doit anticiper les bouleversements climatiques et leurs conséquences. La montée des eaux, les inondations, les sécheresses et les réfugiés qu’elles génèrent sont de bons exemples des catastrophes humaines qui nous attendent. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:anthropocene|Anthropocène]], [[glossaire:entrees:d:diversite_genetique|diversité génétique]], [[glossaire:entrees:e:evolution_de_la_nature|évolution de la nature]], [[glossaire:entrees:e:extinction_massive_d’especes|extinction massive d’espèces]], [[glossaire:entrees:g:genotype|génotype]], [[glossaire:entrees:m:milieu_de_vie|milieu de vie]], [[glossaire:entrees:m:montee_des_eaux|montée des eaux]], [[glossaire:entrees:r:refugie_climatique|réfugié climatique]]. ==== Adaptation et/ou atténuation ==== Selon le contexte et les auteurs, les actions à entreprendre pour éviter les catastrophes annoncées sont désignées par des expressions ayant formellement des sens différents (atténuation ou adaptation), mais dont l’objectif affiché est identique, celui de permettre aux générations actuelles et futures de connaître un monde vivable. En outre, ces actions ne sont pas exclusives, et les atténuations peuvent aider aux adaptations. En ce sens, elles sont complémentaires et peuvent même être synergiques. On peut même ajouter qu’atténuation et adaptation sont l’une et l’autre nécessaire. === Atténuation === Une activité relève de l’atténuation si elle contribue à la réduction d’un effet jugé trop important. C’est ce qui se passe lorsque l’on cherche à diminuer les concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère pour diminuer l’effet de serre. L’objectif est alors de réduire les émissions de gaz à effet de serre ou d’amplifier la capture et la séquestration du dioxyde de carbone atmosphérique, Face aux extrêmes climatiques, les dispositifs d’alertes sont de l’ordre de l’atténuation des risques. Les graves inondations d’Espagne, en 2024, ont montré, par le drame, l’importance de tels dispositifs, leur défaillance avait causé, dans ce cas, des milliers de victimes à des degrés divers. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:attenuation_des_changements_climatiques|atténuation des changements climatiques]], [[glossaire:entrees:r:reduction_des_emissions_de_gaz_a_effet_de_ser|réduction des émissions de gaz à effet de serre]], [[glossaire:entrees:s:sequestration_du_dioxyde_de_carbone|séquestration du dioxyde de carbone]]. === Adaptation === Mais les actions d’adaptation consistent à gérer les conséquences des impacts afin de les supporter. Elles participent à un ensemble de stratégies, initiatives et mesures visant à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains contre les effets des changements climatiques. Les rapports du Giec nous alertent, ces changements sont maintenant inéluctables mais plus ou moins violents selon que nous agirons ou non. Le concept d’adaptation se décline selon trois approches, les adaptations fonctionnelles, incrémentales et transformationnelle, qui sont abordées par une rubrique ci-dessous. **Voir :** [[glossaire:entrees:g:gaz_a_effet_de_serre|gaz à effet de serre]], [[glossaire:entrees:s:synergie|synergie]], [[glossaire:entrees:t:transition_ecologique|transition écologique]]. ==== Adaptations : fonctionnelle, incrémentale, transformationnelle ==== L’adaptation fonctionnelle repose sur le maintien du système existant, alors que l’adaptation transformationnelle repose sur des transformations majeures impliquant des structures et des fonctions nouvelles. Cette différence d’ampleur des transformations conduit certains auteurs à parler d’adaptation incrémentale pour l’adaptation fonctionnelle, signifiant ainsi que les changements sont mineurs, de l’ordre d’un incrément. Les ajustements sont ponctuels ou graduels et ne modifient pas fondamentalement le système. La notion d’incrémentation est utilisée par les informaticiens pour décrire des ajouts par palier, afin d'être certain que chaque valeur ajoutée apporte une amélioration sans créer de dysfonctionnement. En ce qui concerne le vivant, nous préférons l’expression adaptation fonctionnelle à la notion d’incrémentation. Dans les aménagements du territoire, construire une digue pour protéger les populations côtières est une adaptation fonctionnelle (ou incrémentale), alors que mettre en œuvre un programme de retrait stratégique des habitations plus vers l’intérieur du territoire est une adaptation transformationnelle. ==== Adaptations, résilience et catastrophes ==== En tout premier, on peut remarquer que l’adaptation prépare à la résilience qui est la capacité d'un territoire à anticiper, agir, s'adapter et se transformer pour réduire sa vulnérabilité face aux changements climatiques. La résilience est donc la capacité à reconstruire après une catastrophe ou une crise. Catastrophe et crise sont des notions associées à des événements dramatiques mais brefs. Il faut donc remarquer que les changements auxquels on assiste sont brefs à l’échelle géologique mais, longs à l’échelle humaine. En conséquence, nous devons considérer que la résilience doit être préparée par des adaptations qui visent le long terme. Adaptation et résilience sont des concepts qui correspondent à un infléchissement des politiques face à la difficulté manifeste de prendre des mesures drastiques contre les émissions de GES. Les objectifs s’orientent plutôt vers une gestion des risques associés aux événements climatiques extrêmes. **Voir :** [[glossaire:entrees:r:resilience|résilience]]. ==== Adaptation et transition écologique ==== L’objectif central de la transition écologique est de répondre à la crise environnementale en renouvelant nos façons de consommer, de produire, et de travailler. L’adaptation est nécessairement un axe de cette transition, mais, sur le long terme, la simple adaptation ne permettra pas de contenir les effets du changement climatique, d’où la nécessité d’une adaptation transformationnelle. **Voir :** [[glossaire:entrees:t:transition_ecologique|transition écologique]], [[glossaire:entrees:v:vulnerabilite|vulnérabilité]]. ==== Exemples d’application de ces concepts ==== === Replantations des haies === On peut, par exemple, citer la replantation de haies qui limite le risque érosion (c’est une adaptation), et qui, par ailleurs, permet de stocker du carbone (c’est une mesure d’atténuation). De même, végétaliser les villes apporte des îlots de fraîcheur (adaptation) et constitue de nouveaux puits de carbone (atténuation). === Climatisation : les maladaptations === Certaines actions, comme l’isolation thermique des habitations, sont, à la fois, des adaptations et des atténuations, alors que la climatisation, si elle est une adaptation aux canicules, elle est une mauvaise adaptation (maladaptation) puisqu’elle est consommatrice d’énergie. Elle est en incohérence avec la lutte contre l’effet de serre. Ce type d’incohérence vient de la non prise en considération de la complexité des phénomènes en cause, et de connaissances scientifiques ignorées, volontairement… ou non ! Bien entendu, plus les mesures d’atténuation seront efficaces, plus les efforts d’adaptation seront facilités. **Voir :** [[glossaire:entrees:m:maladaptation|maladaptation]]. ===== Remarque linguistique et/ou historique ===== La capacité d'un organisme ou d’une société à s’adapter aux changements est l’adaptabilité. On se reportera donc aussi à cette entrée. On remarquera la synonymie avec la résilience. **Voir :** [[glossaire:entrees:a:adaptabilite|adaptabilité]], [[glossaire:entrees:r:resilience|résilience]].